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WAZIFA TIDJANE- L’empreinte de Cheikh Ahmet Tidjane Chérif -
Des voix, d’une nette harmonie, s’élèvent des haut-parleurs des mosquées. Accompagnant lespremiers rayons du Soleil à son lever et les derniers reflets d’or au coucher. Un ton qui change et untempo adapté à la texture de chaque texte récité. Les notes sont les mêmes partout où la mélodie estentonnée. Une mélodie divine chantée en chœur, au matin comme au soir, dans la majorité desmosquées du Sénégal. Et d’ailleurs. Ce spectacle sonore est familier aux Sénégalais. Il fait désormaispartie du quotidien des populations. Ces chants, d’un contenu religieux, ne sont nullement du domainede l’ordinaire. Cette pratique journalière propre aux adeptes de la confrérie Tidjanya est appelée la«wazifa». Elle se fait dans la pénombre et autour d’un morceau de linceul étalé sur le sol. Plus qu’unesimple image pittoresque, elle a aussi un sens et une signification.
En effet, la «wazifa» est un des rites les plus importants de la confrérie fondée par Cheikh Ahmet Tidiane Chérif,il y a plus d’un siècle. La pratique de la «wazifa», tout comme le wird et le lazime, est obligatoire à tout fidèleayant reçu l’autorisation de la part d’un dignitaire assermenté. Cette liturgie puise sa source dans l’essencemême de la confrérie Tidjanya. Laquelle a été tracée par le Prophète Mohamed (Psl) qui a institué les rites.Seulement, selon les éclairages de l’islamologue, le Professeur Abdoul Aziz Kéké, «la composition de la Wazifane s’est pas révélée sur Cheikh Ahmet Tidiane d’un seul trait. Au début de son institution, la wazifa étaitcomposée de deux séquences que sont l’Istikhfar ou invocation de pardon et de retour à Dieu et la prière sur leProphète. Ce n’est que 4 ans après qu’elle est complétée car, le Prophète Mouhamed ordonne au fondateur dutidjanisme d’adjoindre à cette liturgie la formule attestant de l’unicité de Dieu et la Jahwaratoul Kamal».
RECONNAISSANCE AU PROPHETE
Les choix des séquences qui composent la «wazifa» ne sont pas fortuites dans la mesure où, selon Pr Kébé,«elles sont en rapport et en conformité avec les fondements de l’Islam, les recommandations de Dieu et lesenseignements du Prophète (Psl)». En effet, la récitation de la formule d’invocation du pardon trouve sa sourcesur les versets suivants : «Demandez pardon à votre Seigneur ; ensuite, revenez à Lui. Il vous accordera unebelle jouissance jusqu’à un terme fixé, et il accordera à chaque méritant l’honneur qu’il mérite. Mais si voustournez le dos, je crains alors pour vous le châtiment d’un grand jour.» «Ô mon peuple, implorez le pardon devotre Seigneur et repentez-vous à Lui pour qu’Il envoie sur vous du ciel des pluies abondantes et qu’Il ajouteforce à votre force. Et ne vous détournez pas [de Lui] en devenant coupable.» (Sourate Hûd). A ces versets,s’ajoute un autre tiré de la sourate Nûh dans laquelle Dieu dit : «Implorez le pardon de votre Seigneur, car Il estgrand Pardonneur, pour qu’Il vous envoie du ciel, des pluies abondantes et qu’Il vous accorde beaucoup de bienset d’enfants, et vous donne des jardins et vous donne des rivières.» Ainsi, Pr Kébé explique qu’à la lumière despromesses faites par le Tout-Puissant dans ces versets, «la récitation de la formule du pardon est la voie la plusindiquée pour avoir le bonheur ici et dans l’au-delà».Il s’y ajoute que la seconde séquence de la liturgie constituée d’une prière sur le Prophète (Psl) ou Salatou alaanabi résulte d’une recommandation divine. De même que cette prière est une manière de magnifier lareconnaissance à Mohamed (Psl) d’avoir permis à sa communauté d’ouvrir le trésor que constitue Dieu. Mais, ilconvient de souligner qu’il y a une pléthore de Salatou alaa nabi. Mais, celle utilisée dans la «wazifa» et dans lesautres rites de la Tidjanya présente d’autres mérites, d’où son nom salatoul fatihi. D’ailleurs, révèle-t-on que lasalatoul fatihi est «la prière sur le Prophète par excellence. Car, aucune autre prière sur le Prophète n’atteint,dans sa valeur ésotérique, la valeur de la salatoul fatihi. Elle a été prescrite à Cheikh Ahmet Tidjane du fait deson caractère sublime et eu égard à sa sainteté». A en croire Pr Kébé, cette formule a été transmise au Cheikhpar le Prophète (Psl) en état de veille.
L’ARDOISE
Toutefois, d’autres sources rapportent que «les compagnons de Mohamed (Psl), voulant mettre en application leverset coranique qui ordonne aux musulmans de prier pour le Prophète, sont allés vers l’envoyé de Dieu pour qu’il leur donne la formule de prière. Car la prière pour le Prophète n’est pas pareille à la prière canonique. LeProphète leur transmet alors la Salat al Ibrahimiyya. Celle-ci, si on l’analyse bien, montre qu’elle ne constitue pas