L’Actualité Poitou-Charentes – N
°
40
24
que quelques centimètres. Parmentier remar-quait déjà en 1784 que celui-ci «
ne croît spon-tanément en aucun endroit
». Les Québecoisl’appellent le «blé d’Inde», nom qui rappelleque l’on crut découvrir les Indes en abordantle continent américain. Celui que l’on con-somme aujourd’hui est le résultat de longuesrecherches.plantes qui a connu son essor au
XIX
e
siècle,d’abord au Brésil puis en Asie notamment. En1744, Charles de La Condamine décrivait ainsicette plante qu’il avait rapportée d’une expé-dition en Amazonie : «
Il croît dans la provinced’Esmeraldas, un arbre appelé hévé. Il en dé-coule par une seule incision une liqueur blan-che comme du lait qui se durcit et noircit peuà peu à l’air.
[...]
Les Indiens Maipas nom-ment la résine qu’ils en tirent cahutchu, ce quise prononce caoutchouc et signifie l’arbre-qui- pleure
.» Dans l’Amérique précolombienne, lesIndiens jouaient déjà avec des balles en caout-chouc rebondissantes qui interloquèrent lesconquistadores espagnols. Aujourd’hui, lecaoutchouc naturel reste indispensable – mêmesi la mise au point de produits synthétiquesreprésente 65% de la production mondiale.Les Amérindiens ont progressivement sélec-tionné et domestiqué des plantes qu’ils ont faitdécouvrir aux colons. Aujourd’hui encore, leschercheurs travaillent sur des plantes qui ontété peu étudiées, qui sont utilisées localementet qui ont une action importante. «
Nous cher-chons à faire évoluer l’usage de ces plantes et à leur trouver de nouvelles applications
», ex-plique Joël Lévesque, maître de conférences àl’Université de Poitiers, qui travaille actuelle-ment sur le kava. La sélection des plantes viseà les rendre plus adaptées aux besoins del’homme. Les ressources génétiques commen-cent depuis peu à être protégées grâce à la miseen place de conservatoires botaniques. Desbanques de gênes abritent de nombreuses es-pèces végétales. Dans la recherche de nou-veaux anti-viraux moins toxiques, ou face àde nouvelles maladies telles que le sida, lesplantes suscitent de grands espoirs.
s
Le tabac fut d’abord prescritcomme remède
«
Alors que la France, touchée par de graves famines, cherchait au Nouveau Monde des plantes pour se nourrir, l’Espagne, qui ne con-naissait pas de telles périodes critiques, était en quête de plantes pour guérir. Les Espagnolsont notamment découvert le quinquina
», sou-ligne Jean-Pierre Clément. Le tabac est pour-tant décrit pour la première fois en 1557 parAndré Thévet, un moine originaire d’An-goulême. Il l’avait d’ailleurs surnommél’
Angoumoisine
. Mais c’est Jean Nicot, am-bassadeur au Portugal, qui reçoit les premiè-res graines de tabac. Il fait parvenir de la pou-dre de tabac à Catherine de Médicis en 1560,un médicament qui soulage ses migraines. Letabac, très largement consommé par les Indiensqui connaissaient aussi ses vertus thérapeuti-ques, a longtemps été prescrit pour des affec-tions diverses telles que la constipation et lestroubles rénaux.Dès le
VIII
e
siècle, les Arabes utilisent le cafécomme remède sous forme d’infusion obtenueen plongeant des feuilles et des fruits fraîche-ment cueillis.Dans l’industrie, le caoutchouc est l’une des
Label de Ré
La pomme de terre del’île de Ré est devenuerécemment la premièrepomme de terreprimeur à recevoir ladistinction
AOC
(appellation d’originecontrôlée). Cinqvariétés ont réussil’examen de passage :alcmaria, starlette,roseval, charlotte,amandine. L’île de Réproduit environ 6 000 tde pommes de terrepar an.
s
EXPOSITION«Ces plantes venuesd’ailleurs», à l’EspaceMendès France,Poitiers, jusqu’au 30août. Conférences,animations pour lesscolaires.Tél. 05 49 50 33 08
Add a Comment