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la recherche de l’or et des épices,Christophe Colomb rapportera du Nou-veau Monde des plantes qui vont bou-leverser les habitudes alimentaires destard, des préjugés populaires restent très pré-sents et le parlement de Besançon interditmême sa culture, en 1630, sous prétexte qu’elledonne la lèpre. Petite, verte et amère, elle ser-vit de nourriture aux cochons jusqu’à ce queTurgot, alors intendant du Limousin, ou An-toine Augustin Parmentier partent en croisadeen sa faveur. Ce dernier, pharmacien militaire,entend délivrer l’Europe des famines épisodi-ques qui, au cours du
XVIII
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siècle, font encorede nombreuses victimes. Il devra employer laruse. Il obtient pour cela l’aide de Louis XVI
Ces plantes venues
de François Pizarre ne la découvrent en 1532au Pérou, la pomme de terre, comme le maïs,servait de base alimentaire aux Indiens de laCordillère des Andes. Elle sera introduite vers1535 en Espagne, d’où elle disparaîtra dansun premier temps, puis en Italie où de nom-breuses plantes connaissent leur premier suc-cès.
«Ce sont les soldats espagnols qui intro-duisaient les nouvelles plantes et répandaient ainsi d’autres habitudes alimentaires. Dès leur retour du Nouveau Monde, ils s’engagèrent,aux côtés de l’Italie, dans une bataille contrela France. Ils emportaient notamment avec euxla pomme de terre qui avait l’avantage d’être petite et donc facilement transportable»,
ex-plique Jean-Pierre Clément, professeur d’es-pagnol à l’Université de Poitiers, président dela Société des hispanistes français de l’ensei-gnement supérieur et directeur du centre de re-cherches latino-américaines (
URA
2007
CNRS
).Elle pénétra également en Angleterre à la findu
XVI
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. Des colons irlandais rapatriés de Vir-ginie par Francis Drake, amiral anglais,auraient détenu des plants de pomme de terreprovenant de bateaux espagnols pillés par descorsaires. Le
XVI
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siècle finissant, trois bota-nistes l’avaient décrite, dont le Français Char-les de Lécluse. Pourtant, plus d’un siècle plus
d’ailleurs
A
Européens. Mais si le chocolat a rapidementrencontré un grand succès à la cour d’Espa-gne, on ne peut pas en dire autant de la pommede terre qui, avant de faire reculer les famines,sera notamment accusée, en France, de trans-mettre la lèpre. Il faudra également attendre lafin du
XVIII
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siècle pour que l’on accepte degoûter à la tomate. Pourtant, aujourd’hui, nom-bre de ces plantes poussent en Europe commesi elles avaient toujours fait partie de notreenvironnement.Bien avant que les conquistadores espagnols
Christophe Colomb a rapporté du Nouveau Monde des plantes qui ont bouleversé nos habitudes alimentaires
q
Marie MartinPhotos Marc Deneyer
 
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qui met à sa disposition des terres dans la plainedes Sablons, aux portes de Paris. Sa récolte depommes de terre est surprenante. Gardée seu-lement le jour par des soldats, Parmentier es-pérait ainsi susciter la curiosité des paysansqui pouvaient venir la nuit pour s’en empareret cultiver ensuite eux-mêmes les pommes deterre. L’importance croissante que celles-ci ontprise depuis cette époque se vérifie aujourd’huipuisque les variétés de pomme de terre secomptent par milliers.Christophe Colomb découvrit le haricot àCuba. Les premiers spécimens firent leur ap-parition en 1564 en Europe. Des textes de 1594signalent que des bourgeois auraient donné desterres à bail pour semer le
 faioulx
dans le sudde la France. François Cormin, amateur deplantes nouvelles, lance en 1637 la mode despois blancs ou
 faviols
. Après la Fronde, le
 faviol
ou
mongette
devient dans le Midi un plat degrande consommation.Les courges (consommées depuis 10 000 ans),courgettes, potirons et citrouilles font partie dela famille des cucurbitacées, et comme nom-bre de plantes cultivées aujourd’hui en Europe,elles viennent d’Amérique. En revanche,d’autres espèces comme le café ont été impor-tées en Amérique. Celui-ci viendrait du Yémenou d’Ethiopie. Une légende raconte qu’un ber-ger avait remarqué que ses chèvres étaient agi-tées lorsqu’elles broutaient de petites baiesrouges, qu’il goûta lui-même. Il fut remplid’une sensation agréable et se mit à danser. Leprieur du couvent, interloqué, en fit bouillir.Bientôt, tous les religieux prirent l’habitude deprendre cette boisson chaque soir afin de ré-sister au sommeil les nuits de longues prières.Ils l’appelèrent
kawa
(ce qui ravit, ce qui donnel’envolée). Entre le
XIII
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et le
XV
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siècle, le caféest préparé à partir de grains séchés puis grillés.Malgré la volonté des Arabes de conserver lemonopole, la propagation du café part de LaMecque. Les pèlerins, séduits, l’acheminèrenten Perse et en Egypte. Puis les armées arabesl’introduisirent dans les Balkans, en Espagne,en Inde et en Afrique du Nord. Ce n’est qu’en1669 que le café fut présenté à la cour de LouisXIV par l’ambassadeur de Turquie.Le maïs est la seule céréale originaire d’Amé-rique. A l’état sauvage, les épis ne mesuraient
Comme la pomme deterre, la tomate alongtemps souffertd’une réputationdouteuse. Originairedes Andespéruviennes, elle était,à l’état sauvage, de lagrosseur d’une petitecerise. Les Incasl’utilisaient bien avantChristophe Colombpour faire une saucepimentée. Dès le
XVI
e
siècle, une variété àgros fruit est importéeen Europe par lesconquistadoresespagnols. Longtempsconsidérée commevénéneuse (on parlemême de «cardiopathietomatienne»), elleservit de planteornementale jusqu’au
XVIII
e
siècle.
 
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que quelques centimètres. Parmentier remar-quait déjà en 1784 que celui-ci «
ne croît spon-tanément en aucun endroit 
». Les Québecoisl’appellent le «blé d’Inde», nom qui rappelleque l’on crut découvrir les Indes en abordantle continent américain. Celui que l’on con-somme aujourd’hui est le résultat de longuesrecherches.plantes qui a connu son essor au
XIX
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siècle,d’abord au Brésil puis en Asie notamment. En1744, Charles de La Condamine décrivait ainsicette plante qu’il avait rapportée d’une expé-dition en Amazonie : «
 Il croît dans la provinced’Esmeraldas, un arbre appelé hévé. Il en dé-coule par une seule incision une liqueur blan-che comme du lait qui se durcit et noircit peuà peu à l’air.
[...]
Les Indiens Maipas nom-ment la résine qu’ils en tirent cahutchu, ce quise prononce caoutchouc et signifie l’arbre-qui- pleure
.» Dans l’Amérique précolombienne, lesIndiens jouaient déjà avec des balles en caout-chouc rebondissantes qui interloquèrent lesconquistadores espagnols. Aujourd’hui, lecaoutchouc naturel reste indispensable – mêmesi la mise au point de produits synthétiquesreprésente 65% de la production mondiale.Les Amérindiens ont progressivement sélec-tionné et domestiqué des plantes qu’ils ont faitdécouvrir aux colons. Aujourd’hui encore, leschercheurs travaillent sur des plantes qui ontété peu étudiées, qui sont utilisées localementet qui ont une action importante. «
 Nous cher-chons à faire évoluer l’usage de ces plantes et à leur trouver de nouvelles applications
», ex-plique Joël Lévesque, maître de conférences àl’Université de Poitiers, qui travaille actuelle-ment sur le kava. La sélection des plantes viseà les rendre plus adaptées aux besoins del’homme. Les ressources génétiques commen-cent depuis peu à être protégées grâce à la miseen place de conservatoires botaniques. Desbanques de gênes abritent de nombreuses es-pèces végétales. Dans la recherche de nou-veaux anti-viraux moins toxiques, ou face àde nouvelles maladies telles que le sida, lesplantes suscitent de grands espoirs.
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Le tabac fut d’abord prescritcomme remède
«
 Alors que la France, touchée par de graves famines, cherchait au Nouveau Monde des plantes pour se nourrir, l’Espagne, qui ne con-naissait pas de telles périodes critiques, était en quête de plantes pour guérir. Les Espagnolsont notamment découvert le quinquina
», sou-ligne Jean-Pierre Clément. Le tabac est pour-tant décrit pour la première fois en 1557 parAndré Thévet, un moine originaire d’An-goulême. Il l’avait d’ailleurs surnommél’
 Angoumoisine
. Mais c’est Jean Nicot, am-bassadeur au Portugal, qui reçoit les premiè-res graines de tabac. Il fait parvenir de la pou-dre de tabac à Catherine de Médicis en 1560,un médicament qui soulage ses migraines. Letabac, très largement consommé par les Indiensqui connaissaient aussi ses vertus thérapeuti-ques, a longtemps été prescrit pour des affec-tions diverses telles que la constipation et lestroubles rénaux.Dès le
VIII
e
siècle, les Arabes utilisent le cafécomme remède sous forme d’infusion obtenueen plongeant des feuilles et des fruits fraîche-ment cueillis.Dans l’industrie, le caoutchouc est l’une des
Label de Ré
La pomme de terre del’île de Ré est devenuerécemment la premièrepomme de terreprimeur à recevoir ladistinction
AOC
(appellation d’originecontrôlée). Cinqvariétés ont réussil’examen de passage :alcmaria, starlette,roseval, charlotte,amandine. L’île de Réproduit environ 6 000 tde pommes de terrepar an.
s
EXPOSITION«Ces plantes venuesd’ailleurs», à l’EspaceMendès France,Poitiers, jusqu’au 30août. Conférences,animations pour lesscolaires.Tél. 05 49 50 33 08

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