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Le Président de la RépubliqueL’intention du général est de rendre à la présidence son indépendance. Pour cela, le président ne devait plus être désigné par le Parlement, car sinon, le Président dépend des Chambres et c’était des personnalités effacées. Il doit être élupar un collège électoral élargi, l’objectif étant de lui conférer une légitimité propre (indépendante de celle du parlement).§ 1: LE MODE INITIAL DE DESIGNATION, L’ELECTION AU SUFFRAGE INDIRECTDans sa rédaction initiale, l’article 6 prévoit que le Président est élu au SI (80000 personnes : les membres du parlement, les conseillers généraux et les représentants élus des conseils municipaux, les plus nombreux et les membres des assemblées des TOM).Ce collège électoral est élu au Suffrage majoritaire à deux tours (proche de ladésignation du Sénat).Pourquoi un SI ?- le souvenir de l’élection au SUD de Louis Napoléon Bonaparte, 1848, 2ème République, et la crainte qu’un président de la république ne mette en place une dictature- raison institutionnelle : un président au SUD ne pourra pas se contenter d’unrôle d’arbitre placé au dessus des parties : il sera forcément engagé dans la vie politique du pays.Cf. M. Debré, devant le CE : le SUD ferait dévier le régime vers un régime de type présidentiel.- raisons politiques : le SUD fait craindre la trop grande influence du PC (26%des suffrages en 1956) et la trop grande influence des TOM. A l’époque ils sontencore très nombreux (Afrique) puisque la décolonisation ne se fera qu’en 1960.Le SI permet d’associer ces populations par le biais du collège électoral, danslequel les Etats membres de la communauté seront représentés, sans que la représentation soit plus importante que celle des métropoles.Ce mode de désignation ne fonctionnera qu’une fois, le 21 décembre 1958, au profit Du Général de Gaulle, avec 78% des voix dès le premier tour.§ 2 : LA REVISION CONSTITUTIONNELLE DU 6 NOVEMBRE 1952 : L’ELECTION AU SUDLe Général de Gaulle craint que les partis politiques traditionnels qui lui fontface au Parlement, ne cherchent à reconquérir leur prééminence traditionnelle.Il vient aussi d’échapper à un attentat [aout 1952, attentat du Petit Clamart].Il pense à ses successeurs et que ceux-ci n’auront pas comme lui la même légitimité historique qui leur permettra de s’imposer au Parlement.Ces successeurs auront besoin de la confiance explicite de la Nation : ils auront besoin d’être élus au SUD. Il faut donc institutionnaliser l’autorité du Chefde l’Etat. Il va donc soumettre au referendum un projet de révision de la Constitution, le 28 octobre 1962, afin de modifier les articles 6 et 7 de la Constitution. Ce projet suscitera l’indignation de l’ensemble de la classe politique, hormis le parti gaulliste, pour deux raisons :- de procédure : la procédure utilisée, à l’article 11 de la Constitution est inconstitutionnelle. En effet, l’article 11 est réservé au référendum législatif (adoption de lois ordinaires) et non pas l’article 89 de la Constitution [titre 16, de la révision], alors même que c’est l’article relatif à la révision de la Constitution.L’article 89 impose une procédure en deux étapes, la première étant parlementaire ; il faut que chacune des deux chambres adopte le projet dans les mêmes termes(texte identique). Or il sait qu’il n’aura pas la majorité dans les deux chambr
 
es, pour modifier la Constitution, puisque le parti gaulliste n’est pas majoritaire dans l’Assemblée.Il y a dans le recours à l’article 11, une violation caractérisée de la Constitution.- de fond : les opposants au projet pensent que le changement du mode de désignation du président entrainera un bouleversement de l’équilibre institutionnel, auprofit du Président. Un chef d’Etat sera investi par le peuple et ne pourra plus conserver son rôle d’arbitre.On tente aussi de sauver le régime parlementaire représentatif classique (depuisla Constitution Grévy) dans lequel le Parlement est le seul représentant du peuple.Les parlementaires pensent que cette réforme est un reniement de la république.Le gouvernement, dirigé par George Pompidou (Premier Ministre) est renversé parle Parlement (vote d’une motion de censure), et De Gaulle réagit par la dissolution de l’AN.Le peuple décidera, en votant oui au referendum par 62% des suffrages exprimés.Le Président du Sénat, Gaston Monnerville, qui avait accusé le chef de l’Etat de« forfaiture » (violer gravement les obligations qui lui incombent) et saisir le CC, mais celui-ci se déclarera incompétent pour contrôler l’expression directede la volonté populaire.Le Conseil Constitutionnel estimera qu’il ne doit pas contrôler les décisions référendaires. La loi portant révision de la Constitution est donc promulguée le 6novembre 1960.Cf. article 6, le Président de la République est élu au SUD.Cf. article 7, le Président est élu au premier tour s’il obtient la majorité absolue des suffrages exprimés. Si ce n’est pas le cas, il est procédé le dimanchesuivant, à un second tour. Seuls peuvent se présenter au second tour les deux candidats qui, « le cas échéant après retrait de candidats plus favorisés » ont recueilli le plus grand nombre de suffrages au premier tour.1.On ne permet qu’à deux candidats d’être psents au 2ème tour, pour quele candidat élu recueille forcément plus de 50% des suffrages exprimés. Cela évite l’éparpillement des voix, donc évite que le Président ne soit élu que par uneautorité relative, ce qui diminuerait son autorité. Le Président est l’élu de la majorité d’entre eux.≠ Scrutin majoritaire2.Quels sont les deux candidats présents au 2nd tour ?Ceux qui ont obtenu le plus grand nombre de suffrages au 1er tour, mais il est possible que l’un ou l’autre, ou les deux se désistent. Dans ce cas, ces retraitsbénéficieront à un ou à deux candidats moins bien placés dans l’ordre du nombredes suffrages exprimés.On a envisagé l’hypothèse où le candidat « en tête » a fait le plein de voix, car il est à l’un des extrêmes de la société (PC). Il pourrait se désister au profit d’un autre candidat, susceptible d’être plus rassembleur. Ils seront alors deux au second tourCf. 1965, Général de Gaulle, 55,5% des voix.MAIS1.Le choix qui a éfait a eu des effets très importants sur la vie politique française : le fait que 2 candidats au 2nd tour ont entrainé une bipolarisation de la vie politique française.Il y a donc une rupture très nette avec la 3ème et 4ème République. A l’époque,le multipartisme instable privilégiait les partis du centre.Avec la 5ème République, le multipartisme se maintient, mais il y a une bipolarisation (deux pôles, droite contre gauche). Pendant longtemps, ces deux pôles (UDF contre PS et PC). Les choses changent parce que la représentation au sein desdeux blocs est plus éclatée (extrêmes et écologistes), mais est aussi plus concentrée à d’autres égards, puisque UDF et RPR ont formé l’UMP, et le centre ne tro
 
uve pas sa place. Actuellement, 92% des élus sont, soit membres de l’UMP, soit du PS (quasi bipartisme selon certains auteurs).2.Le 1er tour de cette élection permet au peuple de choisir, au sein de chaque bloc, le candidat qui a sa préférence. Pour la droite, en 1998, le peuple aaccordé plus de suffrages au RPR (Chirac) qu’au centriste Raymond Barre, donc achoisi Chirac pour le second tour comme candidat de droite. De même en 1995, contre le gaulliste Balladur au premier tour.Il joue une sorte de primaire (pré élection au sein de chaque camp, voire même d’un même parti : comme Balladur contre Chirac).L’élection n’a pas joué ce rôle en 2002, avec 7 candidats de gauche au premier tour (donc élimination de Jospin au premier tour). On voit des limites et les dangers de ces primaires, qui imposent un minimum d’union dans chaque camp. Un duelgauche/droite n’est pas garanti au 2ème tour.Pour être candidat, 23 ans, électeur, mais surtout, selon la loi organique, la candidature n’est pas recevable que si elle est parrainée par au moins 500 élus locaux ou nationaux (parlementaires français ou européens, conseillers régionaux,généraux, maires...).Il y en a environ 47000 en tout.Pour chaque candidat, les 500 élus doivent appartenir à 30 départements ou collectivités d’outre mer, et le nombre d’élus dans un même département ne doit pas dépasser 10% de l’ensemble. Chaque élu ne peut parrainer qu’un seul candidat, cequi évite la multiplicité des candidats et que cela relève d’une assise nationale.Avant la loi organique de 1976, il en fallait 100, mais on a imposé le nombre de500, car il n’évitait pas l’augmentation constante du nombre de candidats (16 en 2002, 12 en 2007).Le statut du président§1 : LE MANDAT DU PRESIDENTA.Durée du mandatAvant 2000 : septennat, et rééligibilité sans limite (depuis 1873).Sous la 4ème République, le septennat ne posait pas de problèmes (le Président n’a que peu de pouvoirs, et appréciable car il incarne la continuité de l’Etat. Cette durée n’était elle pas excessive ?Aux EU, les chefs de Gouvernements ont un mandat de 4 ans.Au RU, le Premier ministre a un mandat pour 5 ans.Cette question se pose en politique et pour les Constitutions.Dès les années 1970, 1er projet de révision dans le sens du quinquennat, en 1973, avec Pompidou, mais division et échec face au Sénat.Points positifs : Le Président sera soumis à un contrôle populaire plus fréquent, d’avantage adapté à l’importance des fonctions exercées par le Président. « Respiration démocratique ».La durée du mandat sera alignée sur la législature (députés),donc cela permet d’éviter une susceptible cohabitation entre le Président et l’Assemblée Nationale (parti différent) dans les deux dernières années du mandat présidentiel. Le Président n’est pas cantonné à un simple rôle d’arbitre.Points négatifs : Un mandat de 5 ans dénature les institutions (contraire à l’esprit de la 5ème République). Le Président est un arbitre au dessus des contingences partisanes (Parlement). Une même durée de mandat avec le Parlement l’empêcherait d’avoir un recul par rapport aux chambres.Cela accentuerait la présidentialisation du régime du côté del’exécutif (des pouvoirs du Président renforcés au détriment du Premier ministr
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