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Ali-Yahi Abdenour parle des syndicats autonomes

Ali-Yahi Abdenour parle des syndicats autonomes

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Published by Djaafar Messaoudi
Alger continue de mépriser les syndicats autonomes et de favoriser l'UGTA, syndycat du système, nullement représentative des travailleurs algériens. A.Y.Abdenour en parle.
Alger continue de mépriser les syndicats autonomes et de favoriser l'UGTA, syndycat du système, nullement représentative des travailleurs algériens. A.Y.Abdenour en parle.

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Published by: Djaafar Messaoudi on May 02, 2010
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05/02/2010

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Il n’y a d’autre voie que le combat syndical
Quelle est la place du syndicat dans la société, force d’appoint ou forcedécisive ? Le droit de grève et les libertés syndicales sont reconnus par la Constitution, l’OIT et le BIT. C’est par les grèves que les travailleurstiennent une force sociale. L’épreuve de force sociale, d’ampleunationale, a voulu faire de la grève de véritables purges sociales :révoquer les grévistes et les remplacer. Le Snapap a déposé auprès duBIT à Genève une plainte contre le gouvernement pour infraction auxlois du travail et le non-respect des conventions internationales. Legouvernement a mis en avant une répression d’une rare violence,frappant tout ce qui bouge ou manifeste. Il a invenla pression judiciaire. Le droit de grève est bafoué par la justice qui n’est plus confiée aux juges, priés d’obéir etde se taire. C’est inadmissible ! Là est la question, une belle question pour le Conseil constitutionnel.
Les syndicats autonomes
Ils sont les représentants authentiques des salariés, leur principale fonction est celle de leur porte-parole et de défenseurs de leurs intérêts. Les impulsions et les initiatives sont venues de leurs basesqui ne se sont pas signées à la condition infantile que leur servait le gouvernement. Lessyndicats libres sont l’indispensable contrepoids aux abus du pouvoir. Ses leaders authentiques,combatifs et responsables, sont apparus dans les grèves mees par les decins et lesenseignants et ont affirmé leur identité. Ils se sont révélés d’une étoffe résistante et persévérante.Leur vigilance ne doit pas être relâchée à aucun moment ; au contraire, elle doit être redoublée àl’égard du pouvoir. Ils ont été entendus lorsqu’ils ont appelé les salariés à refuser la résignation, lapassivité, l’acceptation des maux qu’ils subissent. Ils refusent la mise au pas des syndicatsautonomes, leur neutralisation par le pouvoir qui veut leur imposer sa volonté. Les syndicatsautonomes gardent leur fonction originelle de force d’impulsion démocratique, le contrôle contrel’injustice et l’arbitraire, et de protection des salariés. Ils n’acceptent pas de se laisser enfermer dansdes contraintes qui limiteraient leur action. C’est un syndicalisme de protestation et de contestation.Seul le dialogue préalable à la décision doit devenir plus que jamais la règle essentielle. Il estl’émanation réelle de la volonté des travailleurs, le moteur et l’instrument de la promotion sociale. Lesmédecins et les enseignants veulent connaître le pourquoi des décisions qui les concernent, veulentêtre consultés et associés à leur élaboration. Le droit à la santé est durement entamé, menacé dansses fondements-mêmes.
L’unité des syndicats autonomes
Les syndicats autonomes sont une grande école de vie, de fraternité et de solidarité. Ils sont uninstrument de libération des salariés. Les derniers mouvements sociaux ont fait la preuve concrètede l’efficacité et de l’exigence de l’unité et de la démocratisation dans l’action. Les syndicats libressont restés unis et ont été les décideurs et les acteurs de leurs luttes. L’unité, la démocratie, laliberté, la justice sociale, apparaissent autant une aspiration des salariés que la condition essentiellede leur engagement et de l’efficacité de leur action. La démocratie syndicale doit résulter del’établissement d’un véritable débat interne afin d’accroître la capacité d’information, de réflexion etde rassemblement autour des syndicats autonomes. Le mode de fonctionnement et les méthodes dedirection de cette nouvelle centrale syndicale doivent répondre à cette exigence. Il faut qu’à traversles instances de cette union s’exprime et soit véritablement prise en compte la diversité qui composecette organisation. L’indépendance que les salariés recherchent dans une telle organisationsyndicale qui les a accompagnés efficacement dans leurs luttes est à ce prix. Cette réflexionindispensable sur la réalité de ce qu’est et pense la diversité du monde du travail ne peut être que lerésultat d’un véritable débat démocratique. L’avenir du syndicalisme est fonction de la capacité dessyndicats libres à porter ce débat pour devenir une centrale syndicale puissante et déterminée que
 
les salariés souhaitent. Cette centrale veut créer avec ceux qui veulent un espace syndical unitaireune unité d’action concrète, un effort de recherche de convergences, une volonté constante dedépasser les blocages, de faire front ensemble dans le dialogue et l’enrichissement réciproque.L’utilité et la nécessité de cette centrale doivent mieux apparaître. Les syndicats agissent dans lemême sens, se retrouvent ensemble, cherchent tout ce qui peut les rassembler. Il n’y a d’autre voieque le combat syndical, et il faut agir dans ce sens. C’est un combat pour les libertés qui concernenon seulement les salariés mais tous les démocrates. Il faut élargir les espaces de liberté afin depermettre à la conscience populaire de se développer, aux forces sociales de jouer leur rôle.
La cécité du pouvoir est frappante
Il ne reste au pouvoir qui a renoncé à tout effort de réflexion et fait uniquement confiance à la force, àl’argent et à ses intérêts, son mépris des idées puisqu’il n’est pas en mesure de comprendre lasociété qu’il est censé gérer ni lui apporter le projet dont elle a besoin. Quel projet ? Quel avenir pour les jeunes, les femmes, les chômeurs, les retraités ? La capacité à résoudre les questions sociales,donc à assurer la concorde entre les citoyens est faible. L’avenir n’appartient ni à ceux qui secramponnent à des privilèges injustifiés ni à ceux qui caressent l’illusion de conserver longtempsencore le pouvoir. Le gouvernement a choisi son camp, celui des injustices sociales maintenues, del’argent et des inégalités aggravées. L’idéologie sécuritaire lui permet de trouver une cohérence pour combattre les dirigeants syndicaux socialement repérés. Il porte une lourde responsabilité dans ladétérioration du climat social. Il est plus préoccupé d’assurer et de préserver des situations de renteet de monopole que de promouvoir les libertés. Il se refuse à la négociation, préfère la dériveantisyndicale. Il est clair qu’il ne peut vivre en harmonie avec le peuple : œuvrer pour que tous lesAlgériens, hommes et femmes, soient regardés et traités comme égaux en droits et en devoirs.Chacun et chacune constatent l’échec de la politique du pouvoir en examinant l’école, l’emploi, leslogements, la santé. Le monde du travail a exprimé le ras-le-bol à l’égard d’un système politiquedépassé.
La politique sociale est injuste et inefficace
Les salariés ressentent l’absence de liberté syndicale comme la privation d’un droit naturel, commeune humiliation qui est contraire à la dignité humaine. Quand des catégories de gens gagnent en unmois ce que les salariés ne gagnent même pas en un an, il faut voir dans un tel écart de revenus undanger pour la paix sociale. Qu’a fait le gouvernement pour atténuer les inégalités et les injusticessociales ? Comment se fait la répartition du revenu national ? Qui a la part du lion ? Pourquoi ? Lesinégalités sociales sont excessives, l’éventail des salaires est très large, les riches sont toujours plusriches et puis il y a les pauvres qui observent l’insolence du luxe, le non-respect de la dignité dutravail, des valeurs humaines et du sens de la vie, qui demandent la satisfaction de leursrevendications les plus légitimes. Le contraste est saisissant entre l’avalanche de bienfaits pour lesprivilégiés et la rigueur imposée aux salariés. Privilèges c’est, disent les dictionnaires Littré etRobert : « Un droit particulier accordé à une catégorie d’individus en dehors de la loi commune ». Ilfaut prendre en compte les énormes disparités sociales qui mènent le pays à la léthargie etconduisent les salariés à supporter à eux seuls les poids des charges et des sacrifices. Legouvernement a oublié de prévoir pour ces derniers leur place pour le banquet de la vie. Augmenter les salaires bas et moyens, c’est appliquer la politique de l’accordéon qui réduit les inégalités par lesdeux bouts. Les gros salaires peuvent se priver de leur superflu pour aider ceux qui n’ont pas unrevenu minimum garanti pour vivre. Il ne s’agit même pas de justice sociale, tant la situation estscandaleuse, mais d’obtenir les conditions minimales d’existence. Il est inconcevable, inacceptableque le smig ne soit pas indexé sur le coût de la vie. La tétine vide que l’on tend au bébé pour lecalmer un moment, est-ce la solution entre la faim et le biberon ? Inflation et hausse galopante desprix se conjuguent. Les prix augmentent, alors que le niveau de vie de la population ne cesse de sedégrader. On ne peut masquer la réalité de l’inflation qui sacrifie le pouvoir d’achat. L’augmentationdes salaires ne sert à rien, si l’inflation qui est à 5,5% reprend le gain obtenu. Les salariés sont déçuset amers, rien n’a changé à leur situation avec les augmentations des salaires annulées par l’inflationet la cherté de la vie. Le pouvoir d’achat fond du fait de l’inflation. Il s’agit de ne pas pénaliser les

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