/  14
 
32
TOUS LES BATEAUX DU MONDE
Pêche et cabotage
Hormis les grands boutres transocéaniques, Pâris adocumenté à Mascate une autre catégorie de bateauarabes : les
badan
, dont il déorme légèrement le nomen
beden
. Essentiellement destinés à la pêche – parois autransport pour les plus grands d’entre eu –, de dimen-sions modestes, n’ecédant pas une quinzaine de mètresde long, les
badan
étaient construits dans les chantiers descôtes omanaises, à Sur, Matrah ou sur l’île de Masirah.Ils ont été en usage entre la péninsule de Musandam etMukalla et même Aden (Yémen) jusqu’à la seconde moitiédu xx
e
siècle
15
. Ces bateau étaient paraitement adaptésau conditions de navigation locales. Ils ont été beau-coup moins sujets au inuences européennes que lesgrands boutres et ont conservé certaines caractéristiquesde construction arabe, comme leur orme à arrière pointu,l’usage de coutures pour certains assemblages, ou encoreun type particulier de gouvernail maintenu et actionnépar un système de cordages. L’immersion assez proondedu gouvernail permettait de réduire la dérive due au ondplat de la coque.
{15} Voir une description très complète des diérents
badan
dans le livrede D. Agius,
op. cit.,
pp. 98-105. Il a observé en 1996 quelques coquesde
badan
en diérents lieu du sultanat d’Oman et a recueilli de précieutémoignages orau de plusieurs utilisateurs et constructeurs.
Pâris donne dans l’
Essai
16
 
la description de plusieurs typesde
badan
. Les plus grands sont les
badan safar 
servant à lapêche au thon et à divers transports. Ils « ont de 12 à 18mètres de long et sont remarquables par leur ond plat etleurs deu quilles. » Pâris poursuit : ils « marchent bien ;ils portent mieu la voile et dérivent moins que ne le eraitcroire leur manque de proondeur [...] La orme courbe etplate de leurs onds les rend très propres à naviguer sur les bancs et à accoster sur les plages, les parties etrêmes deleurs quilles étant au ras de l’eau lorsqu’ils ne sont pointchargés. » Bien qu’ils marchent le plus souvent à la voile,ils sont également munis d’avirons de orme irrégulièredont l’e cacité est remarquée par Pâris.Quant au
badan seyad,
essentiellement mû à l’aviron, il estplus petit que le
badan safar 
et utilisé pour pêcher au flet.Pâris en décrit la technique d’assemblage : « il n’a pointde membrures ; ses diérentes parties sont cousues aumoyen de petits amarrages plats qui traversent les plancheset pressent, à l’intérieur, un boudin d’étoupe imprégnéde la composition résineuse dont tout le corps est enduit.La ausse étrave et le au étambot sont unis au bateau pardes attaches et sont soutenus par des courbes qui, au lieude clous, ont des amarrages pour les fer. » Cette des-cription, les plans correspondants et la maquette réalisée
{16}
 
F.-E. Pâris,
Essai
,
op. cit.,
pp. 14-15.
 
v
 
|
 
François-Edmond Pâris(1806-1893)
« BEDEN SAFARDE MASCATE, AU MOUILLAGEET À LA VOILE »
In
Essai sur la constructionnavale des peuples extra-européens
Paris : Arthus Bertrand éditeur,1843Service Historique de laDéfense-Département Marine,VI - AT416 / Pl. 7
>
|
 
François-Edmond Pâris(1806-1893)
« BEDEN SEYAD, HALANT DESFILETS. BAGGALA ET DUNGIYAÀ LA VOILE »
In
Essai sur la constructionnavale des peuples extra-européens
Paris : Arthus Bertrand éditeur,1843Service Historique de laDéfense-Département Marine,VI - AT416 / Pl. 9
>
 
|
 
BADAN SAFAR, BATEAUDE PÊCHE DE MASCATE
Maquette à l’échelle 1/25réalisée par Frédéric Baude surles relevés de François EdmondPâris1873, bois et fibre végétale62 x 15 x 62,3 cmMnM 3 EX 5

Share & Embed

More from this user

Add a Comment

Characters: ...

ginapoleleft a comment

io cerco l'intero catalogo dell'esposizione non questa presentazione di 14 pagine

mussarileft a comment

affascinanbe, da vedere da vicino