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TOUS LES BATEAUX DU MONDE
Pêche et cabotage
Hormis les grands boutres transocéaniques, Pâris adocumenté à Mascate une autre catégorie de bateauarabes : les
badan
, dont il déorme légèrement le nomen
beden
. Essentiellement destinés à la pêche – parois autransport pour les plus grands d’entre eu –, de dimen-sions modestes, n’ecédant pas une quinzaine de mètresde long, les
badan
étaient construits dans les chantiers descôtes omanaises, à Sur, Matrah ou sur l’île de Masirah.Ils ont été en usage entre la péninsule de Musandam etMukalla et même Aden (Yémen) jusqu’à la seconde moitiédu xx
e
siècle
15
. Ces bateau étaient paraitement adaptésau conditions de navigation locales. Ils ont été beau-coup moins sujets au inuences européennes que lesgrands boutres et ont conservé certaines caractéristiquesde construction arabe, comme leur orme à arrière pointu,l’usage de coutures pour certains assemblages, ou encoreun type particulier de gouvernail maintenu et actionnépar un système de cordages. L’immersion assez proondedu gouvernail permettait de réduire la dérive due au ondplat de la coque.
{15} Voir une description très complète des diérents
badan
dans le livrede D. Agius,
op. cit.,
pp. 98-105. Il a observé en 1996 quelques coquesde
badan
en diérents lieu du sultanat d’Oman et a recueilli de précieutémoignages orau de plusieurs utilisateurs et constructeurs.
Pâris donne dans l’
Essai
16
la description de plusieurs typesde
badan
. Les plus grands sont les
badan safar
servant à lapêche au thon et à divers transports. Ils « ont de 12 à 18mètres de long et sont remarquables par leur ond plat etleurs deu quilles. » Pâris poursuit : ils « marchent bien ;ils portent mieu la voile et dérivent moins que ne le eraitcroire leur manque de proondeur [...] La orme courbe etplate de leurs onds les rend très propres à naviguer sur les bancs et à accoster sur les plages, les parties etrêmes deleurs quilles étant au ras de l’eau lorsqu’ils ne sont pointchargés. » Bien qu’ils marchent le plus souvent à la voile,ils sont également munis d’avirons de orme irrégulièredont l’e cacité est remarquée par Pâris.Quant au
badan seyad,
essentiellement mû à l’aviron, il estplus petit que le
badan safar
et utilisé pour pêcher au flet.Pâris en décrit la technique d’assemblage : « il n’a pointde membrures ; ses diérentes parties sont cousues aumoyen de petits amarrages plats qui traversent les plancheset pressent, à l’intérieur, un boudin d’étoupe imprégnéde la composition résineuse dont tout le corps est enduit.La ausse étrave et le au étambot sont unis au bateau pardes attaches et sont soutenus par des courbes qui, au lieude clous, ont des amarrages pour les fer. » Cette des-cription, les plans correspondants et la maquette réalisée
{16}
F.-E. Pâris,
Essai
,
op. cit.,
pp. 14-15.
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