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PO&SIE /// Tempestives 005 /// Michel Deguy

PO&SIE /// Tempestives 005 /// Michel Deguy

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05/14/2010

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Octobre 2008
 Sous le soleil 
Michel Deguy
Je cherche un ton de chronique, de récitatif plutôt que de récital, et baryton sombre plutôt que ténor léger. A reparler de poésie par surprise avec vous, ni en slam ni en jeux de mots, en rapport avecl’
été 
(solstice et verbe être) ; « poésie » rappelée du fond de sa provenance (« Vieille Déméter méconnaissable au foyer de Céléos »). Pour renouer. J’appelle ça le soleil et l’oubli.*La disposition poésie reçoit inspiration de tous côtés. L’amour est une source principale. Ainsil’amour de la sagesse, ou
 philosophie
. Cette puissante émotion peut-elle accompagner, en pensée, par exemple ce motif mis au cœur de la pensée philosophique par le Maître de Fribourg :
l’oubli ?
Les Grecs appelaient
thaumas
le s’étonner reculant devant la merveille et l’énigme, l’amas desplendeurs et l’intelligibilité infinie de ce qu’il y a. Je voudrais, reprenant l’antienne, relier à l’oublila thaumaturgie poétique.Hier soir nous avons, à l’angle finisterre de Tanger, là où se disjoignent deux continents, détroitspacieux où s’enlacent la mer d’Ulysse et le grand Océan, regardé longuement décliner, rougir, senoyer, le soleil.Dans la nuit et le demi-sommeil pensif, je (pour sténographier du pronom la pensée rêveuse et phraseuse, le voyage psychique nocturne, samarré, cosmique, que Dostevski appelle« ridicule »), je, donc, pensai au soleil. Le stupéfiant et démesuré « système » où les créaturesterrestres, d’éons en éons chauffées, glacées, ensommeillées, extralucides, doivent de vivre etd’être.L’oubli de l’être, c’est l’oubli du soleil. Quoi de plus clair en effet que ceci : nous oublions le soleil.Parfois, un
lever de soleil 
pour notre vigie en loisir, ou une parure d’or des steppes ou des Andes,ou multiplié en peinture par Van Gogh, ou en mythes millénaires que nous morcelons – un fragmentd’Apollon, un accent de Racine ou de Valéry, « sacré soleil » ou « faute éclatante » –, ou en leçonde Ponge, nous reconfie à lui un instant. Mais l’idolâtrie des vacances (bronze-âge) consommel’oubli plutôt qu’il ne le rompt. Seule peut-être l’astrophysique n’oublie pas le soleil : la science,héliotropique, peut agrandir l’imagination et s’étonner dignement de l’astre insensé père du sens denotre Caverne.Que nous oublions l’être, pour l’entendre entendons que nous oublions le soleil. Nous, non pas l’unou l’autre, celui qui y pensait un soir à Tanger, mais « les hommes » en grégarités modernes,

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