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PO&SIE /// Tempestives 008 /// Tiphaine Samoyault

PO&SIE /// Tempestives 008 /// Tiphaine Samoyault

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05/14/2010

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Octobre 2008
 Les vies vacantes
Tiphaine Samoyault
Voilà ce qui me vient en ce temps de rentrée. Avant d’oublier tout à fait qu’une conception dutemps qui n’est pas la reprise, est possible.L’état de vacance ménagé par la lumière d’été, les vacances proprement dites, le mot persiennequ’on n’emploie plus que dans des maisons ailleurs, l’instant qui précède juste la sieste au momentoù le soleil est le plus fort et où rien ne bouge, tandis qu’à demi allongée sur un transat on se ditqu’on pourrait aimer se transporter jusqu’à la chambre pour profiter de la fraîcheur protectrice de la pénombre, des murs et des draps tout en restant là immobile, immédiatement s’assoupissant, nousengloutit. On est dans la baleine ou, comme me dit mon fils de trois ans, rêvant du même rêvequ’Alice, « tombé profond dans le trou du lapin ». On est aussi bien, dans la lumière blanche del’après-midi, les gros livres qu’on ne peut lire que l’été ayant été délaissés, retournés sur la page,dans le vide, sous l’empire du silence et du rien. Le temps lui-même s’est retiré. La seule pensée quivient, lorsqu’elle vient, est que la vie devrait ressembler à cette heure où l’on ne fait rien, où l’on necraint rien parce qu’elle ressemble à la mort telle qu’on aimerait la penser.Cet état de vacance s’accomplit en relation avec un autre état, aussi animé que le premier estsuspendu, et qui est l’état de voyage. Il est plus facile d’éprouver que rien ne bouge lorsqu’on a bougé. En profitant des mois d’été pour rendre visite à tel ou tel ami, découvrir une nouvelle régionou retourner vers des bases abandonnées depuis l’enfance ou délaissées le reste de l’année, on semet en mouvement certes, mais pour se re-poser. Dans chaque lieu où l’on va, on dispose une vie possible qu’on aurait pu avoir mais qu’on n’aura jamais et l’on a le loisir de le regretter. Mais il y aquelque chose d’un peu précipité et d’un peu triste à déployer ainsi, dans un temps finalement assez bref, comme en une collection de livres où un même personnage, connaissant plusieurs aventures,vit de plusieurs vies, des êtres sans existence. Les vacances, lorsqu’on accepte certains de leursattributs comme le déplacement, le retour à des activités dépassées ou à des rencontres sanslendemain ouvrent des fictions intimes qui rendent notre vie actuelle bien mince, ou bien relative,ou bien seule.Je reprends la relecture de
Moby Dick 
dans la traduction de Philippe Jaworski, beaucoup plustechnique que celles de Giono ou d’Armel Guerne. Je me sens coupée par l’acuité du vocabulairemaritime, mécanique et organique. J’ai plus de mal qu’avant à m’identifier à la chasse, donc à laquête. Je m’intéresse davantage à traduire la baleine elle-même, sa blancheur, son extraordinairecavité. La scène qui me frappe le plus est celle ou Tashtego tombe dans la tête du cachalot, que letexte compare au tonneau de Heidelberg pour vanter la qualité de son contenu, lui-me

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