L’Actualité Poitou-Charentes – N
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ichard Cœur de Lion est mort il y a tout juste huit cents ans, à Châlus, en Limou-sin, après seulement dix ans de règne(1189-1199), à quarante-deux ans. Le filsdonc à Oxford mais il vivra la plupart du tempsen Aquitaine, soit à l’époque : le Poitou, le Li-mousin et la Gascogne. Un poème en langue d’oc,recopié au
XIII
e
siècle dans la chronique de Mat-thieu Paris, dit :
«Richard le Poitevin est en mort en Limousin.»
A quinze ans, il est fait comte dePoitiers et duc d’Aquitaine. Sa mère, Aliénord’Aquitaine – une Poitevine – l’a éduqué pourcela. Elle sera toujours à ses côtés pour le défen-dre et le protéger. Richard est donc avant tout unAquitain, ce que les Anglais ne cessent de luireprocher. En effet, il n’est allé que deux fois enAngleterre pendant son règne : pour son couron-nement et de retour de captivité afin de battreson frère, Jean sans Terre, et récupérer ce dont ill’avait spolié durant sa croisade.
Quel est son mode de vie ?
Richard est un roi chevalier. Les Plantagenêt n’ontpas un sens de la majesté aussi fort que les roisde France. Sa vie durant, Richard s’est considérécomme un jeune, un
juvenis
. Selon Georges Duby,ce terme ne désigne pas une tranche d’âge maisune catégorie sociologique. Les jeunes sont desguerriers célibataires qui, chassés du château pa-ternel ou de leur frère aîné, vivent comme deschevaliers errants, au jour le jour. Grâce à leursavoir-faire militaire, ils gagnent de l’argent –parfois beaucoup – dans les tournois, parce quele tournoi c’est la guerre. Il faut savoir qu’au
XII
e
siècle, les tournois ne ressemblent en rien auximages véhiculées par la légende arthurienne etle cinéma. Ce ne sont pas des combats singuliersmais de vraies bagarres, sur des étendues très lar-ges, où l’on rançonne, où l’on fait prisonnier, oùl’on prend du butin. Ces jeunes aristocrates sontdonc très violents et représentent une menacegrouillante dans le pays. D’ailleurs, Richard s’estmarié très tard. Un tel mode de vie ne lui permet-tait pas d’avoir une vie familiale.
Richard Cœur de Lion
l’idéal chevaleresque
noblesse
R
d’Henri II Plantagenêt et d’Aliénor d’Aquitaineincarne l’idéal chevaleresque. Excellent guerrieret fin lettré. Martin Aurell, professeur au Centred’études supérieures de civilisation médiévale del’Université dePoitiers, nousdresse un portraitde cette figure mar-quante de notrehistoire et de notreimaginaire (en par-ticulier en Poitou-Charentes).Au printemps der-nier, il a organisé, àThouars, un collo-que international(labellisé par l’An-née du patrimoine)sur «La cour Plan-tagenêt (1154-1204): parenté,gouvernement, sa-voir et civilité».Martin Aurell pré-pare un livre sur la famille de Richard Cœur de Lion.
L’Actualité. – Richard Cœur de Lion est-il an-glais ou poitevin ?Martin Aurell. –
Richard concrétise plusieurshéritages, anglo-normand et aquitain. Son père,Henri II, était de naissance angevine mais il avaitcompris la nécessité, pour maintenir son pouvoir,de s’appuyer sur les royaumes et les duchés lesplus solides sur le plan administratif et fiscal, àsavoir l’Angleterre et la Normandie. Richard naît
Les Plantagenêt ont régné, au
XII
e
siècle, sur toute la façade atlantique,de l’Irlande aux Pyrénées. Portrait d’une figure légendaire de la famille,Richard I
er
, dit «Cœur de Lion», fils d’Henri II et d’Aliénor d’Aquitaine
Entretien
Carlos Herrera
Photos
Mytilus
et
Bruno Veysset
M y t i l u s
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