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hristian Hincker, alias Blutch, Grand Prix2009 du Festival international de la bandedessinée d’Angoulême, préside le jury dela 37
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édition. Dessinateur virtuose, adepte de la sug-gestion et créateur de climats très personnels, l’artistelivre une œuvre diverse, résultante, dit-il, de sa naturetrès curieuse.
L’Actualité. – Vous êtes issu de l’Ecole supérieuredes arts décoratifs de Strasour. quel a étévotre cheminement vers la ande dessinée, etavant cela, votre rapport au dessin ?blutch. –
J’ai été un lecteur assidu, primitif, de bandedessinée et le goût de la lecture m’a donné, par je nesais quelle magie, le goût de raconter des histoires.C’est le point de départ : surtout raconter des histo-riettes, des péripéties, des bagarres, des poursuites,des choses très enfantines. C’était une autre manièrede jouer... aujourd’hui aussi, peut-être. J’ai toujours étécelui qui dessine.Toutes mes études ont été orientées en ce sens jusqu’àl’école de Strasbourg. Dessiner, c’est ma manière dechanter. Mais je n’avais pas de dessein particulier, nile but de m’exprimer, c’était davantage une manie. Leschoses sont venues naturellement.
Vous faites partie de la nouvelle énération. Legrand Prix a récompensé votre œuvre déjà trèsdense commencée en 1988 dans
Fluide glacial
...
Beaucoup d’auteurs ont eu ce prix autour de la quaran-taine. J’ai 42 ans, je suis dans la moyenne. Ce qui medifférencie un peu, c’est que je ne suis pas un auteurcommercial, célèbre. Je suis un peu obscur, vraiment
undessinateurconfdentiel.Jen’aijamaisvendubeau
-coup de livres... et ce n’est pas grave. Je gagne ma vieen dessinant depuis une vingtaine d’années. Je fais cequi me passe par la tête et c’est plutôt agréable.J’ai commencé par un concours de circonstances. J’aifait un concours de bande dessinée en 1987 organisépar
Fluide Glacial
et j’ai gagné le 1
er
prix : une publi-cation dans le journal. C’était une bonne opportunitéde faire mes armes, avant cela je ne savais trop versquelle publication aller. J’ai travaillé une douzained’années pour
Fluide Glacial
dans un registre paro-dique (
Waldo’s Bar
,
Mademoiselle Sunnymoon
) audépart, puis satirique avec
Blotch
et en faisant desdétours par l’autobiographie avec
Le
Petit Christian
(L’Association) et des histoires plus poétiques,
Peplum
(Cornelius)...
Vos univers, vos reistres – humoristiues, inti
-
mistes, épiues, oniriues –, votre dessin, votrefaçon de raconter varient.
On retrouve le goût du jeu, de l’amusement, de l’exci-tation et de la surprise. J’aime d’abord me surprendremoi-même. Plein de choses m’intéressent et je meverrais mal me cantonner à un seul type de pensée,ma seule direction est la curiosité.
Comment passez-vous d’un reistre à l’autreavec, éalement, cette manière non convention
-
nelle de raconter ?
La vie est riche, compliquée, paradoxale... Ce (Grand)
Prixm’amèneàclariferleschosesquandj’aimerais
qu’elles restent confuses, non formulées. Je n’ai pas dedogmes, pas de recettes toutes prêtes. J’essaie d’êtreattentif à tout. Je prends énormément de notes, sur tousles types de sujets, que je peux garder des années avantde les ressortir. C’est une espèce de banque d’imagesdans laquelle je pioche.
blutchou le jeude la curiosité
Blutch est président du 37
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Festival internationalde la bande dessinée à Angoulême.
Entretien
Astrid Deroost
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L’ACTuALITé PoITou-ChARENTES
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N° 87
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