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Michel Foucault. Des espaces autres (1967), Hétérotopies. Michel Foucault, Dits et écrits 1984 , Des espaces autres (conférence au Cercle d'études architecturales, 14 mars 1967), in Architecture, Mouvement, Continuité, n°5, octobre 1984, pp. 46-49.

Michel Foucault. Des espaces autres (1967), Hétérotopies. Michel Foucault, Dits et écrits 1984 , Des espaces autres (conférence au Cercle d'études architecturales, 14 mars 1967), in Architecture, Mouvement, Continuité, n°5, octobre 1984, pp. 46-49.

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Michel Foucault. Des espaces autres (1967),H
é
t
é
rotopies.
Michel Foucault, Dits et
é
crits 1984 ,
 Des espaces autres
(conf 
é
rence au Cercled'
é
tudes architecturales, 14 mars 1967), in
 Architecture, Mouvement, Continuit
é
, n
°
5,octobre 1984, pp. 46-49.M. Foucault n'autorisa la publication de ce texte
é
crit en Tunisie en 1967 qu'auprintemps 1984.=> Commentaire audio de Michel Foucault - mp3
La grande hantise qui a obs
é
d
é
le XIX' si
è
cle a
é
t
é
, on le sait, l'histoire th
è
mes du d
é
veloppement etde l'arr
ê
t, th
è
mes de la crise et du cycle, th
è
mes de l'accumulation du pass
é
, grande surcharge desmorts, refroidissement mena
ç
ant du monde. C'est dans le second principe de thermodynamique quele XIXe si
è
cle a trouv
é
l'essentiel de ses ressources mythologiques. L'
é
poque actuelle serait peut-
ê
tre plut
ô
t l'
é
poque de l'espace. Nous sommes
à
l'
é
poque du simultan
é
, nous sommes
à
l'
é
poque dela juxtaposition,
à
l'
é
poque du proche et du ,lointain, du c
ô
te
à
c
ô
te, du dispers
é
. Nous sommes
à
unmoment o
ù
le monde s'
é
prouve, je crois, moins comme une grande vie qui se d
é
velopperait
à
traversle temps que comme un r
é
seau qui relie des points et qui entrecroise son
é
cheveau. Peut-
ê
trepourrait-on dire que certains des conflits id
é
ologiques qui animent les pol
é
miques d'aujourd'hui sed
é
roulent entre les pieux descendants du temps et les habitants acharn
é
s de l'espace. Lestructuralisme, ou du moins ce qu'on groupe sous ce nom un petit peu g
é
n
é
ral, c'est l'effort pour
é
tablir, entre des
é
l
é
ments qui peuvent avoir
é
t
é
r
é
partis
à
travers le temps, un ensemble de relationsqui les fait appara
 î 
tre comme juxtapos
é
s, oppos
é
s, impliqu
é
s l'un par l'autre, bref, qui les faitappara
 î 
tre comme une sorte de configuration; et
à
vrai dire, il ne s'agit pas par l
à
de nier le temps;c'est une certaine mani
è
re de traiter ce qu'on appelle le temps et ce qu'on appelle l'histoire.Il faut cependant remarquer que l'espace qui appara
 î 
t aujourd'hui
à
l'horizon de nos soucis, de notreth
é
orie, de nos syst
è
mes n'est pas une innovation; l'espace lui-m
ê
me, dans l'exp
é
rience occidentale,a une histoire, et il n'est pas possible de m
é
conna
 î 
tre cet 'entrecroisement fatal du temps avecl'espace. On pourrait dire, pour retracer tr
è
s grossi
è
rement cette histoire de l'espace, qu'il
é
tait auMoyen Age un ensemble hi
é
rarchis
é
de lieux : lieux sacr
é
s et lieux profanes, lieux prot
é
g
é
s et lieuxau contraire ouverts et sans d
é
fense, lieux urbains et lieux campagnards (voil
à
pour la vie r
é
elle deshommes); pour la th
é
orie cosmologique, il y avait les lieux supra-c
é
lestes oppos
é
s au lieu c
é
leste; etle lieu c
é
leste
à
son tour s'opposait au lieu terrestre; il y avait les lieux o
ù
les choses se trouvaientplac
é
es parce qu'elles avaient
é
t
é
d
é
plac
é
es violemment et puis les lieux, au contraire, o
ù
les chosestrouvaient leur emplacement et leur repos naturels. C'
é
tait toute cette hi
é
rarchie, cette opposition,cet entrecroisement de lieux qui constituait ce qu'on pourrait appeler tr
è
s grossi
è
rement l'espacem
é
di
é
val : espace de localisation.Cet espace de localisation s'est ouvert avec Galil
é
e, car le vrai scandale de l'ouvre de Galil
é
e, cen'est pas tellement d'avoir d
é
couvert, d'avoir red
é
couvert plut
ô
t que la Terre tournait autour dusoleil, mais d'avoir constitu
é
un espace infini, et infiniment ouvert; de telle sorte que le lieu duMoyen Age s'y trouvait en quelque sorte dissous, le lieu d'une chose n'
é
tait plus qu'un point dansson mouvement, tout comme le repos d'une chose n'
é
tait que son mouvement ind
é
finiment ralenti.
 
Autrement dit,
à
partir de Galil
é
e,
à
partir du XVIIe si
è
cle, l'
é
tendue se substitue
à
la localisation.De nos jours, l'emplacement se substitue
à
l'
é
tendue qui elle-m
ê
me rempla
ç
ait la localisation.L'emplacement est d
é
fini par les relations de voisinage entre points ou
é
l
é
ments; formellement, onpeut les d
é
crire comme des s
é
ries, des arbres, des treillis.D'autre part, on sait l'importance des probl
è
mes d'emplacement dans la technique contemporaine :stockage de l'information ou des r
é
sultats partiels d'un calcul dans la m
é
moire d'une machine,circulation d'
é
l
é
ments discrets,
à
sortie al
é
atoire (comme tout simplement les automobiles ou apr
è
stout les sons sur une ligne t
é
l
é
phonique), rep
é
rage d'
é
l
é
ments, marqu
é
s ou cod
é
s,
à
l'int
é
rieur d'unensemble qui est soit r
é
parti au hasard, soit class
é
dans un classement univoque, soit class
é
selon unclassement plurivoque, etc.D'une mani
è
re encore plus concr
è
te, le probl
è
me de la place ou de l'emplacement se pose pour leshommes en termes de d
é
mographie; et ce dernier probl
è
me de l'emplacement humain, ce n'est passimplement la question de savoir s'il y aura assez de place pour l'homme dans le monde - probl
è
mequi est apr
è
s tout bien important -, c'est aussi le probl
è
me de savoir quelles relations de voisinage,quel type de stockage, de circulation, de rep
é
rage, de classement des
é
l
é
ments humains doivent
ê
treretenus de pr
é
é
rence dans telle ou telle situation pour venir
à
telle ou telle fin. Nous sommes
à
une
é
poque o
ù
l'espace se donne
à
nous sous la forme de relations d'emplacements.En tout cas, je crois que l'inqui
é
tude d'aujourd'hui concerne fondamentalement l'espace, sans doutebeaucoup plus que le temps; le temps n'appara
 î 
t probablement que comme l'un des jeux dedistribution possibles entre les
é
l
é
ments qui se r
é
partissent dans l'espace.Or, malgr
é
toutes les techniques qui l'investissent, malgr
é
tout le r
é
seau de savoir qui permet de led
é
terminer ou de lei formaliser, l'espace contemporain n'est peut-
ê
tre, pas encore enti
è
rementd
é
sacralis
é
-
à
la diff 
é
rence sans doute du temps qui, lui, a
é
t
é
d
é
sacralis
é
au XIXe si
è
cle. Certes, ily a bien eu une certaine d
é
sacralisation th
é
orique de l'espace (celle
à
laquelle l'ouvre de Galil
é
e adonn
é
le signal), mais nous n'avons peut-
ê
tre pas encore acc
é
d
é
 
à
une d
é
sacralisation pratique del'espace. Et peut-
ê
tre notre vie est-elle encore command
é
e par un certain nombre d'oppositionsauxquelles on ne peut pas toucher, auxquelles l'institution et la pratique n'ont pas encore os
é
porteratteinte : des oppositions que nous admettons comme toutes donn
é
es : par exemple, entre l'espacepriv
é
et l'espace public, entre l'espace de la famille et l'espace social, entre l'espace culturel etl'espace utile, entre. l'espace de loisirs et l'espace de travail; toutes sont anim
é
es encore par unesourde sacralisation.L'oeuvre - immense - de Bachelard, les descriptions des ph
é
nom
é
nologues nous ont appris que nousne vivons pas dans un espace homog
è
ne et vide, mais, au contraire, dans un espace qui est toutcharg
é
de qualit
é
s, un espace, qui est peut-
ê
tre aussi hant
é
de fantasme; l'espace de notre perceptionpremi
è
re, celui de nos r
ê
veries, celui de nos passions d
é
tiennent en eux-m
ê
mes des qualit
é
s qui sontcomme intrins
è
ques; c'est un espace l
é
ger,
é
th
é
r
é
, transparent, ou bien c'est un espace obscur,rocailleux, encombr
é
: c'est un espace d'en haut, c'est un espace des cimes, ou c'est au contraire unespace d'en bas, un espace de la boue, c'est un espace qui peut
ê
tre courant comme l'eau vive, c'estun espace qui peut
ê
tre fix
é
, fig
é
comme la pierre ou comme le cristal.Cependant, ces analyses, bien que fondamentales pour la r
é
flexion contemporaine, concernentsurtout l'espace du dedans. C'est de l'espace du dehors que je voudrais parler maintenant.L'espace dans lequel nous vivons, par lequel nous sommes attir
é
s hors de nous-m
ê
mes dans lequel,se d
é
roule pr
é
cis
é
ment l'
é
rosion de notre vie, e notre temps et e notre histoire, cet espace qui nous
 
ronge et nous ravine est en lui-m
ê
me aussi un espace h
é
t
é
rog
è
ne. Autrement dit, nous ne vivons pasdans une sorte de vide,
à
l'int
é
rieur duquel on pourrait situer des individus et des choses. Nous nevivons pas
à
l'int
é
rieur d'un vide qui se colorerait de diff 
é
rents chatoiements, nous vivons
à
 l'int
é
rieur d'un ensemble de relations qui d
é
finissent des emplacements irr
é
ductibles les uns auxautres et absolument non superposables.Bien s
û
r, on pourrait sans doute entreprendre la description de ces diff 
é
rents emplacements, encherchant quel est l'ensemble de relations par lequel on peut d
é
finir cet emplacement. Par exemple,d
é
crire l'ensemble des relations qui d
é
finissent les emplacements de passage, les rues, les trains(c'est un extraordinaire faisceau de relations qu'un train, puisque c'est quelque chose
à
travers quoion passe, c est quelque chose
é
galement par quoi on peut passer d'un oint
à
un autre et puis c'estquelque chose
é
galement qui passe). On pourrait d
é
crire, par le faisceau des relations qui permettentde les d
é
finir, ces emplacements de halte provisoire que sont les caf 
é
s, les cin
é
mas, les plages. Onpourrait
é
galement d
é
finir, par son r
é
seau de relations, l'emplacement de repos, ferm
é
ou
à
demiferm
é
, que constituent la maison, la chambre, le lit, etc. Mais ce qui m'int
é
resse, ce sont, parmi tousces emplacements, certains d'entre qui ont la curieuse propri
é
t
é
d'
ê
tre en rapport avec tous les autresemplacements, mais sur un mode tel qu'ils suspendent, neutralisent ou inversent l'ensemble desrapports qui se trouvent, par eux, d
é
sign
é
s, refl
é
t
é
s ou r
é
fl
é
chis. Ces espaces, en quelque sorte, quisont en liaison avec tous les autres, qui contredisent pourtant us les autres emplacements, sont dedeux grands types.
HETEROTOPIAS
Il y a d'abord les utopies. Les utopies, ce sont les emplacements sans lieu r
é
el. Ce sont lesemplacements qui entretiennent avec 1'espace r
é
el de la soci
é
t
é
un rapport g
é
n
é
ral d'analogie directeou invers
é
e. C'est la soci
é
t
é
elle-m
ê
me perfectionn
é
e ou c'est l'envers de a soci
é
t
é
, mais, de toutefa
ç
on, ces utopies sont des espaces qui sont fondamentalement essentiellement irr
é
els.Il y a
é
galement, et ceci probablement dans toute culture, dans toute civilisation, des lieux r
é
els, deslieux effectifs, des lieux qui ont dessin
é
s dans l'institution m
ê
me de la soci
é
t
é
, et qui sont des sortesde contre-emplacements, sortes d'utopies effectivement r
é
alis
é
es dans lesquelles les emplacementsr
é
els, tous les autres emplacements r
é
els que l'on peut trouver
à
l'int
é
rieur de la culture sont
à
la foisrepr
é
sent
é
s, contest
é
s et invers
é
s, des sortes de lieux qui sont hors de tous les lieux, bien quepourtant ils soient effectivement localisables. Ces lieux, parce qu'ils sont absolument autres que tousles emplacements qu'ils refl
è
tent et dont ils parlent, je les appellerai, par opposition aux utopies, lesh
é
t
é
rotopies ; et je crois qu'entre les utopies et ces emplacements absolument autres, cesh
é
t
é
rotopies, il y aurait sans doute une sorte d'exp
é
rience mixte, mitoyenne, qui serait le miroir. Lemiroir, apr
è
s tout, c'est une utopie, puisque c'est un lieu sans lieu. Dans le miroir, je me vois l
à
o
ù
jene suis pas, dans un espace irr
é
el qui s'ouvre virtuellement derri
è
re la surface, je suis l
à
-bas, l
à
o
ù
jene suis pas, une sorte d'ombre qui me donne
à
moi-m
ê
me ma propre visibilit
é
, qui me permet de meregarder l
à
o
ù
je suis absent - utopie du miroir. Mais c'est
é
galement une h
é
t
é
rotopie, dans la mesureo
ù
le miroir existe r
é
ellement, et o
ù
il a, sur la place que j'occupe, une sorte d'effet en retour ; c'est
à
 partir du miroir que je me d
é
couvre absent
à
la place o
ù
je suis puisque je me vois l
à
-bas.
À
partirde ce regard qui en quelque sorte se porte sur moi, du fond de cet espace virtuel qui est de l'autrec
ô
t
é
de la glace, je reviens vers moi et je recommence
à
porter mes yeux vers moi-m
ê
me et
à
mereconstituer l
à
o
ù
je suis; le miroir fonctionne comme une h
é
t
é
rotopie en ce sens qu'il rend cetteplace que j'occupe au moment o
ù
je me regarde dans la glace,
à
la fois absolument r
é
elle, en liaisonavec tout l'espace qui l'entoure, et absolument irr
é
elle, puisqu'elle est oblig
é
e, pour
ê
tre per
ç
ue, depasser par ce point virtuel qui est l
à
-bas.

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