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Histoire de la littérature espagnole
Intro :
La reconquête de la péninsule commence au début du 13
e
siècle. Celle ci dure +- 3ans pour être récupérée des arabes. Au 15
e
siècle, il y a un Etat qui s’occupe « à peu près » de lasurface péninsulaire. Plusieurs territoires (Corona de Castilla, Corona de Aragón, ReinaGranada, Navarra). Au Moyen-Age, une grande partie des textes sont des chroniques, ilsmélangent les faits historiques et les faits littéraires. Par ailleurs, l’idée de la littérature resteencore inconnue au Moyen-Age. Encore au 18
e
siècle, on définit la littérature comme « cequ’on écrit » (cela inclus la science, lettres, etc…)Le premier texte que l’on trouve en Castillan est non-littéraire, ce sont justes des notes dansles marges des livres latins (dialecte navarro-aragonais, pas l’espagnol d’aujourd’hui).Ces notes sont appelées
Glosas emilianenses y silenses
;
emilianenses
pour San Millàn et
 silenses
pour Santo Domingo. Ecrites par un prédicateur entre 975 et 977, elles sontretrouvées dans les monastères de Yuso et de Suso. Leur but est d’expliquer les textes dans leslivres latins.
Lyrique populaire traditionnelle :
En 1948, Samuel Stern décrypte les premiers poèmes en langue romanes péninsulaire.
 
Moaxajas :
fin du 9
e
-début du 10
e
, crées par Moccadam ibn Moafa. Forme péninsulaire de la casida, poèmes en arabe (plus tard imités en hébreu classique). Lesderniers vers étaient toujours écrits en langue romane. On nommera ceux-ci
 Jarcha.
 
 
 Jarcha :
Poèmes romans d’Al-Andalus, chants d’amour, prouvent l’existance delyrique en roman avant l’arrivée des troubadours. Le Jarcha s’apparente aux chansonsde femme. Il y a toujours la présence de la mère de la fille (interlocutrice silencieuse),habibe mot très utilisé, il est normal de nommer les parties du corps, pas de référenceau paysage ; s’il y a c’est seulement une référence au paysage urbain, sensualité dulexique, de nombreux diminutifs, …Dans la première partie, l’homme parle
(Moaxaja)
, la deuxième partie fait référence à lafemme
(Jarcha).
Le « je » poétique masculin de la première partie s’oppose au « je » poétiquede la deuxième partie.
 La Moaxaja
va se propager (dans la Romania => endroits où l’on parle une langue romane)dans une autre forme appelée
 Zéjel.
 
 
 Zéjel 
: Plus narratif que les
Moaxajas
, nombre plus grand de strophees, arabe vulgaireou roman. Composé de «
tres morillas
» => 3 parties :1.
 
Cabeza (la tête)/ Estribillo (le refrain)2.
 
Mudanza (vers à rime unique)3.
 
Verso de vuelta (verbe retour ; retour à la rime du refrain)Georges Martin se demandait: “
Moaxaja
et
 zéjel 
sont-ils une adaptation par les poètes arabeset hébreux d’une forme populaire antérieure, voire extra-péninsulaire ?
!
Il semblerait que la
 jarcha
ait préexisté aux
moaxajas
; elle était ressentie comme unemprunt à un patrimoine traditionnel” [Canavaggio I, 33].
 
2La
 jarcha
est un peu comme une chanson populaire (déjà présence du refrain).Présence de rime assonante et consonante. Rime assonante : même voyelle >< Rimeconsonante : même terminaisonOn va compter les syllabes. La régularité syllabique est importante. Il y a un certain parallélisme et la présence de répétitions => structure d’une chanson
Les troubadours :
Autre genre pratiqué dans le nord de la péninsule au 12
e
siècle. Personne qui invente, trouvel’expression de l’amour, passe une communication politique ou sociale tout en chantant celadans une langue romane. Au cours du 13
e
siècle, il y a près de 50 troubadours provençaux enCastille (professionnels ou amateurs) Le plus souvent, ils sont attachés à la cour d’unsouverain ; particulièrement à la cour d’Alfonso II de Aragon (poète lui-même). Le sujet le plus abordé est l’amour courtois : transposition analogique des rapports féodaux : le seigneur (la femme), le serf (le chevalier). A cette époque, amour signifie grâce, faveur, alliance.A l’opposé, on trouve les Goliardes. Personne ayant parcouru l’Espagne et produit une poésie(goliarde) épicurienne, pas sentimentale mais matérialiste qui a eu peu d’influence sur la péninsule.Les troubadours ont assuré le prestige littéraire des langues vernaculaires face au latin. Les premiers troubadours ayant composé dans leur langue vernaculaire se trouvaient à l’ouest=> lyrique gallaïco-portugaise.Attention : différence entre langue et dialecte : la langue a une armée, elle est donc puissantetandis que le dialecte, lui, n’en a pas.Le mal d’amour va devenir la spécialité des troubadours galliéco-portugais. C’est unevariation du « Je » poétique féminin (toujours une femme) Il y a plusieurs types de chansons(cantigas)Exemple :
Cantigas de mal dizer 
(de raillerie).
Cantigas de amigo
: un homme qui écrit comme une fille. Celles-ci sont « fortement ancréedans un paysage » ><
 Jarcha
 
Lyrique gallaïco-portugaise :
Cancioneros :
Ce sont des manuscrits collectifs de 14
e
-15
e
siècle. Ils proviennent desanciennes poésies des troubadours. On y retrouve le mal d’amour et un « je » féminin.Exemples :
Cancionero de Baena, Cancionero de Estùñiga , Cancionero de Palacio,Cancionero General 
Plusieurs types de chansons. Elles apparaissent entre 1220 et 1230. A la même époque, il y beaucoup de chansons de femmes chez les chansonniers de la cour française (ex : Roman deGuillaume de Dole intitulé Roman de la rose) Chansons animées, entre autre, par des dansesvoluptueuses..
 
3
Juglares :
Ce sont des jongleurs mais ils sont à leur façon des troubadours. Ils jouent des instruments demusique. Ils sont la version populaire des troubadours et jouent pour les vilains (= couchesociale du Moyen-Age). Les vilains ont leur propre littérature :
Villancicos
 
Villancicos :
« Véhiculé à l’origine par les vilains », ils sont conservés chez les chansonniers de la fin du15
e
siècle. Ils comportent deux ou trois vers à métrique variable => tendance au schéma :1.
 
Estribillo2.
 
Copla (glose, strophe)3.
 
Versos de vueltaPlus tard on appellera
villancico
l’ensemble de ces deux ou trois vers et sa glose. C’estégalement un chant choral liturgique que l’on chantait dans les églises à l’occasion decertaines fêtes comme Noël.
Poésie épique : Canción de gesta
La chanson de geste est un poème narrant les faits d’un membre laïque de l’aristocratie,destiné à un public dépassant le cercle des lettrés et (qu’il fut chanté, récité ou lu) objet d’unediffusion principalement orale.Dans tout l’espace romain s’est répandu une nouvelle version de la chanson de Roland. Des jongleurs introduisent la chanson de geste dans les royaumes péninsulaires. Parmi lesWisigoths existaient déjà des chansons historiques.Deux théories concernant l’écriture d’une chanson de geste :1.
 
Théorie individuelle : l’auteur l’a écrite du début à la fin.2.
 
Théorie traditionaliste : c’est une tradition qui a créé la chanson, un processus aaboutit à celle-ci.Les chansons de geste se sont répandues à une époque où il y avait beaucoup de pèlerinages,les pèlerins venaient de toute l’Europe pour visiter l’Espagne. Malgré le caractère populaire,ces œuvres représentent un type hautement développé, d'une technique cohérente et sûre, etnon dépourvu complètement des éléments érudits et de ton courtois. Aujourd’hui, nous ne pouvons trouver que deux chansons et demies de geste en Espagne
Poema de mio Çid, Las mocedades de Rodrigo
et fragment du
Cantar de Roncesvalles)
. Ce serait une preuve de la théorieindividualiste. Il n’existe que 8000 vers face aux millions de français!Quelques exemples des chansons de geste espagnoles :
 Poema de mio Cid 
Rodrigo Díaz de Vivar († 1O99)Première chanson de geste, copie du milieu du XIV du manuscrit signé par Per Abbat en mai
12O7
. On ne sait pas si c’est lui qui a écrit la copie en
12O7
ou s’il a recopié, au 14e siècle,un écrit de
12O7
. Personne ne le sait. Mais on ne le pense pas en être l'auteur.
 

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