L’Actualité Poitou-Charentes – N
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l s’appelle Bodin. C’était vendredi soir à Nancy,les gens sont venus pour la présentation desaison du théâtre, le spectacle est gratuit et il est
Le banquet de la Sainte-Cécile
Le duo
, tableau attribué à Theodor Rombouts (Anvers, 1597-1637),anciennement attribué à Gerrit Honthorst, musée de Poitiers, photo Christian Vignaud.
Ce texte de François Bon a étépublié par
Le Temps
, à Genève.Jean-Pierre Bodin part entournée en Poitou-Charentes àpartir du 15 septembre 2000,avec le soutien de la Région,pour une quinzaine dereprésentations dans desvillages ou petites villesjusqu’au 9 décembre.
Hélène Coulonchante l’amour
Le regard est clair, le verbe rapide etles mots inspirés : bonne nouvelle aupays de la chanson, Hélène Coulontravaille à un nouveau spectacle.Après les superbes
Chansons d’amour excessives
, elle s’attaque denouveau au thème de l’amour, maissous forme de duo. Titre provisoire :
Nous Deux.
Avec Fabrice Barré –entité numéro 2 – au chant et à laclarinette, Philippe Parant à la guitareet un contrebassiste.
Des
Palétuviers
de Pauline Carton à la chanson
Veinte anos,
sortie tout droit du film BuenaVistas Social Club, de Nino Ferrer àOffenbach, il s’agit d’arranger et dedétourner les chansons, de trouverdes textes «partout-partout, dans leslivres, les recueils de poèmes», etsurtout d’en commander «pour fairedeux tiers de créations».Dans ce savant mélange, ajouter unebonne dose d’humour, un soupçon dedélicieuse désillusion, une mesure desuavité, et la recette de l’amour selonHélène Coulon est prête.Larmes, joies, petits bonheurs etgrands malheurs, passion, trahison,partage… le spectacle sera «théâtral».Mais il faut patienter jusqu’à la fin del’année pour apprécier
Nous Deux
etle festival Voix de fait, à Poitiers
.
D’ici là, on peut toujours se repasserle disque des
Chansons d’amour excessives.Béatrice Knoepfler
L’ŒIL DE LA VOISINE
Depuis deux ans, les cinq membres du groupedeux-sévrien L’Œil de la Voisine font de la«chanson française acoustique». Ils ont effectuéune soixantaine de concerts, dans la région etailleurs. Après leur premier opus éponyme, ils ontsorti, en mai dernier,
La java des mortels
, treizetitres où il est question d’amour (plutôtmalheureux), de femmes (peu aimantes), chantéset joués avec justesse et bonne humeur, et où lesinfluences de groupes comme les Têtes Raides ouLa Tordue sont perceptibles sans êtreenvahissantes. Avec leurs instruments «vrais»(piano, guitare, accordéon, saxophone…), leursmusiques composées à cinq et leurs textes écritsà un (Olivier Aucher, très prolifique), cesmusiciens ont conquis un public. Qui peut lesretrouver en juillet pendant leur tournée dans lesDeux-Sèvres.
B. K.
cadre de cet inventaire que recoupe l’harmoniemunicipale de Chauvigny, 86300, si on décrit sonbanquet annuel, disposition de la salle comprise.Evidemment on rit, et beaucoup. Et quand on vientdire à Bodin encore maquillé, à la fin de sonspectacle, qu’on est soi-même de Civray et qu’ona tout reconnu, vingt autres personnes veulent lelui dire aussi, parce qu’ils se souviennent de leurpropre code postal du temps de l’école primaire.D’ailleurs, sur la fin du spectacle, c’est une vraieharmonie municipale qui rentre par le fond de lasalle derrière son chef et voilà qu’on les reconnaîttous : c’est la réalité qui rentre de plain-pied dansl’histoire racontée (et non pas le contraire), parceque c’est la fanfare de la ville où on est.A quoi on se laisse prendre, c’est à la force d’unehistoire quand elle trans-forme en inconnu le mondeau plus près de soi, le pose tel quel comme étonne-ment. Ce que s’assigne comme tâche la littératureaurait donc encore valeur collective ? Parce que cen’était pas vraiment du théâtre, mais juste un hommeassis qui parle, on croit un instant au miracle : dansun livre aussi faire défiler une vraie fanfare, et cinqcents personnes vous suivraient.
François Bon
I
question de l’harmonie municipale de Chauvigny,à l’autre bout du pays.Il vient s’asseoir, et restera assis face à la sallecomble pendant une heure vingt. Moi non plus je neconnaissais pas Bodin. Pourtant il parle de Chauvi-gny, code postal 86300, avant Civray, 86400, etMontmorillon, 86500, et Civray c’est ma ville.Assis à une table surélevée face au premier rang,Bodin raconte la route (nationale 151 depuis Poi-tiers, vers Limoges) pour arriver à Chauvigny, puisla disposition des quartiers hauts et bas, la lon-gueur du pont et le nom des églises. Il y a aussi lenombre des habitants (4600 à Chauvigny, Civrayc’était seulement 3200), et le nom des commer-çants, du boucher, de l’opticien, et à quel numérode la rue principale se trouve l’agence du CréditAgricole.Cinq cents personnes donc, écoutant quelqu’und’assis qui dit comment l’harmonie municipale, enrépétition ou faisant au 11 novembre le tour en cardes monuments aux morts des communes environ-nantes (Bodin quitte alors seulement le strict uni-vers de la parole, mime les instruments, et le coupde grosse caisse jamais au bon endroit pendant laMarseillaise), l’harmonie avec le boucher et sonfils, son chef à gros ventre et petites chaussures etles trois saxophones pas bien rythmés ensemble,sont le miroir non pas de Chauvigny, code postal86300, mais de toute une histoire plus vaste : cemouvement ayant aspiré littéralement, comme sucéavec une paille, les petites villes vers leur préfec-ture, et maintenant ces chefs-lieux de départementeux-mêmes aspirés dans les métropoles de région.Bodin pendant une heure et vingt minutes ne selève jamais de sa chaise, ni ne déborde du strict
A l a i n R e z z o u g N o r d i n e C h a k r i
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