L’Actualité Poitou-Charentes – N
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west side story
Notre histoire est
Michel Brunet
panafricaine
Poitiers (UMR CNRS 6046) et la Missionpaléoanthropologique franco-tchadienne (MFPT).Depuis 1995, il a ouvert un champ de rechercheconsidérable en Afrique de l’Ouest en découvrantAbel,
Austalopithecus barelghazali
, le premieraustralopithèque connu à l’ouest du Rift (lire
L’Ac-tualité
, hors série «sciences de la terre», juin1999). C’est lui qui a organisé, à Poitiers avecson équipe, le colloque du programme CNRS PeHsur les hominidés et leurs environnements.
L’Actualité. – Que représente pour vous ce typede colloque qui réunit des chercheurs de diffé-rentes spécialités sur une thématique trèsouverte et une période très longue?Michel Brunet. –
Sur le plan scientifique étaientréunis à Poitiers des chercheurs dont les spéciali-tés allaient de l’origine des primates aux phéno-mènes d’anthropisation du paysage, c’est-à-direcouvrant toute l’histoire des Primates, l’ordreauquel nous appartenons. Il y avait des Français,des Européens, mais aussi des chercheurs venusd’Asie, d’Amérique du Nord et d’Afrique. Ceciest tout à fait symbolique de la collaboration quis’est établie à travers le monde entre des femmeset des hommes de nationalités et de langues dif-férentes qui ont envie de mettre en commun leursconnaissances pour essayer de mieux compren-dre notre histoire.Ce colloque illustre aussi, par les communicationset les nombreux posters présentés, la vigueur deséquipes de recherche françaises dans ce domaine.D’autre part, nous avons tous été frappés par laprésence de très nombreux jeunes de diverseséquipes, et notamment ceux de l’équipe du pro-fesseur Henry de Lumley. C’est très encourageantpour l’avenir de notre discipline et de l’école fran-çaise qui, historiquement, a toujours joué un rôletrès important.Evidemment, ce colloque a apporté son lot denouvelles découvertes. Je dirais même que c’estd’autant plus un bon colloque qu’il a suscité denouvelles questions auxquelles nous devronsmaintenant nous attacher à répondre.
Ce que vous avez entendu vous conforte-t-ildans votre scénario nommé West Side Storyaprès la découverte d’Abel au Tchad?
Ce qui a été dit n’est pas en contradiction avec lesdécouvertes ouest-africaines. De plus en plus, nousavons la certitude que notre histoire est vraimentpanafricaine. Je vais publier prochainement, avecTim White, de l’université de Berkeley, qui tra-vaille dans la vallée de l’Awash, deux nouvellesespèces de suidés, sorte de petits sangliers.Une des espèces est connue à la fois en Ethiopie etau Tchad, entre 4,5 et 5,5 Ma. Une fois de plus,cette nouvelle forme démontre qu’il y avait deséchanges entre l’est et l’ouest de l’Afrique.Donc, si le Rift formait une barrière naturelleentre l’est et l’ouest, cette barrière devait êtrevraiment très perméable.Au Tchad, nous avons récolté des faunes datantdu Quaternaire jusqu’au Miocène supérieur,mais nos efforts sont plus particulièrement con-centrés sur les niveaux anciens, entre 3 et 7 Ma.Les faunes découvertes récemment dans desniveaux de 6 à 7 Ma n’ont pas encore étéétudiées dans le détail mais nous savons déjàqu’elles ont des points communs avec cellesde l’est et du nord de l’Afrique. Certes, nousobservons des différences mais sur des distan-ces de cet ordre, plus de 2 000 km, ce n’est passurprenant. Je ne vois donc pas d’argumentsscientifiques démontrant que nous avons affaireà des provinces biogéographiques complètementdistinctes.
M
ichel Brunet dirige le laboratoire degéobiologie, biochronologie et paléon-tologie humaine de l’université de
Après la découverte d’Abel au Tchad,de nouveaux sites étayent la West Side Story
Entretien
Jean-Luc Terradillos
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