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munistes et anarchistes s’opposentaux partisans de Franco. Les mem- bres des brigades internationalescroisent sur leur route le flot desEspagnols cherchant à traverser lafrontière française. «Le quatre sep-tembre 1936, un convoi de trois centsoixante et onze réfugiés débarqueà Angoulême», écrit Alain Léger dans les premières pages de sonlivre,
Les Indésirables: l’histoireoubliée des Espagnols en pays cha-rentais
. Alain Léger est né en 1955à Roumazières. Il a publié des arti-cles sur l’histoire contemporaine,notamment «L’affaire Boudarel» et«Splendeurs des de Wendel» dans
 Les Temps Modernes.
Des affres du déracinement auxvicissitudes d’une improbable in-tégration dans la société charen-taise, ces réfugiés connaîtront, pour  beaucoup, le même sort que les juifs et les tziganes. Internés aucamp des Alliés, nombreux sontces «indésirables» qui seront dé- portés à Mauthausen durant la Se-conde Guerre mondiale. CertainsEspagnols rejoignent le maquis etvont grossir les rangs de la Résis-tance charentaise.Couvrant les périodes de l’avant-guerre à l’après-guerre, cette vastefresque historique étudie en pro-fondeur les conditions de cet exil politique et économique. De l’ef-froi sans
 
fin
 
des survivants à la
 fineffroyable
des victimes de la dé-
LE
 portation, ce livre nous mène aucœur d’une histoire méconnue.Cette monumentale saga histori-que procède d’un minutieux tra-vail de recherche. L’auteur publienotamment la liste des 430 dépor-tés partis en gare d’Angoulême etcelle des 123 familles de Ruellequi ont accueilli des réfugiés.L’ouvrage ne se limite pas à com- bler certaines lacunes historiques,il en analyse les raisons sous- jacentes et nous interroge sur unemémoire collective qui hésite sou-vent entre l’ignorance et l’amné-sie délibérée.
Boris Lutanie 
Ed. Le Croît vif, CollectionDocumentaires, 448 p., 175 F.
L’histoire oubliée des Espagnolsen pays charentais
n 1936, la guerre civile déchirel’Espagne. Républicains, com-
Intersections sacrées
res murales et reliquaires, etc.Protéiformes, elles sont le fruitde l’évolution des sensibilitésartistiques et du sentiment reli-gieux, de même que le reflet desheurts du temps.Robert Favreau, vice-président del’association Parvis qui est à l’ori-gine de l’exposition, insiste sur lanécessité de préserver et trans-mettre le patrimoine religieux. Ilajoute que «quelles que soient nosconvictions religieuses, ces ob- jets font partie de notre héritageculturel. De telles manifestationsmettant en évidence les métamor- phoses d’un symbole et de sesreprésentations sur une périodeaussi longue contribuent à édu-quer notre regard.» Quarante-cinq auteurs ont collaboré à l’écriturede ce qui est devenu plus qu’uncatalogue mais bien un livre d’artet d’histoire admirablement servi par l’iconographie. S’y retrouveune présentation rigoureuse descroix du Poitou inscrites dans unesynthèse générale sur l’évolutiondes formes de la croix dans toutela chrétienté.
Anh-Gaëlle Truong 
«La croix en Poitou, des origines ànos jours» au musée Sainte-Croixde Poitiers. Tél. 05 49 41 07 53
Le supplice et la gloire 
, cataloguede l’exposition, Société desAntiquaires de l’Ouest et EditionsSomogy, 240 p., 290 F.
a croix occupe une placetoute particulière dans l’artreligieux du Poitou depuis quesainte Radegonde a obtenu del’empereur de Byzance une reli-que de la Vraie Croix. L’exposi-tion qui se tiendra jusqu’au 15mars au musée Sainte-Croix dePoitiers est consacrée à ce signeque l’histoire a chargé de sens.Devenue symbole d’un événe-ment fondateur de la religionchrétienne, la croix rappelle lamort du Christ et, surtout, sa ré-surrection car «si le Christ n’est pas ressuscité, alors vide est no-tre message». Présentées dansl’ordre chronologique, les croixfleurissent en bronze, en pierre,sur manuscrits et vitraux, peintu-
culture
Reliquaire de la Vraie Croix de Poitiers, abbaye Sainte- Croix, Saint-Benoît.La plaque d’or émaillée date du 
XI 
siècle, les autres parties du reliquaire sont postérieures.Photo: Christian Vignaud – musées de Poitiers.
AU CROÎT VIF
Dans sa collectionDocumentaires, le Croît vifédite le livre de JacquesPerruchon, féru d’histoirerégionale, sur les
Réfugiés espagnols en Charente- Maritime (et Deux-Sèvres) 1936-1945 
(252 p., 150 F).Cet éditeur livre en mêmetemps un grand témoignagesur Royan pendant la SecondeGuerre mondiale, notammentsur le bombardement du 5janvier 1945 qui a détruit laville. Ce sont les cahiers dupasteur Samuel Besançon,retrouvés par sa femme aprèssa mort en 1969 mais restésinédits jusqu’à ce que sesenfants les découvrent trenteans après et décident de lespublier :
Croix sur Royan,cahiers d’un résistant 1940-1945 
(382 p., 160F).
 
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terre, à travers une exposition d’artcontemporain» était le souhait deMonique Stupar, directrice artisti-que et commissaire d’expositionau lycée agricole Xavier-Bernard de Venours. C’est chose faite puis-que ce lycée propose, dans sonenceinte, une exposition d’œuvresd’art de tous les temps et des cinq continents,depuis déjà février 2000: «C’est le seul lycée en Franceoù un espace comme Rur’Artexiste», déclare Monique Stupar.Trente et une œuvres sont réuniesdans une salle peinte en bleu nuit.La plus ancienne date du premier ou du deuxième siècle avant Jésus-Christ, les plus récentes des années90. Les œuvres provenant de mu-sées côtoient les travaux d’artistescontemporains, et le lien est assuré par la sculpture «sans titre» de Gas-ton Chaissac, artiste contemporainquasiment improbable, néanmoins,comme il est toujours bon de révi-ser son histoire, cette date «phare»de l’histoire du Poitou a aujourd’huison «musée»: les éditions BBD, àla demande de la région Poitou-Charentes, ont réalisé la construc-tion d’un site à ciel ouvert consacréà cet épisode polémique de l’his-toire de France. «Site qui ne se veutni mémorial, ni monument à lagloire d’une bataille victorieuse»,selon Laurent Duffourc, le con-cepteur du projet. Pour ses créa-teurs, le lieu est prétexte au réta- blissement de la «vérité», leur butest avant tout instructif: il s’agit demettre le visiteur face aux com- plexités de l’événement et de luimontrer surtout que «732» mérited’être expliqué. Le site, situé àMoussais, à côté de Vouneuil-sur-Vienne, est sobre. Sur une butte,des tables de lecture, où les obscu-rités de cette bataille sont souli-gnées, replacent les faits dans leur contexte. Elles entourent un échi-quier géant sur lequel des citationsd’artistes de tous les temps incitentà une réflexion sur la question de laguerre. Enfin, dominant la plaineoù se serait déroulée la fameuse bataille, une table d’orientation propose le récit du combat, enre-gistré en français, en anglais, ou enarabe. L’affrontement reprend sadimension de fait inscrit dans unesituation et perd toute portée idéo-logique. Pour Laurent Duffourc, lareconstitution doit servir un pro- pos «laïque, démocratique et paci-fique». En effet, le propos est largeet prouve que le site n’est pas uni-quement dédié à la «bataille»:ainsi, les tables de lecture offrentdes leçons d’histoire mêlée de ci-visme, où l’on apprend, entreautres, que les échecs, l’abricot oula calligraphie nous viennent de laculture arabe. Et comme le dit la petite phrase: «Un noyau d’abri-cot voyage mieux que certainesidées»… Pour le panorama, le tra-vail «archéologique» et le souci pédagogique, cette exposition per-manente mérite un détour. Le choixdes chants «carmina burana», com-
N
«
P
LIVREDE BIBLIOTHÈQUE
Un très beau livre, destiné auxenfants, sans doute, mais quidéroge à nos découpagesgénérationnels. Un livre pourtous, avant tout. Textes etillustrations (37 auteurs,libraires et illustrateurs)s’accordent parfaitement pourrestituer la féerie livresque desbibliothèques. Une inscriptionfigure sur la couverture :«Attention ce livre doit êtreprêté gratuitement dans lesbibliothèques». Les initiatricesde ce projet éditorial, SylvieDeborde et Colette Faut,précisent que le Livre deBibliothèque «a été publié ennovembre 2000 au cœur de lapolémique autour du prêtgratuit en bibliothèque».Mention symbolique donc,mais qui revêt, toutefois, uneimportance prégnante. SylvieDeborde et Colette Faut sontbibliothécaires à La Crèche,dans les Deux-Sèvres. Leurassociation, Marque Page,œuvre à la promotion du livreet de la lecture.
B. L.
Editions Thierry Magnier, 45 p., 99 F.
dont l’œuvre de «peinture rustiquemoderne» a franchi les portes desmusées. Œuvres d’artistes incon-nus et propriété du patrimoine cul-turel cohabitent donc dans la seulefin de témoigner de la diversité plastique de la représentation. As-semblages en bois, en terre ou en pierre voisinent un trône fait decapsules de bouteilles,réalisé par l’américain Gregory Warmack :du kitsch au primitif, cette exposi-tion est un panorama, et en faisantle tour de la petite salle bleue à lalumière tamisée, on peut avoir l’im- pression de faire le tour du mondeet des cultures. La musique du«monde», diffusée en quatre en-droits, les bruitages (bruit de pluie,vent…) et l’éclairage, très stellaire,aident à l’imprégnation: une sortede paysage culturel se dessine.Monique Stupar voulait créer un«village planétaire», et, assurément,l’exposition a quelque chose du mi-crocosme et du macrocosme: c’estun peu féerique et ça réveille l’ima-gination.
 A. C.
A visiter jusqu’au 10 février 2001. posés par Carl Orff, pour ouvrir lareconstitution sonore de la bataille,est toutefois dommage. Cette coïn-cidence malheureuse laisse ressor-tir toute l’ambiguïté qui gêne l’ap- proche d’un tel sujet: «732, le site»reste malgré tout support d’unmythe. A chacun d’en tirer ses con-clusions.
Aline Chambras 
732, le siteLes Messagersde la terre
e jamais avoir entendu parler de la «bataille de 732» estromouvoir l’ouverture à lavariété des peuples de la
culture
Xiaogang Zhang,
Z x G1 untitled 
,huile sur toile, 1998.
POUR LA GLOIRE…
Retour à la chanson pourPhilippe Guillemoteau dans sondernier CD où l’on retrouve desmusiciens comme FélixBlanchard, Laurent G, MichelPratt, Didier Fréboeuf, LionelDudognon, Mick Martin,Domenico Stocchi… Disponibleaux Mondes du disque(Poitiers) et chez CR Rama(Niort). Contact: 05 49 06 96 61
 
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DANIEL REYNAUD
«Né le jour anniversaire de labataille de Valmy, l’année duFront populaire à Barbezieux»,Daniel Reynaud repose,depuis le 15 janvier 2001, àSaint-Simon-sur-Charente,dans le petit cimetière entouréde vignes qu’il avait choisi.Ce poète a donné une couleurà son pays, le «bleu charente»(entretien dans
L’Actualité 
n
°
30) et n’a cessé d’approcher,dans ses poèmes, la cadencedu grand fleuve silencieux.Il écrit dans
Profil songeur de la Charente 
:Tu pourraisremplacer mon sangsans avoirà rougir de moiet descendreloindoucementpour ne pas réveillerla mort
dad, le dernier recueil de contes etnouvelles de Jabbar Yassin Hussin
 , Le Lecteur de Bagdad 
, promèneson lecteur au-delà des géogra- phies. Irakien installé à Poitiers,Jabbar Yassin Hussin a vécu l’exil:en 1976, il doit quitter Bagdad, oùil exerce le métier de journaliste,contraint par l’arrivée au pouvoir de Saddam Hussein. Il n’est jamaisretourné dans son pays. Dans cedernier livre, il réunit huit textescourts où le présent français ren-contre les légendes irakiennes. Le passé en filigrane hante les narra-teurs et dessine un monde hallu-ciné qui perd ses frontières tempo-relles et spatiales. Les personnagesvisitent des lieux enchantés et bous-culent l’espace-temps: l’irration-nel y est métaphore. De l’absence,de la question de l’identité, de lalutte contre l’oubli, de la perte et dela mort. Pour que le rêve calme ladouleur du déracinement.Huit histoires pour abolir la dis-tance entre le passé et le présent, levrai et le faux, l’Orient et l’Occi-dent. Huit contes aux allures denouvelles où la réalité s’égare auhasard de rencontres «prophéti-ques». Le ton est poétique et mé-lancolique: les histoires sont desvoyages aux limites du savoir et de
MÉLUSINE EN BULLES
Geste Editions inaugure sonentrée dans la bande dessinéeavec la publication du premiertome de
Mélusine, fée serpente,
intitulé
La Grand’Goule,
àlaquelle Sophie Balland donnecorps et Didier Quella-Guyotverbe. On retrouve avec plaisirune évocation colorée duPoitou médiéval, émaillée declins d’œil et reconstitutions.La façade de Notre-Damearborait encore ses couleursvives. Poitiers s’animaitrégulièrement de processionspour calmer la Grand’Goule,dragon terrifiant qui serégalait des religieuses bienfraîches du couvent Sainte-Croix. L’histoire est uneadaptation libre etdocumentée de la légende dela fée Mélusine liée àRaymondin par un pacte : ellelui offre le pouvoir et larichesse mais il ne doit jamaischercher à la voir le samedi.Ceux qui ne connaissent pasle dénouement attendront lesecond tome à paraître.
A-G T 
Mélusine, le fée serpente 
, t. 1, GesteEditions, 48 p., 69 F.
D
Jabbar Yassin HussinLégendes de l’exil
es bords du Clain aux rivesdu Tigre, de Poitiers à Bag-Début mars, à La Rochelle, le Bal-let Atlantique-Régine Chopinot présente sa nouvelle création,
 Faitsd’artifice
, une chorégraphie con-çue et réalisée par Françoise etDominique Dupuy pour les dan-seurs de la compagnie. Pour cecouple emblématique de la dansemoderne et contemporaine,
 Faitsd’artifice
s’inscrit comme une ex- périence nouvelle, une étape à lafois logique et improbable, dans un parcours professionnel consacré,depuis cinquante ans, à la créationet à la diffusion de la danse.De leur premier maître, l’Allemand Jean Weidt, chez qui ils se sontrencontrés en 1947, Françoise etDominique Dupuy ont perpétué les principes: créer, innover toujours,et porter la danse là où elle ne va pas, élargir son rayonnement àd’autres lieux, d’autres publics.Chorégraphes et interprètes, ils sontégalement, dès les années soixante,les maîtres d’œuvre de plusieurs projets novateurs. Citons le festi-val des Baux-de-Provence, premier festival de danse en France, lesJournées de la danse ou Le Jardinde la danse, première intrusion dela danse dans le festival off à Avi-gnon. Le couple se mobilise égale-ment pour la prise en compte d’une pédagogie active. Ils imaginent lesRencontres internationales dedanse contemporaine et créent leur  propre institut de formation, d’oùsont issus de nombreux danseurs.Depuis vingt-cinq ans, depuis
 Lebal des gueux
et
 Eclats
, Françoiseet Dominique Dupuy n’avaient pas cosigné une chorégraphie.Aujourd’hui, Régine Chopinot lesa réunis autour d’un nouveau chan-tier. Un spectacle sur le simulacre,la mascarade, l’illusion, à l’imagedu jeu de la vie dont nous sommestous les acteurs. «Dans cette aven-ture, le choix de l’artifice n’est pasinnocent, note Dominique Dupuy.A travers ce thème, récurrent dansmon parcours, c’est peut-être diresimplement que la danse elle-mêmeest fabulation, art de l’artifice, quiagit autant par ce qui est caché etnon dit que par ce qui est exposé, etqui fait des mouvements del’homme qui danse des mouve-ments sans lieu, hors du temps,loin de la nature et d’une quelcon-que vérité. Un art en lui-même,non pas coupé de la réalité, mais en proposant une autre, la sienne.»
Mireille Tabare 
Création les 3, 4, 5 et 6 mars à laChapelle Fromentin, La Rochelle.Le 28 mars à La Roche-sur-Yon etle 12 avril à Poitiers.
l’humain, jusqu’à franchir l’hori-zon du possible. Le destin devient protagonisteet le conte philoso- phie: Jabbar Yassin Hussin met enscène la douleur de la mémoire etla vanité de l’écriture. Il semblenous dire que «tout est écrit», maisque l’homme se doit de lutter con-tre l’emprise des fatalités. Et leconte devient nouvelle, ou vice-versa, parce que le texte est uneanecdote qui penche vers le mythe,et que le mythe naît de l’anecdote.Jusqu’à ce que la fusion des genresendorme le sens: l’hermétisme decertains textes peut gêner le lec-teur, mais n’est-ce pas à lui des’approprier le livre, tel le vieillard de la première nouvelle qui déchif-fre les pages blanches des œuvresde sa bibliothèque?
Aline Chambras 
Ballet atlantique :La danse à vif
FLEUBEULEUB:COCKTAIL DE BD
Publiée à Poitiers par La Nuitdu chasseur français, la revueFLBLB – de son vrai nom – sortson 11
e
numéro. Recueil demini-BD, la revue propose sa«fricassée de bandesdessinées» réalisées par dejeunes auteurs. Notonsl’apparition d’une nouvellerubriqueintitulée «coup depouce à un auteur vétéran».C’est Dan Clowes qui ouvre lasérie. Un «dossier» estconsacré à l’histoire de lacensure dans la BD de –42453à nos jours… FLBLB n
°
11, 59 F.
   J .  -   L .   T .
Daniel Reynaud sur la Charente, à Saint-Simon.

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