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L’Actualité Poitou-Charentes – N
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rabées. L’insecte doit son nom à ses mandibuleshypertrophiées rappelant les bois du cerf – inof-fensives, sauf à se faire pincer – et au développe-ment de sa tête. Les «pinces», emplies de pochesd’air, sont aussi légères que résistantes. Le lucaneest l’insecte le plus imposant de la faune entomo-logique européenne : certains mâles atteignant 6 à8,5 centimètres. L’espèce présente un dimorphismesexuel important : les femelles (40 mm environ)ont des mandibules courtes et une tête plus étroiteque le thorax. Leur livrée est noire, mais acajou oubrune chez les mâles. Cette différence entre lessexes explique le caractère encore plus spectacu-laire des rarissimes spécimens gynandromorphes
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.Quel est son cycle de développement ? Les adultesémergent des loges nymphales aux premières gran-des chaleurs (juin-juillet). Les périodes chaudes fai-sant suite à une période de fraîcheur sont probable-ment à l’origine des éclosions massives et locali-sées que l’on peut – ou que l’on a pu – voir.Il faut dire que c’est surtout le mâle qui attire l’at-tention, lorsque, la nuit tombant, il quitte son re-fuge diurne que constituent la cime et le tronc desarbres. Il attire l’attention de l’œil bien sûr, maisaussi de l’ouïe, puisqu’on peut l’entendre voler, d’unvol lourd, pesant, sonore. Ce géant des insectes,médiocre voilier, tourne alors au crépuscule dansl’air chaud, le corps vertical, les élytres relevées pourlaisser sortir ses ailes membraneuses, probablementen quête de femelles. Lorsque d’aventure deux mâ-les se rencontrent sur un tronc, ils peuvent engagerun combat en s’enserrant avec leurs mandibules.Cette étreinte n’est jamais meurtrière : l’enjeu estde faire tomber le rival de l’arbre.La femelle, plus discrète, vole rarement. On ladécouvre sur des souches ou des chemins fores-tiers. Elle peut émettre un petit bruit, induit parla mobilisation de ses segments abdominaux, etdont la signification reste inconnue. Le lucane senourrit de sécrétions végétales (écoulements desève, blessures d’arbres).La femelle pond dans les souches d’arbres mortsou dans le terreau d’arbres sénescents, surtout defeuillus, avec une préférence pour les chênes. Lalarve, en fait un gros «ver blanc», se nourrit dubois mort ou presque plusieurs (quatre à six) an-nées durant, jusqu’à atteindre dix centimètres delongueur pour un poids de 20 à 30 grammes. Lanymphose a lieu en automne et l’émergence endébut de l’été suivant.Le lucane joue un rôle considérable dans la dé-composition du bois en milieu forestier et bocager.On a pu observer plusieurs centaines de larvesdans une seule grosse souche et dans le terreauavoisinant. La taille de l’imago, entendons de l’in-secte «parfait», apte à se reproduire, est liée à laqualité de la nourriture de la larve et aux condi-tions climatiques. De ce fait, tous les lucanes n’at-teignent pas une dimension impressionnante :certains mâles font figure de nains, atteignant àpeine quatre ou cinq centimètres !Le cerf-volant constitue l’une des figures emblé-matiques et populaires du monde des insectes (en
Protéger
le lucane cerf-volant 
Ce gros coléoptère si aisément reconnaissable étaitnaguère des plus communs dans toutes les régions untant soit peu boisées. Les temps changent. Les agressionscontre la nature se succèdent et même la faune desinsectes se raréfie. Le cerf-volant n’échappe pas à cephénomène et il devient désormais plus rare, voireexceptionnel. Portrait de l’empereur de nos insectes
Par
Philippe Azarias
,
Raphaël Gobin
,
Franck Plat
entomologie
1. Le lecteur intéressépourra en trouver unereprésentation àl’adresse suivante :http:// www.entomologi.no/ Insekt-Nytt/1997-1/ gyandromorfEikhjort.htm
L
ucanus cervus
fait partie de l’ordre des co-léoptères et de la famille des lucanidés. Destermes complexes pour un cousin des sca-

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