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Olivier Bleys

Olivier Bleys

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Olivier Bleys dans le jardin de Loti. Entretien avec Olivier Bleys ; Pages 32-33 : Dessins extraits de "Vies de deux chattes", par Michaël Sterckeman.
Olivier Bleys dans le jardin de Loti. Entretien avec Olivier Bleys ; Pages 32-33 : Dessins extraits de "Vies de deux chattes", par Michaël Sterckeman.

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06/14/2009

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s
L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES
s
N
°
53
s
31
aurait valeur testamentaire, vient clore ce regroupe-ment de
Souvenirs et récits intimes
. C’est un récit quis’appelle
Profanation
. Dans le
 Journal
, deux gran-des pages, en date du mercredi 18 mai 1892. Desnoms, des paroles réellement dites, incluant lesquestions du commandant Viaud. Dans le récit, unesuspension du temps:
un beau matin de mai… et une infime distension des paroles. Je lui demande: — Pourquoi mettez-vous ce morceau de bois? — Voyez-vous,commandant…
tel que noté dans leJournal, devient:
 Je lui demande: — Pourquoi, cebout de bois? — Oh! répond-il c’est 
 
Et dans cetteinfime suspension du temps et des paroles, un silencequi permet le monologue intérieur, où l’image peuts’écrire sans support. Dans son pantalon, à celui-là,le fossoyeur trouve un porte-monnaie avec six francs,et des sous, et des boutons, et des aiguilles pour lesrecoudre, dans le
 Journal
, devient simplement, rajou-tant toute une cinétique et un art du cadrage:
Près desa jambe, à la hauteur où la poche de son pantalon pouvait être, le fossoyeur trouve une petite chose noire,qu’il dépose à mes pieds: une bourse de cuir, avecun fermoir en métal… Elle contient des pièces d’ar-gent, des sous espagnols, puis des boutons de ma-rine, avec des aiguilles pour les recoudre.
Récit sim-ple et beau, par le lieu, le cimetière dans les fleurs, etque ce qu’on déterre, c’est quatre jeunes matelots bre-tons noyés, quatre ans auparavant, ceux-mêmes quisont les emblèmes de l’esthétique Loti. L’œuvre af-fronte quand elle le doit la mort, y compris ce quitouche à sa propre mort:
Oh! laisser les corps en paix…
Nous portons, nous tous, les noms de ces ma-rins qu’énumère Viaud-Loti dans son
 Journal
, c’estde notre histoire muette qu’il parle, nous qui sommesde familles qui, il y a cent ans encore, n’éprouvaientpas besoin de nous léguer ce qu’ils étaient, et com-ment ils vivaient. Hommage à Pierre Loti, ici bienplus que dans ses romans (mais par ce jeu pluriel quirend tout aussi bien ses romans nécessaires), de nousles exhumer et nous les produire au présent.
s
BIBLIOGRAPHIE
Pierre Loti,
Romans 
, Omnibus, Presses de la Cité, 1989.Pierre Loti,
Voyages 
, Bouquins, Robert Laffont, édition établie parClaude Martin, 1991.Pierre Loti,
Cette éternelle nostalgie 
, Journal 
, édition établie par BrunoVercier, Alain Quella-Villéger et Guy Dugas, La Table Ronde, 1997.Pierre Loti,
Nouvelles et récits 
, édition établie par Guy Dugas etAlain Quella-Villéger, Omnibus, Presses de la Cité, 2000.Alain Quella-Villéger,
Pierre Loti, le pèlerin de la planète 
,biographie, éditions Aubéron, 1998.
LE CHOIX DE FRANÇOIS BON
C’était nous,
Pierre Bergounioux, Gallimard, 1989 
Vies minuscules,
Pierre Michon, Gallimard, 1984 
Les Eaux étroites,
Julien Gracq, Corti, 1976 
Olivier Bleys, né en 1970, compteparmi les jeunes lecteurs de PierreLoti, un auteur qui ne lui a paslaissé de souvenirs marquants lorsde ses études. Invité pendant troismois à Rochefort par l’Office dulivre en Poitou-Charentes et la ville(novembre 2000 - janvier 2001),Olivier Bleys a redécouvert Loti,l’œuvre, l’homme et la maison.L’auteur du
Prince de la fourchette 
(Arléa, 1995) et de
Pastel 
(Gallimard,2000) a le projet d’écrire un livre surPierre Loti.
Comment avez-vous découvertPierre Loti?
Ma découverte de Pierre Loti ad’abord été scolaire : cet auteurétait inscrit au programme d’uncours de lettres modernes suivi àl’université, sur le thèmepassionnant de la «littérature devoyage». Je ne garde aucunsouvenir du contenu de cettepremière lecture, mais le style m’alaissé une impression un peu pâle,incolore. Il s’agissait d’un des livresde jeunesse de Loti et leur forme, ilest vrai, tranche nettement surl’écriture de la maturité. Bref, je n’aipas été encouragé à poursuivre : jen’ai rien lu de Loti pendant quinzeans. C’est seulement l’annéedernière, à l’occasion d’unerésidence d’auteur à Rochefort, quele goût m’est revenu de l’homme etde l’œuvre. Aujourd’hui, Loti est unfidèle compagnon de veille…
Est-ce autant la vie que l’œuvrequi vous ont attiré chez PierreLoti ?
Certainement, puisqu’elles sontindissociables… Je crois cetécrivain tout à fait dépourvud’imagination. C’est sa vie toute nuequi transparaît dans ses textes. Rienn’a été changé que les noms despersonnes et autres menus détails.Voilà pourquoi les écrits de voyagesont si proches des romans : ilssont issus d’une même source,l’expérience directe. Si les œuvresde Loti nous semblent étrangères,exotiques, cela ne doit rien à lacréativité de l’auteur mais à lasingularité propre des culturesrencontrées A l’éloignementculturel, frappant pour les lecteursde l’époque, s’est substitué depuisl’éloignement temporel. On ne litplus Loti simplement parce qu’ilparle du Japon mais parce qu’il écritsur le Japon du dix-neuvième siècle.
Quelle place tient la maisonde Rochefort dans cetteredécouverte ?
Une place centrale. Rebelle à touteforme de fétichisme, je ne visiteguère les maisons d’écrivains. Maisla maison de Loti est un cas à part.C’est pour moi une projection fidèle,presque morphologique, de l’âme decet auteur. J’ai visité ces sallescomme j’aurais parcouru le cerveaudu maître : les grands salonsouverts aux réceptions mondaines ;le bureau studieux ; la petitechambre étrangement dépouillée,d’une sobriété toute protestante.Toutes les facettes de sapersonnalité s’y reflètent.Mon seul regret est qu’on ne puissepas visiter le jardin, plus importantà mes yeux que le reste dubâtiment. Loti n’a cessé d’écrire surson jardin, véritable univers enréduction. Un effortd’aménagement de cet espaceserait le bienvenu… On pourrait ysemer et y cultiver les mêmesplantes que dans le clos primitif.Elles sont décrites et situéesprécisément au fil des pages.
Olivier Bleysdans le jardin de Loti

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