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L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES
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José Angel Mañasen résidence à Cognac
Cerf, Vautrin, Picouly, Billetdoux,Ndiaye... Quelque 70 auteurs se-ront présents dans la citécognaçaise. Bâtie sur le thème del’amour, la manifestation prometdes conférences-débats, des ren-contres, des séances de dédicaces,et s’intéresse à la nouvelle scènelittéraire allemande.Enfin, le cinéma étranger conquiertune place d’importance avecEurociné. Ce nouveau festival pro-pose désormais, à Cognac et tout aulong de l’année, des films en ver-sion originale. La programmationest confiée aux écrivains. Dès sep-tembre, les choix de José AngelMañas ont mis à l’affiche Berlanga,Trueba, Buñuel, Amenabar...
Astrid Deroost
culture
François Bon nous parle de la mortrécente de son père, concession-naire Citroën à Civray, à l’époquedes mythiques Panhard, DS et autres2CV. Lui, le fils, il fouille ses sou-venirs, laissés dans le garage fami-lial: ce lieu, décrit, brossé, ressassé,était le terrain des jeux de l’enfance.Il est aussi l’image du père.François Bon raconte, avec un res-pect presque sacré, le prestige, lafierté «Citroën»; les heures pas-sées avec les deux frères dans lesvoitures stockées dans la cour; lespremières cigarettes dont le goûtrestera associé pour toujours «àl’odeur précise des intérieurs de
Mécaniques intérieures
véhicules». Il relate le travail dupère, les rites de ce garagiste pourqui «la voiture fait partie de sacoquille corporelle». Il décrit lesmaisons successives, toujours «im-briquées au garage».Il détaille minutieusement l’évolu-tion des voitures, signe du passagedu temps, d’un temps aujourd’huirévolu:«La DS est née le 5 octo-bre 1955, un mois tout juste aprèsmon frère.» Il «obéit à la main»,celle qui, après avoir touché la jouefroide du père mort, se réveille auxvieilles sensations, aux vieilles his-toires, et les libère sur le papier,mécaniquement.
Parce qu’il aouvert «en grand les portails de ceshangars sombres d’autrefois».poraine, je parlerais de deux géné-rations : Semprun, Del Castillopuis, Reverte, Muñoz Molina...»José Angel Mañas, romancier ma-drilène, est arrivé à Cognac mi-septembre, invité par le 14
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Salonde la littérature européenne. Il res-tera trois mois en résidence. Sou-vent qualifié d’Almodovar de laplume, parenté qu’il reconnaît pru-demment pour ses ouvrages les plusbaroques, l’écrivain de 29 ans, his-torien de formation, a déjà publié àsix reprises.Son premier manuscrit,
Historiasdel Kronen
, distingué en 1994 parun grand prix espagnol (Nadal)puis, adapté au grand écran, lui aouvert les portes de l’aventure lit-téraire. Suivront, entre autres,
Mensaka,
également transposé aucinéma et
Je suis un écrivain frus-tré
, premier roman traduit en fran-çais (éd. Métailié). L’histoire meten scène, de façon ironique et fé-roce, un universitaire de renom qui,pour atteindre la gloire, s’appro-prie le
manuscrit d’une élève.Choix heureux, selon l’auteur,
Cuidad rayada
(littéralement «villerayée») sera également disponibleen langue française début 2002. Lehéros est un jeune dealer tchatcheur.«Je fais l’effort de créer un stylepour chaque roman et c’est le nar-rateur qui en décide», confie JoséAngel Mañas qui aime à travaillerle langage vivant et notamment laforme argotique. Céline figure, àce titre, parmi les nombreuxauteurs qui forcent son admira-tion et qui ont pour noms VargasLlosa, Mendoza, Montalban, Va-léry, Stendhal...Le quatorzième Salon de la littéra-ture se déroulera quant à lui du 16au 18 novembre en présence deHermann, Müller, Mertens, Fer-rero, Gröndahl, Roca, Svit maisaussi Bon, Pirotte, Roullet, Besson,
ORCHESTREPOITOU-CHARENTES
Dans un programmeréunissant Roussel, Saint-Saëns et Bizet, l’orchestredonne une création mondialede Maurice Delaistier, sous ladirection de Philippe Bender.A Poitiers le 27 novembre,Aiffres le 29, Châtellerault le30, Saint-Pierre-d’Oléron le 1
er
décembre, Rochefort le 2.
Construit comme une imbrica-tion de petits tableaux, de séquen-ces, le récit, sinueux portraitd’une enfance et d’un père per-dus, a un goût brut et fascinant.François Bon y met en scène lamémoire, celle qui se réveille,compulsive et triste. Sans nostal-gie aucune, il suggère les aléasdu souvenir, la vaine obsessiond’un sens ou d’une explication,et construit le décor mythique deson enfance. «Je dois faire avecl’ombre», note-t-il. C’est commeun témoignage, comme un re-cueil. Celui des fragments de savie, lui, le fils du concessionnaireCitroën...
Aline Chambras
i je devais présenter la lit-térature espagnole contem-
«
SD
ans son dernier récit,
Mécani-que
, aux éditions Verdier,
M a r c D e n e y e r
Salon de la littératureeuropéenne de Cognac.Au palais des congrès laSalamandre, du 16 au 18novembre.www.ville-cognac.frou 05 45 82 88 01Les résidences sontsoutenues par la ville deCognac, le Conseil général etpar la Direction régionale desaffaires culturelles qui délivreune bourse aux écrivains.
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