Sujet :
La conscience de soi implique-t-elle la connaissance de soi ?
La conscience, comme sentiment immédiat de tout ce qui se passe en moi, pour le direcomme Malebranche, suppose la conscience de soi. Or ce sentiment intérieur est déjàconnaissance de soi. Ainsi je sais que je marche quand je marche ; je sais que je pensequand je pense et ainsi de suite
. La conscience vient d’ailleurs du latin
conscientia
ou
cumscientia
qui signifie avec le savoir. Il n’y a pas de conscience de soi sans savoir.
Cela dit, ce savoir est un savoir immédiat. A vrai dire, il est de l’ordr
e du sentiment. Or la
connaissance n’est pas immédiate.
On ne peut pas connaître, par exemple,
les causes d’un
phénomène immédiatement. La conscience de soi nous livre de nous-mêmes uneconnaissance immédiate mais cette connaissance immédiate constitue-t-elle uneauthentique connaissance de soi ? La conscience de soi suffit-elle à me dire qui je suisvraiment ?Nous verrons dans une première partie en quoi la connaissance que nous livre laconscience de soi est une connaissance encore immédiate. Cette connaissance de soi
comme conscience n’est pas suffisante pour qu’on puisse parler de connaissance à
proprement parler.
En fait, le sujet se méconnaît plus qu’il ne se connaît. Il en prendconscience quand il commet un acte qu’il ne parvient pas à s’expliquer. C’est ce que nous
verrons dans une deuxième partie. En outre, la connaissance que le sujet a de lui-même est
une connaissance en perpétuelle devenir. C’est ce que nous montrerons dans une
troisième partie.
I.
La conscience de soi nous livre une co
nnaissance de soi qui demeure à l’étatd’intuition
ou de possibilité :
1.
La conscience de soi suppose un « je » qui dit « je »
→
ce « je » fonde unepremière connaissance
: la certitude que j’ai d’exister, d’être au monde
→
référence
= Descartes dont il
faut reprendre l’expérience du doute
→
cette certitude estintuitive ; elle nous livre donc de nous-mêmes une connaissance immédiate : je
doute donc j’existe ;
2.
La conscience de soi est également le support de toutes mes représentations ; elleest ce « je » qui accompagne toutes mes représentations, nous dit Kant
→
quoique
je pense, c’est moi qui pense
→
la conscience de soi nous donne une identité quidemeure à travers le temps ; le « je
» est irréversible, écrit Kant. L’identité est une
connaissance de soi mais elle est intuitive et vide (je = je)
→
comme le ditDescartes, je sais que je suis mais je ne sais pas qui je suis ;3.
Finalement, la conscience de soi me distingue des autres et du monde
→
la
connaissance qu’elle me livre est une connaissance
négative
→
connaissance de
ce qui n’est pas moi = ce dont je me distingue
→
La conscience de soi suppose cedédoublement de soi par rapport au monde extérieur ; elle suppose la médiation de
l’autre
→
la conscience de soi implique donc bien la connaissance mais elle estconnaissance de soi par négation ;4.
Pour Hegel, la conscience de soi suppose un autre dédoublement : dédoublementde soi par rapport à soi
→
la conscience de soi implique la connaissance de soi ausens où la connaissance de soi offre la possibilité au sujet de revenir sur ses actes,de procéder à son introspection ou de juger de
ses actes. C’est donc la possibilité
de se connaître que la conscience de soi rend possible.
Transition
:
Parce qu’il existe, parce qu’il demeure identique, parce
qu’il se distingue de cequi n’est pas lui, parce qu’il peut revenir sur
lui-même, le sujet a de lui-même un premier
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