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Art et Technique
IntroductionPoint de départ
= étymologie
technique vient du grec TECHNÈ qui signifie SAVOIR-FAIRE ou HABILETÉ ; art vient du latin ARS qui signifie SAVOIR-FAIRE ou HABILETÉ
 
que nous apprend l’étymologie
? TECHNIQUE = ART.Et pourtant
, l’art et la technique sont
-ils vraiment synonymes ?
1.
 
Qu’est
-ce qui les rapproche ?
L’art et la technique témoignent d’un refus du donné naturel
 
: l’homme transforme ce que la
nature lui donne pour produire ou créer des formes nouvelles
: ouvrages ou œuvres d’art sont des
créations, des productions ou des inventions originales
(1)
texte de Hegel
(
p. 45
)
: l’homme nese contente pas d’imiter la nature mais produit quelque chose qui vient de lui
; (2)
texte dePlaton = mythe de Prométhée
(
p. 43
) : art et technique sont une caractéristique fondamentale de
l’humanité
 
; d’ailleurs
on ne connaît aucune société sans art et sans technique. Dans le mythe
de Prométhée, pour compenser la faiblesse naturelle de l’homme, Prométhée offre aux hommes
le FEU à partir duquel vont naître toutes les techniques et tous les arts. Le feu confère aux
hommes cette capacité de création et d’invention jusque
-là réservée aux seuls DIEUX ;
Prométhée sera d’ailleurs puni pour avoir volé aux dieux le feu, attribut divin.
 
2.
 
Qu’est
-ce qui les distingue ?
Point de départ
: texte de
Hannah Arendt
sur la distinction entre PRODUITS DECONSOMMATION et
OBJETS D’USAGE
 
d’une part et ŒUVRES D’ART
 
d’autre part
:
 
ŒUVRES D’ART ÉCHAPPENT
 À
TOUTE LOGIQUE DE CONSOMMATION ;
 
PRÉTENTION DE L’ŒUVRE D’ART
 À
 
L’IMMORTALITÉ.
 
Conclusion
 
: les œuvres d’art sont supérieures à tous les au
tres objets.
Définition de l’œuvre d’art
par H. Arendt :
ŒUVRE D’ART = PRODUCTIONMATÉRIELLE, SYMBOLIQUE, ORIGINALE TÉMOIGNANT D’UN STYLE ET
POUVANT PRÉTENDRE
 À
 
L’IMMORTALITÉ.
 
L’art est né quand il s’est séparé de la technique, quand on a commencé à parler
 
d’artisans etd’artistes
 
: texte d’
Alain
sur la distinction entre ARTISAN et ARTISTE (
p. 46
) :
 
ARTISAN
: «
L’IDÉE RÈGLE ET PRÉCÈDE L’EXÉCUTION
» ;
 
ARTISTE
: «
L’IDÉE LUI VIENT
 À
 
MESURE QU’IL FAIT
».
 
I.
 
Qu’est
-
ce qui fait l’œuvre d’art
?
1.
 
La beauté de l’œuvre
?
u
ne œuvre d’art doit
-elle belle ? Problème = comment définirle beau ?
a.
 
Le beau, une notion relative
La beauté est subjective : des goûts et des couleurs, on ne discute pas ; à chacun ses goûts.
En réalité la beauté n’est pas purement subjective
: notre perception, notre sentiment du beau esten partie conditionné par LA CULTURE. La culture nous renvoie une certaine image du beau.
A la culture s’ajoute également L’ÉPOQUE. Or le beau varie de culture à culture et d’époque à
époque. Autrement dit, au rel
ativisme subjectif s’ajoutent deux nouvelles formes de
relativisme : le relativisme culturel et le relativisme historique : si chaque culture et chaqueépoque semblent définir des « canons » de la beauté, ces « canons » ne sont pas invariables ouuniversels mais bien relatifs.
b.
 
Le beau et l’agréable
 
Pour Kant, L’AGRÉABLE
est fondé sur un «
sentiment personnel et privé
»
 
ce qui m’estagréable ne l’est peut
-
être pas pour quelqu’un d’autre
; ce qui me plaît ne plaît pasnécessairement à autrui. Mais « il en va tout autrement du beau » :
quand on affirme quequelque chose est beau
, on attend des autres qu’ils éprouvent la même satisfaction
; on compte
sur l’adhésion des autres
;
on exige même leur adhésion
 
beau = CE QUI PLAÎTUNIVERSELLEMENT SANS CONCEPT
 
ce qui plaît universellement
= universalité du
beau (si je trouve un paysage beau, j’attends des autres qu’ils éprouvent le même sentiment) +
sans concept
 
= on ne peut pas démontrer à quelqu’un que quelque chose est beau
.
c.
 
Le beau et l’harmonieux
 
La beauté doit être harmonieuse
: la belle représentation d’une chose suppose qu’on respecte
certaines proportions : si un élément est trop gros ou trop petit par rapport à un autre, la
représentation n’est pas belle
 
 
c
omment définir l’harmonie
?
Vitruve, architecte romain,énonce des canons de la beauté fondés sur des proportions mathématiques. Ce sont ces canons
qu’on retrouve dans le dessin de
Léonard de Vinci : HOMME DE VITRUVE représente uncorps parfaitement proportionné.
d.
 
Le beau et l’art contemporain
 
L’art contemporain adopte une démarche transgressive
: harmonie
disharmonie ; symétrie
 dissymétrie ; etc.
 
le beau n’est plus une caractéristique essentielle de l’œuvre
:
ex
=FONTAINE DE DUCHAMP ; BOÎTES D
E MERDE D’ARTISTE DE MANZONI
;SHOW THE WHOLE DE BURDEN ; PERFORMANCE DE GUNTHER BRUS ; ETC.
 
 
Fontaine de Duchamp (1917) :
 
Boîte de merde d’artiste de Manzoni (1961)
:
 
“Show the whole” de Burden (1971)
:
 
Performance de Brus (1968) :
Brus se produit sur scène en juin 1968 à Vienne, se tailladele corps, boit son urine, défèque et se masturbe en public
: voilà qui n’a rien d’esthétique
mais relève plutôt de la provocation morbide.

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