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L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES
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homogène où les œuvres de qualité existent, mais oùla banalité domine. Au tournant des années soixante-dix, en Poitou-Charentes comme ailleurs, les archi-tectes réagissent à ce nouvel ordre dominant; la con-testation prend le nom de «post-moderne». Comme àla fin du
XIX
e
siècle, refusant les effets sclérosants d’unlangage unique, les architectes redécouvrent la libertéde création et l’éclectisme.Mais à l’image de l’éclectisme du
XIX
e
siècle qui de-meurait profondément attaché aux principes de l’aca-démisme qu’il remettait en cause, celui de la fin du
XX
e
siècle s’articule toujours sur les acquis de la mo-dernité, à savoir une architecture de formes pures dé-nuées de tout décor, tendant vers l’immatérialité et latransparence. Revivifiés ou réinterprétés, ces codesformels demeurent ceux de ce nouvel éclectisme con-temporain. Malgré l’absence de grande métropole etle manque d’identité régionale architecturale forte, lePoitou-Charentes participe pleinement à ce mouve-ment international de contestation.
RÉINVESTIR L’HISTOIRE
Il est communément admis que le post-modernismes’est principalement manifesté par une redécouvertede l’histoire. Réinvestir l’histoire ne se traduit pas parla résurgence de styles du passé tels que le
XIX
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siècleen avait connu avec les divers courants «néo». Cemouvement prend des formes multiples, de la vogued’une nouvelle forme de classicisme, dont RicardoBoffil fut à l’échelle nationale l’un des protagonistes,au succès de la réhabilitation, en passant par la redé-couverte de nouvelles échelles urbaines.A Poitiers, Yves-Jean Laval baptise symboliquementla ZAC qui domine la vallée du Clain du nom d’Acro-pole Rivaud (1984-1989). Derrière cette dénominationquelque peu prétentieuse se cache une opération d’amé-nagement concertée dont la formule rompt avec lespratiques de l’urbanisme fonctionnaliste appliqué dansles cités des années cinquante telle la cité du Champ demanœuvre de Louis Simon à Soyaux (1958-1965). Auschématisme de la séparation des fonctions, Laval op-pose la complexité d’une démarche qui prend en comptela mémoire du lieu, son urbanité, la richesse des rap-ports sociaux et la qualité architecturale de l’existant.De cette analyse, il dégage deux objectifs majeurs:premièrement, mélanger et non plus séparer les fonc-tions et les espaces de qualités différentes (logements,commerces, équipements, services); deuxièmement,inscrire le projet dans une double continuité urbaine ethistorique. Ces choix sont ceux que l’on retrouve dansles nombreuses opérations que dirige alors Laval surPoitiers, notamment: la réhabilitation de la rue de laChaîne, la résidence de la Souche, près du boulevardde la Libération, et la rénovation de l’îlot Jean-Macé.L’approche «historique» de Jean-Jacques Morisseau pourle lycée polyvalent de l’image et du son (1987-1990), àMa Campagne près d’Angoulême, est toute autre. Avecun certain détachement qui tient du collage humoristi-que, l’architecte emprunte librement ses formes à l’anti-quité gréco-romaine et égyptienne pour concevoir uneintervention qu’il définit lui-même de
clin d’œil
.La prise en compte de l’histoire passe encore par leregain d’intérêt pour des échelles urbaines tradition-
Gilles Ragotenseignel’architecturecontemporaine àl’Ecoled’architecture etde paysage deBordeaux.Il est l’auteurd’
Architecture du
XX
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siècle en Poitou-Charentes
,éd. Patrimoines &médias –Archivecture,2000. A paraîtreaux éditions duPatrimoine:
L’invention d’une ville. Royan cinquante
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L
contemporain
a période des «trente glorieuses» a vu le triom-phe du mouvement moderne: treize millionsde logements construits dressent un paysage
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