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L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES
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douceur la variation de l’espace. Le visiteur n’est plusseulement spectateur comme dans la plupart des pa-villons de l’exposition. Il est pris comme un acteurvivant, embarqué dès l’entrée dans un voyage sen-suel qui le soulève pour le conduire sans effort àl’étage. L’extérieur du patio est transformé en uneépaisseur lumineuse où l’on se déplace dans un videpresque palpable.
Ci-dessus : l’Ecolesupérieurede communicationsociale à Lisbonne(ph. Luis FerreiraAlves)et Joao LuisCarrilho da Graçaà Poitiers lors de laprésentationpublique de sonprojet à la maisondes architectes(ph. Sébastien Laval).
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THÉÂTRE DE POITIERS :UNE ŒUVRE SENSORIELLE
Avec ce bâtiment, Carrilho de Graça inaugure unenouvelle phase de son travail, marquée par une évi-dente maturité et par la recherche d’un lien nou-veau entre la structure de l’espace et le mouvementdu corps. Il n’en est rien étonnant que cette recher-che ait abouti au projet du théâtre-auditorium dePoitiers. Le travail de Carrilho de Graça est aussiune œuvre sensorielle où les formes se fondent dansune «acoustique plastique» suivant le terme inventépar Le Corbusier. La réalisation de ce projet, quisera le plus important construit par Carrilho deGraça à l’extérieur de son pays, sera aussi une nou-velle étape dans l’ouverture architecturale de la villede Poitiers à la modernité.Le projet de Poitiers est attentif au site par l’écho qu’ildonne aux volumes existants dans le voisinage. Il nedomine pas le lieu dans lequel il s’inscrit, il le su-blime, il lui donne une échelle nouvelle par des volu-mes clairs et lumineux. Cette attitude de retrait parrapport au langage des formes est en elle-même res-pectueuse de l’environnement. Elle est une présenceamicale qui n’écrase pas son contexte, elle fait ce quetout bâtiment public se doit de faire: produire unemonumentalité souriante.
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Carrilho de Graça nous montre avec ses travaux suc-cessifs que l’architecture dans ce type de circonstancene doit pas se disperser, se dissoudre dans le paysage,qu’il soit naturel ou urbain, mais qu’elle peut donnerà la nature ou à la ville une dignité nouvelle.En 1995, Carrilho de Graça se voit confier le pavillonde la connaissance de la mer pour l’Exposition uni-verselle de Lisbonne. La capacité d’invention struc-turelle déjà sensible dans ses premiers bâtiments de-vient la raison même de l’édifice. Il n’est pas conçucomme un pavillon temporaire mais devient un bâti-ment d’expositions permanentes posé en bordure duTage, à proximité du pavillon du Portugal réalisé parAlvaro Siza.Dans ce travail, Carrilho de Graça va mettre en œuvreune vision structurelle d’une force et d’une simpli-cité apparente étonnantes. L’ensemble immense del’édifice semble suspendu à deux points d’appui. Lebâtiment en béton est totalement opaque, recevant salumière de la toiture. Il semble se soulever pour lais-ser entrer le visiteur dans un patio à ciel ouvert. C’estdans cet espace que l’on est saisi par la dynamiquesubtile que Carrilho de Graça met en œuvre à traversle jeu d’une rampe courbée qui tend l’espace inté-rieur comme un arc. La sensation physique, forte etinattendue, que produit l’entrée dans le pavillon desmers est une expérience unique. Le corps ressent avec
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