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L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES
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Dominique DeshoulièresVers la modestie du geste
portraits
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A L’ITALIENNEET À CHÂTELLERAULT
Construit entre 1842 et 1844sur les plans de LouisRenaudet, architecte desbâtiments du Roi, le théâtremunicipal de Châtelleraultest un spectacle à lui seul.Fermé depuis 1974 pour desquestions de sécurité, il futinscrit à l’Inventairesupplémentaire desmonuments historiques deuxannées plus tard. L’originalitéet l’histoire de ce théâtre – quidevrait être bientôt restauré –sont retracées dans lemémoire de maîtrise(Université de Poitiers, 1985)de René-Charles Guilbaud qui,en faisant parler l’architectureet le décor, redécouvre desstrates enfouies de la viechâtelleraudaise.
S é b a s t i e n L a v a l H e r v é T a r t a t i n
ssociés depuis la fin de leursétudes d’architecture, Do-suppose un travail de fond et à longterme avec des sociologues et destravailleurs sociaux. Si l’on rase unimmeuble pour en reconstruire unnouveau sans rien changer dans lavie des individus, le problème resteentier.» Et de regretter que ce dé-bat demeure confidentiel, limité àla presse professionnelle.Cette expérience conduit Domini-que Deshoulières à «relativiser lanotion d’œuvre» et à préférer «lamodestie du geste architectural».«Le jeu des concours d’architec-ture, désormais anonymes, incite àproduire des images choc pour sé-duire immédiatement. Mais l’ex-ception peut se trouver ailleurs,dans la qualité même du bâtimentet non dans l’apparence. D’autantqu’il y a peu de programmes d’ex-ception, avec un jury qui sait voir.Malgré tout, on ne peut se permet-tre de réinventer l’architecturequand on nous octroie un budgetinsuffisant, voire qu’on nous de-mande de construire au rabais, aurisque d’aller vers un gros ratage.Dans ce cas, autant faire simple.»Attentif au contexte urbain, Domi-nique Deshoulières déplore le si-lence du ministère de l’Equipe-ment en ce domaine. Il critiquevertement la politique de labelsstrictement techniques de la Direc-tion centrale du logement, quiajoute toujours davantage de com-plexité. Son importance tient aufait qu’elle distribue des créditsd’Etat aux offices d’HLM. Voilàun service qui pourrait être décen-tralisé. «Il existe suffisamment denormes nationales, souligne l’ar-chitecte, pour réaliser des loge-ments corrects partout en France.»
Jean-Luc Terradillos
minique Deshoulières et HubertJeanneau ont beaucoup construit àPoitiers et en Poitou-Charentes. Ilsadorent les grands programmescomplexes: équipements collec-tifs type théâtre – d’ailleurs le pre-mier est président de la Scène na-tionale de Poitiers –, immeubles delogements, de bureaux, etc., et dèsBanlieue 89, ils ont participé auxopérations de «développement so-cial des quartiers», notamment auxTrois Cités à Poitiers.Depuis quelques années, Domini-que Deshoulières travaille aussidans la banlieue parisienne et savision diffère du discours domi-nant. «Quand on entend parler desbanlieues ou des
quartiers
– sous-entendu
difficiles
– c’est caricatu-ral. C’est un mythe véhiculé enrégion et dans le centre de Paris,par méconnaissance. Dans la ban-lieue parisienne, il y a des éluslocaux comme ailleurs, des entre-prises comme ailleurs – et plus demain-d’œuvre étrangère –, des pe-tits bistrots comme ailleurs…N’oublions pas que dix millions depersonnes vivent en banlieue, plu-tôt bien pour la plupart.»Evidemment, il y a de la réparationet du «tricotage» à faire dans lesquartiers mais la solution ne passepas par le bulldozer, car le pro-blème est très complexe. Donc pasde solution uniforme. «Chaquequartier est différent, dit-il, ce qui
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