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Quand les Palestiniens devinrent palestiniens

Quand les Palestiniens devinrent palestiniens

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La déclaration franco-britannique du 7 novembre 1918 (pas celle de Balfour)
La déclaration franco-britannique du 7 novembre 1918 (pas celle de Balfour)

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06/25/2010

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Mélanie T
ORRENT
,
résumé de Yehoshua Porath,
The Emergence of the Palestinian-ArabNational Movement, 1918-1929,
 Londres, Frank Cass, 1974, chapitre «From “SouthernSyria” to Palestine», par Mélanie Torrent, docteur en études anglaises de l’université Paris-Sorbonne, ParisIV.
Une fois les Britanniques arrivés en Palestine, fin 1917, l’idée panarabeprend son essor. Le territoire est alors placé sous administration militaire sépa-rée du reste de l’Empire ottoman. Jérusalem cesse de dépendre d’Istanbul etdevient centre administratif et juridique. La méfiance à l’égard des mouvementsnationalistes panarabes, particulièrement prononcée chez les élites levantines,fait progressivement place à l’enthousiasme pour l’union entre Palestine etSyrie.Deux faits peuvent initialement expliquer semblable évolution: d’une part,l’arrivée à Damas, au mois d’octobre 1918, de l’émir Faysal, fils du chérif Hussein de La Mecque, et la proclamation, le 3, d’un «gouvernement constitu-tionnel arabe» qui semble réaliser les rêves d’indépendance; d’autre part, lepremier anniversaire de la déclaration Balfour, le 2novembre, à laquelle lamajorité de la population palestinienne est farouchement opposée.La déclaration franco-britannique du 7novembre 1918, qui mentionne lalibération des peuples opprimés et promet à la Syrie comme à l’Irak la possibi-lité de se doter du gouvernement de leur choix, nourrit la thèse de l’union syro-palestinienne. La Palestine n’a pas été mentionnée, mais le document est envoyéaux chefs arabes de Jérusalem, qui s’interrogent alors sur son statut par rapportà la Syrie. Le traité de Londres de 1840 nommait la Palestine septentrionaleindifféremment «Syrie du Sud», et la diplomatie française, avant la PremièreGuerre mondiale, ne distinguait pas entre Syrie et Palestine.
Quand les Palestiniens devinrent palestiniens
Yehoshua Porath Mélanie Torrent 
 
264Yehoshua Porath et Mélanie Torren
Les Palestiniens n’obtiennent pas de véritable clarification, mais l’unionavec la Syrie devient de plus en plus attrayante parce qu’elle offre la doubleperspective de choisir librement son gouvernement et de contrecarrer l’emprise juive sur la Palestine. De fait, la déclaration renforce la crainte du sionisme: sielle s’adressait aux Syriens sans mentionner les Palestiniens, n’était-ce pasparce que l’établissement d’un foyer national juif en Palestine était envisagé?L’union avec la Syrie est donc perçue comme un moyen de prévenir l’applica-tion de la déclaration Balfour. Les agents français, animés par la rivalité avec laGrande-Bretagne, propagent des idées antisionistes et antibritanniques en Pales-tine et promeuvent l’union syro-palestinienne.Deux organisations se mettent en place, en dehors de groupes plus réduits etplus clandestins: ’al-Muntad
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’al-’Adab
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[Club littéraire] et ’al-N
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’al-’Arab
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[Club arabe]. Contrairement aux comités islamo-chrétiens, plus traditionnels,elles sont fondées sur l’idéologie, indépendantes du christianisme et particuliè-rement populaires chez les jeunes éduqués. ’Al-Muntad
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recruteaussi parmi les professeurs ainsi que les officiers de police et de l’armée à laretraite de Jérusalem et de Jaffa; ’al-N
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regroupe des jeunes liés àla famille al-Husseini, des chefs religieux de l’islam et des fonctionnaires chéri-fiens, le premier journal nationaliste arabe de Palestine,
S
riya
al-Jan
biyyah
,étant édité par deux de ses membres. La première est en partie financée par lesFrançais, et violemment antibritannique. La seconde, qui n’a aucun rapport avecla France, affiche au contraire des tendances probritanniques; en partie finan-cée par l’émir Faysal, elle est étroitement liée à un groupe antisioniste du mêmenom, fondé à Damas par des Palestiniens peu après l’instauration du «gouver-nement constitutionnel arabe» de Faysal, qui va devenir le principal mouve-ment nationaliste de Syrie. Mais, au-delà de ce qui les sépare, les deux organi-sations partagent deux objectifs majeurs: l’union de la Palestine et de la Syrie;la résistance à l’établissement d’un foyer national juif en Palestine. Des délé-gués communs se présenteront devant la commission internationale King-Craneenvoyée sur le terrain par la conférence de la paix (juin 1919), et des pétitionscommunes seront rédigées contre le sionisme.En janvier-février 1919, les comités islamo-chrétiens tiennent leur premier congrès. Celui-ci est politiquement représentatif de toute la communauté,certains membres des comités islamo-chrétiens appartenant également à ’al-Muntad
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’al-’Adab
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et à ’al-N
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’al-’Arab
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. L’objectif est de composer la délé-gation qui portera les vœux des Palestiniens à Damas comme à la conférence dela paix à Paris. Les débats portent essentiellement sur l’avenir de la Palestine etle sionisme. Ce dernier est unanimement rejeté, et c’est sur l’union avec la Syrieque les opinions divergent. Il est des participants, notamment à ’al-Muntad
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’al-’Adab
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et à ’al-N
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’al-’Arab
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, qui promeuvent l’union entre la Syrie (du Nord)et la Palestine (Syrie du Sud); ils font remarquer à quel point il serait paradoxal
 
Quand les Palestiniens devinrent palestiniens265
de vouloir séparer Syrie et Palestine justement au moment où les peuples, enEurope, cherchent à se réunir sous l’égide des grandes puissances. D’autrescongressistes, moins nombreux, soutenus par l’administration britannique, plai-dent pour l’autonomie de la Palestine sous tutelle de Londres. Résolutions adop-tées par le congrès: la Palestine fait partie de la Syrie (même si les Palestinienssont peu enclins à se faire représenter par Faysal à Paris); dénonciation et rejetdes desseins français sur le territoire; établissement de relations amicales avecla Grande-Bretagne. Ces résolutions ne font toutefois pas l’unanimité et rencon-trent l’opposition du mouvement «La Palestine aux Palestiniens», soutenu enparticulier par les notables hiérosolymitains qui craignent pour le statut de leur ville au sein de l’union. C’est en définitive la peur de ces derniers d’être de toutefaçon minoritaires qui va contribuer à une certaine unité interne lors du congrès,le comité islamo-chrétien de Jérusalem faisant proclamer en assemblée généralele droit pour les Palestiniens de se donner un gouvernement de son choix et des’associer à la Syrie indépendante.Comme les autorités britanniques interdisent à la délégation palestinienne dese rendre à Paris, les comités islamo-chrétiens autorisent Faysal à représenter lesPalestiniens, tout en précisant que la Palestine devra jouir de l’autonomieinterne à l’intérieur de la Syrie. Or cet acte, bien que hautement symbolique, neva pas fonder de véritables liens entre Palestine et Syrie. Au contraire, nonseulement l’émir ne fait pas mention, à Paris, des revendications palestiniennes,mais il semble appuyer l’idée de foyer national juif. Les Palestiniens se gardentpourtant de condamner ses ambiguïtés à l’égard du sionisme parce que sapersonne et l’union syro-palestinienne incarnent le meilleur espoir de mettre enéchec le sionisme. Certains ont beau afficher de l’amertume quant à l’attitude deFaysal, l’historiographie arabe et palestinienne ne noircira pas son image.C’est essentiellement à travers ’al-N
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et des groupes palesti-niens très actifs à Damas que se nouent les liens entre partisans syriens et pales-tiniens de l’union, le rôle des militants originaires de Naplouse, où les musul-mans sont largement majoritaires, confirmant la place de l’islam dansl’élaboration de l’unité arabe. Nombre de délégués palestiniens sont toutefoisdéçus par la résolution du congrès syrien de juillet 1919 en appelant à la protec-tion américaine et portant préjudice à une indépendance totale. Les Palestinienspoursuivront toutefois leurs activités à Damas, où est créée en mai 1920 l’orga-nisation ’al-Jam‘iyyah ’al-’Arabiyyah ’al-Falast
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niyyahcontre le sionisme etpour la défense des intérêts arabes.L’arrivée en Palestine de la commission internationale d’enquête donne unenouvelle impulsion à la formation du mouvement. Alors que les élites de Jaffamilitent en faveur d’une protection britannique qui préservera leurs intérêtscommerciaux, ’al-Muntad
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fait campagne pour l’union syro-palesti-nienne et l’indépendance complète. Les comités islamo-chrétiens, eux, font

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