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French - La Sharia Et Les Droits de l'Homme, 2009

French - La Sharia Et Les Droits de l'Homme, 2009

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La
 Shari'a
et les droits de l'homme, 2009parSami A. Aldeeb Abu-Sahlieh
1
Dans cette étude, nous examinerons les sources des droits de l'homme en droitmusulman (1), les divergences entre les droits de l'homme en droit musulman et endroit international (2), et les méthodes visant à rapprocher ces deux systèmes dans les pays musulmans (3) et en Occident (4).
1. Sources des droits de l'homme
1.1. Dieu est la source de la loi et des droits de l'homme
De façon caricaturale et sommaire, nous pouvons dire qu'il y a trois manières deconcevoir le droit en général, et les droits de l’homme en particulier:-Les droits de l’homme dictés par un chef d’État, un dictateur, fixant lesdroits et les devoirs de ses sujets qui n’ont d’autre choix que de s’y soumettre,au risque de se faire couper la tête s’ils s’y opposent.-Les droits de lhomme décidés par les humains, exprimant leurssouhaits en fonction de leurs besoins. C’est ce que nous appelons les droits del’homme fromage de Gruyère : on y met moins ou plus de sel selon les goûtsdes gens.-Les droits de l’homme dictés par un être supérieur au-dessus des êtreshumains, transmettant sa volonté par le biais d’un messager doué d’uncharisme auprès des siens et bénéficiant de force pour faire respecter lesnormes qu’il prétend avoir reçu de l’être supérieur. Les droits de l’hommedans ce cas sont considérés comme immuables, et les humains n’ont de pouvoir à les influencer que dans les domaines non couverts par les normesdivines, dans le respect de l’esprit de ces dernières.Cette dernière conception est celle qui prévaut chez les juifs et chez les musulmans.Chez les juifs, l’Ancien Testament affirme :Tout ce que je vous ordonne, vous le garderez et le pratiquerez, sans y ajouter nien retrancher (Deutéronome 13:1).Les choses révélées sont à nous et à nos fils pour toujours, afin que nousmettions en pratique toutes les paroles de cette loi (Deutéronome 29:28).C'est une loi perpétuelle pour vos descendants, où que vous habitiez (Lévitique23:14).Citant ces versets, le rabbin et philosophe Maïmonide (1135-1204) dit: "C'est unenotion clairement explicitée dans la loi que cette dernière reste d'obligation éternelleet dans les siècles des siècles, sans être sujette à subir aucune variation,retranchement, ni complément". Celui qui prétendrait le contraire devrait, selonMaïmonide, être mis à mort par strangulation
2
.
1
Chrétien arabe d'origine palestinienne et de nationalité suisse. Licencié et docteur en droit del'Université de Fribourg. Diplômé en sciences politiques de l'Institut universitaire des hautes étudesinternationales de Genève. Responsable du droit arabe et musulman à l'Institut suisse de droitcomparé à Lausanne. Professeur invité aux Facultés de droit d'Aix-en-Provence et de Palerme. Ilest l'auteur de nombreux ouvrages et articles sur le droit arabe et musulman et le Proche-Orient.Les opinions exprimées ici n'engagent que leur auteur.
2
Moïse Maïmonide:
 Le livre de la connaissance
, trad. V. Nikiprowetzky et A. Zaoui, Quadrige &PUF, Paris 1961, pp. 97-98.
1
 
La conception juive est reprise par les musulmans selon lesquels Dieu est le seul qui peut déterminer ce qui est licite et ce qui est illicite et fixer les droits et les devoirs desêtres humains. Il est la source du droit. Le terme arabe
al-musharri' 
(le législateur) provient de la même racine que le terme
Shari'a
, et indique généralement Dieu. Lesêtres humains doivent se conformer aux prescriptions dictées par le législateur divin.Le Coran dit:Ceux qui ne jugent pas d'après ce que Dieu a fait descendre, ceux-là sont lesmécréants, […] les oppresseurs, [...] les pervers (5:44, 45, 47).Lorsque Dieu et son envoyé ont décidé d'une affaire, il n'appartient pas à uncroyant ou une croyante d'avoir le choix dans leur affaire. Quiconque désobéit àDieu et à son envoyé, s'est égaré d'un égarement manifeste (33:36).La parole des croyants lorsqu'on les appelle vers Dieu et son envoyé, pour quecelui-ci juge parmi eux, [consiste] à dire: "Nous avons écouté et avons obéi".Ceux-là sont ceux qui réussiront (24:51).Un professeur de droit écrit à cet égard:Les savants religieux musulmans reconnaissent unanimement que le Législateur suprême est Dieu. C'est lui qui est la source des prescriptions, qu'elles soienténoncées explicitement dans les textes révélés à ses prophètes et, notamment àMahomet, ou que les savants religieux les en extraient ou les en déduisent par analogie
3
.Une encyclopédie publiée par le
Minisre égyptien de waq
nous fournit une justification de cette conception: les hommes ne peuvent pas se mettre d'accord entreeux sur ce qui est juste et ce qui ne l'est pas. D'où la nécessité d'une interventiondivine pour mettre fin à leurs divergences:Les gens qui raisonnent bien sont unanimes sur le fait que la raison et la sciencehumaine ne peuvent en aucune manière remplacer la guidance des Messages par le biais de ce que Dieu leur a révélé, et ce quelle que soit la connaissancerationnelle des sages et des penseurs. Leur sagesse, leur connaissance et leur science ne sont que des opinions humaines lacunaires et ne sont que desconjectures […] et sont dans tous les cas sujettes à des erreurs et desdivergences, et leurs jugements sont relatifs. Qui peut alors arbitrer en cas dedivergences inhérentes aux opinions issues de l'effort rationnel? C'est là que sematérialise la nécessité de la révélation et de la clarification prophétique pour trancher les conflits et les divergences, comme le dit Dieu: "Nous n'avons faitdescendre sur toi le livre qu'afin que tu leur manifestes ce en quoi ils ont divergé,une direction et une miséricorde pour des gens qui croient" (16:64)
4
.En plus du Coran, les musulmans admettent comme source de la loi, et donc desdroits et des devoirs, la
Sunnah
de Mahomet. Ce terme désigne l'ensemble des dires,des faits et des approbations implicites ou explicites attribués à Mahomet. Parfois, onremplace ce terme par celui de
hadith
, mais celui-ci indique généralement un récitoral. Khallaf écrit à cet égard:Les musulmans reconnaissent, à l'unanimi, que les dires et les actes duProphète ou ceux approuvés par lui, dont l'objectif est d'instaurer une loi ou dedonner l'exemple et dont la transmission est sûre ou fiable, ont force de loi…
3
Khallaf, 'Abd Al-Wahhab:
 Les fondements du droit musulman
, trad. Claude Dabbak, Asma Godinet Mehrezia Labidi Maiza, Édition Al-Qalam, Paris, 1997, p. 145.
4
 Al-mawsu'ah al-qur'aniyyah al-mutakhassisah
, Wazarat al-awqaf, Le Caire, 2003, p. 16.
2
 
Cela veut dire que les prescriptions dégagées de la
Sunnah
ont force de loicomme celles mentionnées dans le Coran
5
.La force législative de la
Sunnah
de Mahomet découle principalement du Coran lui-même qui prescrit l'obéissance tant à Dieu quMahomet: "Quiconque obéit àl'envoyé, obéit à Dieu" (4:80)
6
.Mais contrairement au Coran qui est un texte unique,avec quelques variantes, admis par tous les musulmans, la
Sunnah
est réunie dansdifférents recueils divergents, les chiites ayant leurs propres recueils, et les sunnitesles leurs. À partir de ces deux sources, les juristes musulmans légitiment le recours àd'autres sources comme l'analogie, l'effort rationnel, le consensus et la coutume.Muhammad Mitwalli Al-Sha'rawi, personnalité religieuse et politique égyptienne,explique que la révélation est venue trancher les questions sujettes à divergence,libérant ainsi l'homme de la peine de les résoudre par la discussion ou par desexpériences répétitives épuisantes. Le musulman n'a pas à chercher en dehors del'islam des solutions à ses problèmes, puisque l'islam offre des solutions éternelles et bonnes dans l'absolu
7
. Al-Sha'rawi ajoute: "Si c'était moi le responsable de ce pays oula personne chargée d'appliquer la loi de Dieu, je donnerais un délai d'une année àcelui qui rejette l'islam, lui accordant le droit de dire qu'il n'est plus musulman. Alors je le dispenserais de l'application de la loi islamique en le condamnant à mort en tantqu'apostat"
8
.Cette conception musulmane de l'origine divine de la loi fixant les droits et les devoirsapparaît dans la Déclaration universelle islamique des droits de l'homme promulguéeen 1981
9
.Le premier passage du préambule dispose: "Depuis quatorze siècles, l'islama défini, par Loi divine, les droits de l'homme, dans leur ensemble ainsi que dans leursimplications". Les considérants de ce préambule ajoutent:Forts de notre foi dans le fait que Dieu est le maître souverain de toute chose encette vie immédiate comme en la vie ultime [...]Forts de notre conviction que l'intelligence humaine est incapable d'élaborer lavoie la meilleure en vue d'assurer le service de la vie, sans que Dieu ne la guideet ne lui en assure révélation: Nous, les Musulmans, [...] nous proclamons cette Déclaration, faite au nom del'islam, des droits de l'homme tels qu'on peut les déduire du très noble Coran etde la très pure Tradition prophétique (
Sunnah
).À ce titre, ces droits se présentent comme des droits éternels qui ne sauraientsupporter suppression ou rectification, abrogation ou invalidation. Ce sont desdroits qui ont été définis par le Créateur - à lui la louange! - et aucune créaturehumaine, quelle qu'elle soit, n'a le droit de les invalider ou de s'y attaquer.Le préambule du projet constitutionnel islamique
établi par ce même organismecommence comme suit:L'Islam est la religion de Dieu agréée par lui pour tous les êtres humains. […] Cemessage universel et éternel s'adresse à tous les gens. Il est au-dessus du temps
5
Khallaf: Les fondements,
op. cit.
, p. 55.
6
Voir aussi les versets 3:32; 4:59; 4:65; 33:36; 48:17; 59:7; 53:2-11.
7
Muhammad Mitwalli Al-Sha'rawi:
Qadaya islamiyyah
, Dar al-shuruq, Beyrouth & Le Caire, 1977, pp. 35-39.
8
 Ibid 
., pp. 28-29.
9
Texte dans Aldeeb Abu-Sahlieh, Sami A.:
 Projets de constitutions et droits de l'hommeislamiques
, Éditions de Paris, Paris, 2008, p. 233-260.
10
Texte dans Aldeeb Abu-Sahlieh: Projets de constitutions et droits de l'homme islamiques,
op.cit.
, p. 111-133.
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