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Cohen créent, avec le Ballet Atlan-tique-Régine Chopinot, un specta-cle chorégraphique sans précédentintitulé
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. Originaires d’Afrique du Sud,Elu et Steve Cohen récusent touteappartenance restrictive et exclu-sive au monde de la danse contem-poraine. Leurs créations relèventde la performance, des arts plasti-ques, de la danse et du happening.Leur collaboration avec RégineChopinot et les danseurs du BalletAtlantique impliquait un dépasse-ment mutuel. A la fluidité du bal-let, Elu et Steven préfèrent la li-berté coercitive de corps handica-pés par des costumes astreignantsou des postures incongrues.«Corseter les corps, les compri-mer, rassembler des fragmentsd’animaux empaillés, des acces-soires contraignants, des costu-mes-objets», cela ouvre contra-dictoirement un champ novateur.Le concept scénographique pré-sente «des corps prothèses pourdes êtres composites». Toute ladifficulté tient ici à «porter le poidsde la mort, supporter le vivant».C’est dans cette dialectique con-sistant à «restreindre et redéfinirle mouvement, gêner et entraverla danse» qu’ils postulent de nou-velles potentialités chorégraphi-ques. Leur univers référentiel dé-roge volontiers aux bienséancesde la danse contemporaine.Le fétichisme, les cérémonieschamaniques, la danse Butoh, lapornographie et l’animalité arra-chent la danse hors ses frontièrespour la confronter à la dangerositémortifère et délirante de la vie. Aleurs yeux, il importe avant tout de«questionner le vocabulaire choré-graphique classique, le tordre». Auxantipodes de tout «normativisme»sclérosant, leur démarche tend à«explorer les ambivalences de l’af-freux et du sublime, du sacré et duprofane, de la douceur et de lamaintenant. En 2002… A peinequelques monuments et plaquescommémoratives, dont ceux deDescartes, Fleuré, Jardres, Brionet de rares autres, viennent-ils nousrappeler qu’elle a partagé la Franceet le département de la Vienne endeux zones – d’ailleurs très inéga-les! Comme le relève l’auteur danssa conclusion, «la majorité desFrançais, y compris ceux qui ontconnu cette période et vécu surcette frontière, imagine mal, quandon traverse ces lieux redevenus ano-nymes, que de 1940 à 1943, pen-dant plus de 900 jours, une fron-tière coupait la France en deux».Jacques Farisy, qui avait 16 ans en1940, longtemps médecin et maireà Usson-du-Poitou, se défendd’avoir fait œuvre de spécialiste,ou une étude exhaustive de cette«frontière» dans son ouvrage. «Jene suis qu’un témoin visuel de cettetranche d’histoire.» Il a suivi laligne de village en village, re-cueillant les témoignages sur letracé et sur ceux qui ont osé lafranchir, les passeurs. Un travailpatient de sauvegarde de la mé-moire vivante car «quand la géné-ration de ceux qui avaient 15 ansou plus en 1940 aura disparu, dis-paraîtront avec elle les souvenirsde cette ligne de démarcation, deson tracé, des passeurs, des fran-chissements clandestins».Sauvegarde de la mémoire et hom-mage rendu à ceux «qui ont su laforcer», ces héros anonymes, letravail de l’auteur rappelle aussiles nombreuses conséquences desa mise en place, y compris sur leplan psychologique. Il établit eneffet un parallèle entre le trauma-tisme allemand né de l’occupationde la Rhénanie jusqu’en 1932 –avec le Rhin comme ligne de dé-marcation – et celui subi par lesFrançais. Une revanche des nazis?Avec le débarquement anglo-amé-ricain en Afrique du Nord du débutnovembre 1942, la distinction en-tre zone «libre» sous la seule auto-rité vichyssoise et zone occupéedisparaît: la Werhmacht franchitla ligne et Hitler peut alors rassurerle maréchal Pétain: lui et son gou-vernement pourront circuler «dé-sormais librement sans aucune en-trave dans toute la France».La ligne a vécu. Et son souvenir?
Pierre d’Ovidio 
Geste éditions, 190 p., 19
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(Pierre d’Ovidio a publié en2002
Pertes et profits 
, roman,chez Phébus.)
   M  a  r  c   D  e  n  e  y  e  r
CRÉATIONSD’ARS NOVA
Jusqu’en mai 2003, quatrecréations sont au programmede l’ensemble instrumentalinstallé à Poitiers:
Léonce et Léna 
de Georg Büchner, avecle Théâtre des Agités sur unemusique de François Rossé (àPoitiers du 3 au 7 février,Cognac le 11, Thouars le 13,Saintes le 13 mars).Pièces pour clarinettiste deSylvain Kassap et RichardDubelski, pendant le festivalCourt toujours (à Poitiers les14 et 15 février).
Sarnavo 
de Sylvain Kassap –suivi de
Laborintus II 
deLuciano Berio (à Poitiers le 4mars).
Dimotika 
d’AlexandrosMarkéas – suivi de
Folk Songs 
de Berio (à Poitiers le 20 mai,Niort le 21, Angoulême le 27,Saintes le 5 juin).arsnova-ensemble.com
ELU ET STEVE COHEN
Libre contrainte
La ligne de démarcation
cruauté. Affronter les paradoxes.Surmonter la contrainte du poidsdes corps morts. Etre en quête d’unlangage brutal, gauche et élégant.Porter la danse dans ses excès.»
Boris Lutanie 
Du 6 au 8 février, à la chapelleFromentin (La Rochelle), créationde
I would’nt be seen dead in that 
d’Elu et Steven Cohen, et de
Wall dancin’ Wall fuckin’ 
d’Alain Buffard.Ballet atlantique-Régine Chopinot :05 46 41 17 75
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lle s’est faite très discrète denos jours. Presque oubliée,n résidence depuis juin 2002 àLa Rochelle, Elu et Steve
 
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LES GÉOGRAPHES
Corps du discourset discours du corps
Gourdot et Julie Dossavi) consti-tue un bien singulier duo dedanseurs-chorégraphes. Conçucomme un «défilé de danse», leurpremier spectacle
 La Version
(1995) joue sur de multiples re-gistres: rap, danse africaine et con-temporaine. Suivi en 1996 de
Go
.Ce solo, marqué par la présencede la vidéo, dissout aussi les cloi-sonnements génériques en téles-copant reggae, ragga, house,techno et dub. Explorateurs du sonet du corps, leurs spectacles s’ins-crivent dans un «processus ouvert»dans lequel les mouvements et lesformes ne sont pas assujettis à unetechnique ou à une étiquettestylistique préétablie. Spiralekaléidoscopique,
Go
s’exporteraaisément : Angleterre, Allemagne,Cameroun, Angola, Portugal.Parallèlement, les Géographes fontdes «performances déambulatoi-res» dans des lieux décontextualisésdu monde de la danse, participentégalement à des défilés de mode,clips, expositions d’art contempo-rain, visuels d’Arte… Plus récem-ment, ils ont créé le trio I-Systa,centré sur l’énergie féminine, res-tituant un «état de conscience quiémerge sans idéologie ni dis-cours». Avec les Géographes, lediscours du corps se substitue tou- jours au corps du discours.Gérard Gourdot et Julie Dossavidirigent aussi des stages en Franceet à l’étranger. Le travail en rési-dence d’artiste s’écarte résolumentde toute didactique unilatéralepour développer une véritable«créativité de réseau» sans diluerl’individu dans une «pseudo-iden-tité collective.»A Poitiers depuis cinq ans, ils cher-chent à créer «un moment de rési-dence qui aboutirait à un événe-ment réunissant des artistes lo-caux, régionaux et nationaux, is-sus des trois grands courants hiphop, reggae et musiques électro-niques, autour de la danse». Pourl’heure, les Géographes mettentla touche finale au spectacle solo
Five
: «Jeu de la profusion, magiede la transformation,
Five
est unefête du mouvement. Nous cher-chons une fluidité de sens et dessens entre la danse, la musique,l’image et la lumière.»
Boris Lutanie 
Contact: 06 16 90 20 61
EN LIBRAIRIE
Le Ciel passant 
, de Jean-François Mathé, poèmes éditéspar Rougerie (102 p., 14
e
).
Histoires de jour, contes de nuit 
, de Jabbar Yassin Hussin,à l’Atelier du Gué (116 p., 15
e
).
Le Livre des Mois 
, de BernardRuhaud, avec des peintures deGérard Monnier, aux éditionsRumeurs des âges.
Un rêve en Lotharingie 
, deJean-Claude Pirotte, NationalGeographic (8,90
e
).
L’Atelier contemporain 
, n
°
5(540 p., 19
e
), revue littérairedirigée par François-MarieDeyrolle qui réunit plus detrente auteurs, de Pierre Autin-Grenier à Claude Louis-Combetou Jean-Luc Parant (21, rue deBlossac, 86000 Poitiers).
Le Paresseux 
, n
°
24 (8 p., 3
e
),avec des textes de CatherineTernaux, Eric Bachelier, Jean-Paul Chabrier, DominiqueHérody… (33, rue Louis-Desbrandes, 16000 Angoulême).
PATRIMOINESET MÉDIAS
Cet éditeur installé à Prahecq,dans les Deux-Sèvres, publiedeux gros livres de baladesaériennes sur
la Vienne 
et
la Charente 
. Les 320 pages dechaque volume (45
e
)comptent environ 250 photosde Michel Bernard. Des imagesen grand format qui révèlentnotamment la structure desvilles et des villages. Lestextes sont de Michel Grangersur la Vienne et de MaryliseOrtiz sur la Charente.Un autre ouvrage réunit 55plasticiens:
WebArt, du réel au virtuel 
(260 p., 45
e
). En fait,ces artistes ne travaillent passur le Net mais sont fédérés ausein de l’association WebArtqui gère un site internet.
en 1999 (rééd. L’Esprit frappeur,2000), ce jeune poitevin est consi-déré comme un spécialiste fran-çais de ce mouvement et des mu-siques qui en sont issues. Les en-tretiens réalisés avec les protago-nistes du mouvement (notammentpour la presse nationale) et uneabondante bibliographie ont nourricet abécédaire qui fourmille deportraits, de faits éclairants et decitations. Il a choisi Africa pour lapremière lettre, puis Babylone, jusqu’à Zion, en passant par le Gde Marcus Garvey, le M de BobMarley ou le N de Nyabinghi, «labranche la plus ancienne et la plustraditionnelle du mouvement». 
J.-L. T.
Tél. 06 63 05 12 99chat_noir@caramail.com
   T  u  n   d  e   S   h  o   d  e  r  u
Jah Rastafari
Abécédaire du mouvement Rasta
mouvement Rastafari achoppentsystématiquement sur la mêmeaporie. Ras Boanerges tranchedans le vif: “Vous ne pouvez pasétudier Rastafari. Vous pouvezseulement vivre Rastafari.” Ras-tafari se soustrait volontiers à vo-tre irrépressible besoin de classi-fication conceptuelle. Le présentouvrage n’échappe pas au constatqu’il énonce.»En ces quelques lignes, Boris Lutaniemontre l’ampleur de la tâche, dont ils’acquitte savamment dans son nou-veau livre:
 Jah Rastafari. Abécé-daire du mouvement Rasta
(Le Chatnoir éditeur, 86 p., 12
e
).Après la publication de son
 Intro-duction au mouvement Rastafari
outes les tentatives de sai-sie définitionnelle du
F
«
T
ondée en 1992, la compagnie
 Les Géographes
(Gérard

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