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L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES
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d’Antonin Artaud, de vives polémiquesont suivi la parution du numéro consacré àcet écrivain par
La Tour de Feu
, «revueinternationaliste de création poétique» édi-tée à Jarnac. Cible principale: le docteurGaston Ferdière, le médecin qui soignaArtaud à l’hôpital psychiatrique de Rodezentre 1943 et 1946, celui qui lui administrades électrochocs. Pour la première fois, cemédecin expliquait dans une revue com-ment il n’a pas «guéri» Artaud, mais com-ment il l’a «rendu à la création artistique etpoétique»: «Oui, j’ai le droit d’affirmer entoute sérénité et sans fausse modestie:sans moi Artaud serait mort dans la stéri-lité et le marasme; sans moi les fameuses
Lettres de Rodez
et le
Van Gogh
n’auraient jamais vu le jour.» Et d’accuser aussi:«J’affirme qu’Artaud a été rendu véritabletoxicomane par ses amis de la dernièreheure, ses néo-amis parmi lesquels lesvéritables toxicomanes étaient légions. Ilsont hâté sa fin par de hautes doses delaudanum.» Les “amis” ne tardèrent pas àréagir, violemment. D’autant que la revueproduisait d’autres témoignages, notam-ment ceux de l’abbé Julien, du docteurLatrémolière («J’ai parlé de Dieu avecAntonin Artaud»), de Marie-AngeMalausséna, sœur du poète, d’André Bre-ton, ainsi que des lettres et textes inédits,des dessins et photos, etc.Faisant fi des attaques,
La Tour de Feu
étoffa son dossier et publia deux autresPenot-Lacassagne. Ce document impor-tant pour l’histoire est aussi révélateur desmœurs littéraires de l’époque. Lire pourcela les textes et notes de Pierre Boujut où ilpasse en revue la prose des «mépriseurs».Imaginez, une petite revue charentaise –donc physiquement et intellectuellementprovinciale – a osé s’emparer d’un auteuraussi grand! Bavardage! Confusion! EtPierre Boujut de répondre à ses détracteurs:«Rétablir la vérité n’est pas incompatibleavec l’exercice de la poésie. Nous n’avonspas manqué de respect envers Antonin Ar-taud en essayant de le débarrasser des légen-des, des tabous, des envoûtements et deserreurs dont il a été chargé, dont il s’est lui-même parfois chargé. Nous l’avons montrésous toutes ses faces, au feu de ses contra-dictions mortelles, afin que personne nepuisse plus
l’utiliser
et que la paix règneautour de son nom.Nous avons levé un grand interdit. […]Personne ne l’avait fait aussi radicale-ment avant nous. […] Il est donc normalque nous ayons été jugés, jaugés, pesés,toisés et même injuriés! Mais nous avonsatteint notre but qui fut simplement d’hon-nêteté et d’amitié.»D’autre part,
La Tour de Feu
démontre quela distance “provinciale” permet non seule-ment d’échapper aux coteries parisiennes –Pierre Boujut les qualifie de «jeux malpro-pres»– mais aussi de voir juste et de tra-vailler avec un très haut niveau d’exigenceet de qualité. Ce que confirme DanielBriolet aujourd’hui: «Force est de consta-ter qu’une sorte de “hasard objectif” post-surréaliste a conduit la revue à jouer unrôle prémonitoire dans l’histoire des inter-prétations du mythe Artaud.»
J.-L. T.
La Tour de Feu
: «Artaud sans légende»,réédition du cahier 136 (déc. 1977) par LesAmis de Pierre Boujut et de La Tour de Feu(11, rue Laporte-Bisquit, 16200 Jarnac)avec le concours du CNRS, 280 p., 20
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monde.» Du livre gonflé de 101«pages d’air» émane une lucide etparfois grave sérénité. Dans
Le ciel passant
, son douzième ouvragepublié aux éditions Rougerie, PrixKowalski de la ville de Lyon en2003, Jean-François Mathé cernece que peut bien être une vie depoésie: «Mes pas ont choisi uneligne droite / comme un fil à rasterre / pour funambule débutant / mais cela suffit à l’aventure / légè-reté risquée / corset d’équilibre.»Une ligne droite qui laisse éprou-ver au fil des lignes, en prose ou envers, le constant «frôlement dumonde» et la fragilité de l’hommeet du poète tant dans l’espace qu’ilhabite que dans celui qu’il crée.«Marcheurs, danseurs / avaleursde sabres de souffle / nous avan-çons pour ouvrir / le temps terriblequi nous tient.»Un temps croisé à d’autres destins,d’autres fils de soie, celui de«l’idiote qu’il fallut marier à plus
QUANTA
A Niort, l’associationPour l’instant présente auMoulin du roc, jusqu’au 25avril, les photographies deQuanta, groupe de recherchede Liège (Roland Castro,Frédéric Karikese, EricMathy, Vicky Roux), ainsi queles photographies deJean-Luc Renard etJean-Christophe Roudot.www.pourlinstant.com
JEAN-FRANCOIS MATHÉ
Le ciel passant
idiot qu’elle», ceux dans les gre-niers d’été des petites filles quinaissaient de leurs rires, et ceuxdes vingt-sept amis poètes qui tra-versent les cinq chapitres : Drano,Rougerie, Bonnet, Dubrunquez,Caradec, Martin, Heurtebise,Valin, Lades, Rousselot, etc.Chargé d’ombre et de clarté, devent, d’azur, de giboulées, le Cielpassant de Jean-François Mathé nese laisse à aucun moment figer. Ilest regard vivant. Respirant.
D. T.
Artaudsans légende
numéros Artaud, en 1971 (n
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112) et en1977 (n
°
136). C’est ce dernier, le pluscomplet et introuvable comme les autres,que l’association des Amis de PierreBoujut et de La Tour de Feu ont faitréimprimer (par Plein Chant, à Bassac),avec le concours du CNRS (Centre derecherches sur le Surréalisme), en y ajou-tant un cahier comprenant trois articles deprésentation et d’actualisation de DanielBriolet (universitaire, président de l’as-sociation), Claire Paulhan et Olivier
Ci-contre :Dessin d’AntoninArtaud publié encul de lampe par
La Tour de Feu
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n décembre 1959, soit onze ans aprèsla mort dans des conditions sordides
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nstants, nous ne sommes pasplus posés que vous dans le
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