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 je visitais des châteaux forts, et mon grand-père m’emmenait voir le souterrain re-fuge près de Beauvais-sur-Matha.» SergeAdrover vit toujours dans la région de sonenfance, en Charente-Maritime. Il a ins-tallé son atelier d’arbalétrier – en fait, leterme d’époque est
arbalétrieur 
, précise-t-il – à Bazauges, à quelques kilomètres.Un métier revenu du fonds des âges, qu’ilest le seul en France à exercer. Tout estparti d’un jeu d’adolescents. Un jour,Serge Adrover fabrique une arbalète, unpeu au hasard, avec un copain. Le résul-tat, trois centimètres de bois transpercés àplus de trente mètres, l’impressionne.Alors il se documente, lit l’encyclopédie
Larbalétrier de Bazauges
ParJean RoquecaveJean RoquecaveJean RoquecaveJean RoquecaveJean Roquecave PhotosAbdelkrim KalloucheAbdelkrim KalloucheAbdelkrim KalloucheAbdelkrim KalloucheAbdelkrim Kallouche
artisans d’artartisans d’artartisans d’artartisans d’artartisans d’art
médiévale de Viollet-le-Duc, visite lesmusées français et allemands, les collec-tions privées, et se lance dans la fabrica-tion de répliques exactes des arbalètes duMoyen Age.Aujourd’hui, il offre une gamme de septmodèles, qui suivent l’évolution de l’arme,du
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au
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siècle, arbalètes de guerre etde chasse, dont l’arc se tend à la main pourles plus anciennes, puis avec un cric, unpied de biche ou un moufle (système demanivelles) pour les plus récentes et lesplus puissantes. La pièce de bois, l’arbrier,est en pin, une petite entorse à la fidélitéhistorique pour gagner en légèreté, parrapport au chêne ou au hêtre utilisés àl’époque. Serge Adrover forge lui-mêmeles pièces métalliques : la détente, le mé-canisme d’armement, les moufles, l’étrier,qui sert à maintenir l’arme avec le piedpendant la tension de l’arc, et les pointesdes carreaux. Il utilise pour cela un four detype gaulois en argile, qu’il a reconstitué.La confection de l’arc, en acier, soumis àdes contraintes très fortes, est en revancheconfiée à une entreprise spécialisée. «Jelimite la puissance de mes arbalètes à 100livres, environ 50 kilos. C’est la forcenécessaire à la tension de l’arc. Mais àl’époque, on atteignait 350 livres. Celadonnait une portée de 350 mètres en tir
«
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epuis que je suis tout petit, j’ai lapassion du Moyen Age. Très tôt,
CRAZANNES, LOGIS ALCHIMIQUE
Considéré comme le «château du Chat botté»,Crazannes est le premier manifeste de la Renaissanceen Saintonge. Le sens de la façade sculptée restait unmystère. Dans leur livre, Nicolas Faucherre,responsable de l’équipe de castellologie du CESCM,et Antoine Pellerin, chercheur passionné par laculture alchimique, décodent le message ésotériqueinscrit dans la pierre, celui d’une «métaphysiqueexpérimentale».Ed. Le Croît vif, 224 p., 143 ill., 15
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tendu et une vitesse du carreau, pour lesarbalètes du
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siècle, de l’ordre de 600 à700 km/h. A 30 mètres, un carreau pénètrede 30 cm dans un bloc de bois, et unearmure est perforée à 50 mètres.»L’arbalétrier de Bazauges fabrique plu-sieurs types de carreaux, copiés sur lesmodèles anciens ou sur les pointes qu’il atrouvées lui-même lors de fouilles. Letranchoir était utilisé pour couper les cor-dages ou les jarrets des chevaux, le matrasassommait chevaux et cavaliers ou gibier àfourrure, et le pointeau, très lourd, trans-perçait les armures. Le vireton, avec sapointe barbelée et son empennage qui luiimprimait un mouvement de rotation, étaitparticulièrement redoutable. C’est un car-reau de ce type qui a blessé mortellementRichard Cœur de Lion, le 25 mars 1199,devant le château de Chalus. «Le tireur,Pierre Basile, utilisait probablement l’ar-balète que j’appelle
gueule de diable
, enraison de sa forme, en service dans lesarmées françaises au
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siècle. Il a tiré duhaut du rempart et le carreau a atteint le roià la base du cou. Ce dernier, se jugeantfaiblement touché, est allé se coucher,mais malgré tous les efforts des médecins,il fut impossible de retirer le carreau de lablessure. Richard I
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est mort des suites del’infection une dizaine de jours plus tard.»
 
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Vieweger. Installés à Etables, près deNeuville-de-Poitou, Thomas et AudeVieweger, responsables de la sociétéGroux, sont restaurateurs d’objets d’art,spécialisés dans la sculpture et les en-sembles architecturaux. Formés enFrance et en Allemagne dans des ate-liers agréés par les Monuments histori-ques, ils ont en quelque sorte «une fa-çon jeune» d’aborder leur métier. Con-trairement à une pratique plus ancienneoù les artisans remplaçaient la partieoriginelle altérée dans un souci d’es-thétisme et de lisibilité, Thomas et AudeVieweger appliquent la déontologie quileur a été enseignée dont le respect del’origine et la réversibilité sont les deuxgrands principes. «Toute restauration
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ParIsabelle HingandIsabelle HingandIsabelle HingandIsabelle HingandIsabelle Hingand PhotosSébastien LavalSébastien LavalSébastien LavalSébastien LavalSébastien Laval
PÔLE RÉGIONALDES MÉTIERS D’ART
Plus de mille artisans d’art sontinstallés en Poitou-Charentes, dansune vingtaine de filières. Le Pôlerégional des métiers d’art leurapporte conseils et soutiens, publieun annuaire et développe desactions de sensibilisation auxmétiers d’art auprès du public etdes jeunes.poleregional@metiers-dart.com11, quai de Cronstadt – 79000 Niort05 49 17 10 55
doit pouvoir être retirée.» Leur objectif est la conservation de l’objet historique.Dans chaque cas, ces restaurateurs déter-minent les causes d’altération pour en-suite améliorer la lisibilité grâce à destechniques parfois novatrices ou des outilsinitialement destinés à d’autres métiers.Thomas Vieweger et son équipe ontainsi utilisé le laser pour nettoyer lesconcrétions noires des trois portails oc-cidentaux de la cathédrale de Poitiers.Dans le cadre de la restauration de lafaçade de l’église Notre-Dame-la-Grande, les pierres ont fait l’objet dedessalage. Cette technique vise à retirerles sels sans modifier la structure cris-talline de la pierre ni perdre de matièred’origine en appliquant des cataplas-mes à base de produits minéraux ou enréalisant des bains.De son côté, Aude Vieweger restaureactuellement une pietà du
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siècle del’église d’Ansac
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sur-Vienne, repeinteà plusieurs reprises. Dans un premiertemps, elle sonde toutes les parties de lasculpture pour déterminer la couleurd’origine. Une observation grâce à uneloupe binoculaire, utilisée normalementen chirurgie, grossissant de 96 à 200fois, permet ensuite de préciser l’étatde conservation. «Notre métier a dessimilitudes avec celui de médecin. Ilfaut du doigté mais aussi de la ré-flexion.» Après étude, un essai de déga-gement mécanique au scapel ou chimi-que au solvant sera réalisé afin de défi-nir la meilleure méthode pour mettre à jour la polychromie d’origine. La res-tauration de couleur se fera aussi dis-crète que possible avec un liant diffé-rent afin que «cette retouche illusion-niste» puisse, si nécessaire, être retirée.
«
ORéversibilitéet respect de l’origine
n ne produit rien, on ne crée pas,on conserve», explique Thomas
La pietà del’église Sainte-Radegonde dePoitiers(
XVII
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siècle).

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