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30 Oct 09 CANABADY Reunion - De la côte Malabar à Mon

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06/27/2010

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De la côte Malabar à Mon-CapriceCLICANOO.COM | Publié le 1er janvier 2005Une dizaine d’années après l’abolition de l’esclavage, un certainSaminadin Moutien Ganapathy quitte la côte Malabar pour rejoindre le domaine de Gabriel Le Coat de Kerveguen à Mon-Caprice et honorer son contrat d’engagement de cinq ans. Unsiècle et demi plus tard, son arrière-petit-fils Gilbert CanabadyMoutien a réussi à la sueur de son front à devenir propriétairedu domaine sur lequel il a versé la sienne.
Le 25 octobre 1857 (à moins que ce ne fût quelques mois avant ouquelques mois après, - faute de passeur de mémoire), après uneinterminable traversée de l’océan Indien suivie d’une dizaine de joursde quarantaine en rade de Saint-Denis, le “Canova” (sinon la“Marguerite”, peut-être le “Sanassy” ou pourquoi pas le “Palladium” ?,personne n’est plus là pour s’en souvenir) accoste au pont-débarcadère de la Grande-Chaloupe (ou à celui de la ravine àJacques). Le navire débarque près de 400 Indiens, qui sont montés àbord dans le port du comptoir français de Pondichéry (ou à Yanaon,Karikal, Mahé ou Madras, ou encore Bombay, eux-mêmes ne lesavaient pas pour n’y avoir jamais été), rassemblés par desrecruteurs d’une de ces agences d’immigration indienne dans lesvillages les plus reculés de la côte de Malabar ou de Coromandel.Quelques-uns de leurs frères ont péri au cours de la traversée, sanssavoir qu’ils ont eu de la chance par rapport aux survivants. Parmiceux-ci, Saminadin Moutien Ganapathy (francisé en Canabady). Est-il célibataire ? Une épouse l’accompagne-t-elle, engagée comme lui ?Selon certaines sources, il épousera bien plus tard à la mairie deSaint-Pierre une cultivatrice de Mon-Caprice, Sinama Candapin,arrivée elle vers 1855. Quel âge a-t-il ? Le sait-il lui-même ? Peuimporte. Il a la force de la jeunesse, et, l’aventure le tente : lerecruteur ne lui a-t-il pas fait croire que le pays où il l’emmèneregorge d’or ? En réalité, en cette année 1857 où la canne grimpe àl’assaut des terres encore en friches, il vient louer ses bras. Toutcomme 1 448 autres engagés introduits dans l’île cette année-là. Soncontrat de cinq ans renouvelable (qu’il ne sait pas lire, étant illettré)indique qu’il est affecté à la propriété de M. le comte Gabriel Le Coat
 
de Kerveguen à Mon-Caprice. La famille (ou plutôt la dynastie)Kerveguen possède le plus immense domaine foncier que la Réunionait jamais connu. À l’apogée de sa puissance, elle est propriétaire depratiquement toutes les terres qui s’étendent dans le Sud entre 150m et 800 m d’altitude, soit près de 12% de la surface totale de l’île.L’engagement des Indiens suscite un véritable engouement. Desmaisons de commerce se chargent des recrutements, mais laissentles modalités pratiques à des intermédiaires (surnommés “duffadars”par les Indiens et “kidnappers” par les Anglais). En effet, cesrecruteurs usent de méthodes plutôt douteuses, n’hésitant pas àtromper les candidats sur leurs futures conditions de travail et derémunération et recourent parfois même à de vrais enlèvements ou àdes engagements forcés. Le contrat de travail signé en Inde estaussitôt revendu aux colons engagistes. Le “coolie” engagé àCalcutta est acheminé à Maurice ou à Bourbon sur un entrepont debateau et dans des conditions de transport identiques à celles desesclaves, les fers en moins.
Traités comme des esclaves
Confiant, Saminadin est loin de sedouter de la nouvelle vie qui l’attend. Il a laissé dans son village sesvieux parents, une flopée de frères et de sœurs plus petits et apromis de leur envoyer cet argent qu’il compte économiser et qu’ilsattendent déjà pour continuer de survivre. Beaucoup de sesconnaissances ont avant lui fait le même voyage. Certainsappartenaient à son village natal. Que sont-ils devenus ? Il espère lesretrouver dans cette île qu’on dit minuscule par comparaison avec levaste subcontinent d’où ils viennent. Quel est la situation dans l’île encette année 1857 ? Depuis le 20 décembre 1848, Sarda-Garriga aproclamé la libération de tous les esclaves de l’île (qui sont alors aunombre de 62 151, pour 40 433 Blancs et affranchis). Mais cetteabolition ne met pas fin à l’indignité faite aux hommes, puisque lamain d’œuvre servile que réclame l’activité sucrière en pleindéveloppement en cette fin du XIXe siècle sera remplacée par celledes engagés. Près de 110 000 recrutés dans les comptoirs françaisde l’Inde anglaise puis les ports britanniques de la côte Sud dusubcontinent feront le voyage dans les cales de navires jusqu’à notre île redevenue française - grâce à la courtoisie de l’Angleterre - depuisle traité de Vienne en 1815, après avoir été une “Crown colony”,entre l’arrêté du 3 juillet 1829 y réglementant l’introduction desIndiens et le 19 décembre 1882 quand l’Angleterre dénoncera les
 
conventions signées avec la France le 25 juillet 1860 et les 1er juillet1861 relatives à l’immigration indienne en direction de la Réunion,parce que les engagistes bafouaient allègrement la réglementation.Selon l’historien Yves Pérotin, c’est à la Réunion que le “coolie trade”a débuté vraiment. Dès 1828, M. d’Arifat, un créole de l’île Maurice,chargé de la construction du pont de la rivière des Roches, fait venir de Pondichéry des travailleurs indiens. Bénéficiant de la doublenationalité indienne et britannique, ceux-ci étaient libres, recevaientun salaire, mais étaient traités comme des esclaves, subissantviolences et privations de toutes sortes. En fait, les origines indiennesdes Réunionnais remontent à trois siècles et demi, au tout début dupeuplement de notre île, puisqu’en 1663 des colons blancs prennentpour femmes légitimes des Indo-Portugaises (qui n’ont de Portugaisque la nationalité du pays colonisateur des comptoirs de l’Inde) deGoa. À cette première vague d’émigration indienne succèdera celledes esclaves (près de 10 000 entre 1674 et 1830) ramenés des Indessur des navires négriers une dizaine d’années plus tard, quand - bienavant le code noir - le gouverneur Jacob de la Haye interdira lemariage entre Blancs et Noirs... Saminadin n’est bien entendu passeul à rejoindre la propriété de “M. Le Coat de Kerveguen” (commeon l’appelle) à Mon-Caprice, où quelque 300 ouvriers sont affectésaux travaux des champs. Ils y cultivent essentiellement la canne, quiest traitée à l’usine des Casernes, autre propriété des Kerveguen.Leur habitat a changé par rapport à celui de leurs frères de misère dela première époque. Perçus comme des étrangers culturels, ils sontdésormais rassemblés dans un camp composé de cabanonscollectifs. Ils travaillent entre onze et treize heures par jour, moinsenviron deux heures pour les repas, reçoivent la nourritureréglementaire et sont convenablement vêtus, bénéficient de soinsmédicaux et leurs salaires sont payés régulièrement. La qualité deleur travail est jugée plutôt bonne en général, même si cette classed’ouvriers agricoles est durement exploitée, pour un salaire demisère, et que leur condition reste très proche de celle des anciensesclaves.
Engagés pour cinq ans
La gestion des ressources humaines de“M. Le Coat de Kerveguen”, n’en déplaise à ceux qui colportent sur lui la même légende noire que sur Mme Desbassayns, n’est nimeilleure ni pire que celle des autres sucriers. Quel était exactementle contrat d’engagement du jeune Saminadin ? Aucune trace écrite

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