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– 2007.
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Il aura fallu bien longtemps à la critique pour admettre que les deux premiers albums deDuran Duran (l’éponyme de 81 et surtout « Rio » l’année d’après) furent des jalonsimportants, sinon nécessaires, décomplexés et hédonistes, de l’histoire de la pop de l’after-punk. D’ailleurs, ce n’est pas vraiment un hasard si nombre de groupes en ‘The’ néo-post-punk apparus en ce début de siècle tels que The Strokes, The Killers, Franz Ferdinand, TheBravery ou encore Scissor Sisters, aient tous plus ou moins reconnus l’influence fatale deDuran Duran. Après 27 ans de carrière non-stop en forme de yo-yo mortifère, Duran Duran,toujours là, parvient même à nous asséner avec son nouvel album studio (le douzième) LEmanifeste (dark) art-disco puissant et fécond du vingt-et-unième siècle qu’on n’espérait déjàplus. Retour sur quelques détails qui ont précédés ce nouveau disque.« Astronaut » en 2004 scellait la re-formation du groupe en quintette originel presque 20 ansaprès leur première séparation (1985). Un peu faiblard en bouche et dans sa longueur, maistaillé avec plutôt pas mal de bonheur dans le roc de l’électronique rock de l’esprit du temps,« Astronaut » permit aux cinq Wild Boys rescapés de se refaire une jeunesse sonique enalignant 5 Wembley-Arena à guichets fermés d’affilés et un beau #3 dans les charts UK
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. Unalbum un peu raté d’accord, avec une prod. aussi surchargée que luxuriante d’accord, maisd’où émergeait quand même une poignée de grandes et belles chansons d’electro-rock glamour, dansante et (new) robotique à souhait
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avec, de plus, un song-writing remarquablequand il en est de spécifier cet art si délicat de la pop song qui est leur marque de fabriqueultime, un mix glam-disco-pop qui fait (bien) illusion sur (bien) la moitié du disque.Donc sur bien des points « Astronaut » marquait le retour en forme (et en force) des Fab Fivepost-punk. Sur bien des points mais pas sur l’essentiel. Qu’avait à dire encore un grouperescapé de ces (forcément) terrifiantes (pour le rockologue bien pensant) années quatre-vingt ? Que pouvait encore dire un groupe qui, avec un désir aussi novateur de mixer les SexPistols et Chic (adage post-punk par excellence) a réussit avec son deuxième album (el grande« Rio ») à imposer un son, une image, une formule glamour et pop marquant si profondémentces fameuses eighties, qu’il en est devenu, d’une certaine manière et à son corps défendant,l’étendard bâtard et puant qu’il faut à tout prix congédier ? Il fallait soit se renouveler à 200%, soit disparaître corps et âmes. Une compilation sur leurs années de formation sorti fin 2006a pu nous permettre de répondre à cette dernière question et, pour le groupe, avec en ligne demire ce nouveau disque, de clore radicalement la boucle. Soit presque trente année d’agitationpop, avec un grand ‘P’.« Only After Dark » (EMI), est une compilation sur les groupes précurseurs du post-punk (de1976 à 1979), sélections choisies par John Taylor et Nick Rodes (respectivement bassiste et
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L’album connut une carrière tout à fait honorable en se vendant à près de trois millions d’exemplaires dans lemonde.
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« Nice », ou « Point of No Return », sans compter le gay-disco friendly en punk name-dropping « Astronaut »,la très Chic Rn’B « Bedroom Toys », les tourneboulantes mélodies vocales funky-soul de « Taste TheSummer » ou, encore, le cauchemardesque « Virus » (bonus track de l’édition japonaise).
 
clavier de DD). On y retrouve Brian Eno, Bryan Ferry
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, The Normal, Ultravox, David Bowie,Kraftwerk, John Foxx, Wire, Tubeway Army, Human League, Donna Summer et GiorgioMoroder, etc. Soit une très grande partie du post-punk post-disco et post-glam, électronique etfroid, avant-gardiste et atmosphérique, européen en somme de l’époque. Soit presque tout dela musique qui a pu influencer le jeune groupe en 78 – date de sa formation. Pour John etNick il était important de revenir aux sources, de remonter aux sources, de montrer, aprèstoutes ces années où ils furent (et sont peut-être encore) au purgatoire des poubelles del’histoire de la pop, les sons, les attitudes, les influences qui les ont fait naître pas vraimentpar hasard. De la musique électronique allemande (du Krautrock au DisKo), aux disquesfortement imprégnés de l’électronique façonné pop des album de Brian Eno, David Bowie,Grace Jones ou d’Iggy Pop, en passant par les premiers synth-pop boys anglais (The Normal,Human League, Tubeway Army, Ultravox – pour ne citer que l’avant-garde art-pop del’époque), tous ont comptés dans la genèse de ce groupe de trente an d’age qui comme un bonvin se bonifie avec le temps. Le dernier album en date, « Red Carpet Massacre », est là pourle démontrer radicalement, montrant effrontément un groupe au sommet de son art et de saform(ul)e musicale, dans une sorte de réactivation d’un post-punk-electronique qui se posecomme un retour au début des eighties (hello Kraftwerk !) & en même temps qu’on n’a jamais jugé aussi en phase avec l’époque actuelle (sons, textes, images), comme si le groupen’en était qu’à « Rio » et qu’il voulait faire justement la suite, une sorte de trouée dans lecontinuum espace-temps du rock 1982-2007, c’est à dire définitivement LE manifestefrondeur des années 2000.« Red Carpet Massacre » est sorti depuis presque 3 mois maintenant et les réactions sontquitte ou double, pas d’entre deux, pas de tergiversations, on adore ou on chie dessus. Ce qui,dans la presse musicale française (qui n’est pas forcément inconnu pour ses a-priori), a été,pour l’instant, la réaction la plus unanimement partagée (Sauf à
 Magic
, excellente critique
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età
 Rock Mag
). Pourtant ce disque est génial, captivant, intense et il m’invite à me poser unequestion de fond : et si Duran Duran était le groupe post-moderne par excellence ? Celui qui,le mieux, a su intégrer et digérer les influences les plus diverses ( les plus contradictoires
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?)et les imposer dans un disque d’une modernité stupéfiante (et là pas seulement pour laprésence derrière la console de Mister Timbaland et de son bras droit Danjahands
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– Mais il afallu le song-writing d’un des groupes les meilleurs dans ce genre de job pour rendre encoreplus puissants ce disque – Tout le monde V.I.P. de la pop R’n’B mainstream s’acoquine avecMosley (Madonna, Bjork, M Pokora – cherchez l’intrus), et les grands disques qui en sortirontseront le fait de grands song-writers ou pas. Et de ce point de vue là DD a mis plutôt lepaquet.
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Chanteur de Roxy Music – le groupe, avec Blondie, qui a sans doute le plus influencé l’esthétique pomo deDD.
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 Magic
, on les savait déjà fan, n’avaient-ils pas chroniqué en 2003, et de fort belle manière en plus,l’imposant coffret des premiers singles de DD en commençant par cette phrase, bien envoyée (je cite demémoire) : Duran duran a toujours été un groupe très sous-estimé.
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RNB et post-punk / rock et disco / pop à guitare et électronique / dansant et arty / etc..
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On a beaucoup glosé ici et là sur la présence de Timbaland et de son staff sur l’album des Duran. Pour certainsc’était de l’opportunisme pur. Ils ne voyaient pas du tout que les DD ont toujours travaillé avec des producteursde musique urbaines et ce dès 86 avec « Notorious ». Je considère d’ailleurs Timbaland comme le Nile Rodgersd’aujourd’hui.
 
Jamais dans l’histoire de Duran duran, le constat commercial de la vente d’un album n’a été siaffligeant et désastreux pour le groupe (même la sombre période 97-2001 des Lp’s« Meddazzaland » et « Pop Trash » semble avoir été une partie de plaisir en comparaison),annonçant malheureusement une fin de carrière pitoyable pour ce grand groupe pop qui n’enfinit toujours pas de nous surprendre. Tellement affligeant d’ailleurs que le label, Epic, n’estmême pas sûr de vouloir sortir un second single pour promouvoir un album qu’il considèredéjà comme de la pure perte (perte de temps, perte financière, etc.). Et le label n’est mêmeplus sûr non plus de lancer un grand clip featuring Timbaland pour « Nite Runner » ou « SkinDivers » (les deux singles monstres de cet album qui en contient pas mal d’autres), alorsqu’une partie de la promo a justement été faite sur la présence de Timbaland derrière laconsole. Mais au moment où j’écris ces lignes (26 février), l’album n’est définitivement plusen orbite géostationnaire. Un second single plus de 3 mois après le premier, c’est ce qu’onappelle du suicide commercial.Et pourtant avec ce douzième album, le bien nommé
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les Durann’ont jamais été aussi fort, aussi prenant, aussi touchant en un mot aussi furieusementmoderne, et n’ont jamais été aussi près de saisir le fameux zeitgeist ambiant de la popélectronique du vingt-et-unième siècle.En novembre 2007, le groupe a choisi de sortir « Falling Down » comme premier simple del’album à venir. Curieux choix en effet de sortir comme single d’ouverture : un mid-tempo,certes duranien au possible, certes co-produit par Justin Timberlake, un fan hardcore dugroupe, se targuant même de rappeler aux auditeurs qui étaient les véritables créateurs de« Ordinary World » ou de « Come Undone », tubes sacrées des défuntes et illustres nineties.D’ailleurs « Falling Down » sonne plus comme une copie moderne et, il faut le dire, un peuraté d’un de ces glorieux tubes
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. Et qui, de plus, n’arrête pas de diviser et les fans et de filerune mauvaise & terrible vibe à l’album (et ça n’a pas raté). Mauvaise pioche donc, ce qui nepermit hélas pas à l’album de faire une entrée fracassante dans les top albums mondiaux (àpart ce bastion duranien qu’est l’Italie – et oui bizarre bizarre). Et pourtant sur le disque, il yen a en pagaille des tubes. Des putains de tubes dance-pop ou pas, des putains de tubes dark-funk ou pas, des putains de tubes dark-disco ou pas, art-disco, disco-pop ou pas, art-pop oupas, electro-pop ou pas, electro-glam ou pas. Des tubes à go-go, cinq au moins sur les 13 titresdu disques
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, qui présentent le très fort intérêt de mettre tout le monde d’accord sur le dance-floor. Citons le cousin parfait du « Notorious » de 86 (ou du titre de dance industrielle : « AllShe Wants is » en 88), le disco-funky moite à souhait qui fera suer sur les pistes noires dudancehall « Nite Runner », ou bien celui qu’on pourrait nommer comme le-meilleur-morceau-de-Timbaland-à-ce-jour, l’electro-cold-RnB « Skin Divers » dont la ligne de basse n’est passans nous rappeler les basslines de Simon Gallup sur « Pornography » de Cure en 82 ; sansoublier l’electro-dark « Zoom In » (toujours avec Timbaland) sonnant comme un mix deSuicide et de Timberlake ; l’electro-punk « Red Carpet Massacre » qui rappellerait TheNormal partouzant avec Pansonic (avec au couplet cette phrase si lucide et en même temps siterrifiante sur notre époque :
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PPLY YOUR LIPSTISCK BEFORE DYING IN PUBLIC 
) ; ou le furiosoart-disco « Tempted » (qui fait passer le dernier Britney Spears pour du disco de grand papa).
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Personne n’a véritablement noté à quel point ce titre était révélateur d’un état d’esprit chez le groupe pour lemoins frondeur et guerrier. En tout cas d’un esprit tout à fait réformateur (c’est le moins que l’on puise dire). Sile Massacre du Tapis Rouge ne fait pas table rase (musicalement) du passé de DD, ce titre n’en est pas moinsmanifeste du virage risqué et anti-duranien au possible que le groupe souhaite prendre.
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Tout le monde aurait sans doute préféré comme premier single le fabuleux dark-funk « Nite Runner », sansironie LE « Notorious » de 2007 – Et je crois bien que ce non-choix fut la conséquence première et absolue(voire la plus fâcheuse) du crash de l’album.
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13 titres, c’est pour la sortie japonaise. Mais même ce treizième titre : « Cry Baby Cry » est une bombe Funk-R’n’B d’un niveau incomparable, surtout avec le refrain, sensuel et moite en diable. Un des rares morceaux où iln’y a presque pas (que) de machines.

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