clavier de DD). On y retrouve Brian Eno, Bryan Ferry
3
, The Normal, Ultravox, David Bowie,Kraftwerk, John Foxx, Wire, Tubeway Army, Human League, Donna Summer et GiorgioMoroder, etc. Soit une très grande partie du post-punk post-disco et post-glam, électronique etfroid, avant-gardiste et atmosphérique, européen en somme de l’époque. Soit presque tout dela musique qui a pu influencer le jeune groupe en 78 – date de sa formation. Pour John etNick il était important de revenir aux sources, de remonter aux sources, de montrer, aprèstoutes ces années où ils furent (et sont peut-être encore) au purgatoire des poubelles del’histoire de la pop, les sons, les attitudes, les influences qui les ont fait naître pas vraimentpar hasard. De la musique électronique allemande (du Krautrock au DisKo), aux disquesfortement imprégnés de l’électronique façonné pop des album de Brian Eno, David Bowie,Grace Jones ou d’Iggy Pop, en passant par les premiers synth-pop boys anglais (The Normal,Human League, Tubeway Army, Ultravox – pour ne citer que l’avant-garde art-pop del’époque), tous ont comptés dans la genèse de ce groupe de trente an d’age qui comme un bonvin se bonifie avec le temps. Le dernier album en date, « Red Carpet Massacre », est là pourle démontrer radicalement, montrant effrontément un groupe au sommet de son art et de saform(ul)e musicale, dans une sorte de réactivation d’un post-punk-electronique qui se posecomme un retour au début des eighties (hello Kraftwerk !) & en même temps qu’on n’a jamais jugé aussi en phase avec l’époque actuelle (sons, textes, images), comme si le groupen’en était qu’à « Rio » et qu’il voulait faire justement la suite, une sorte de trouée dans lecontinuum espace-temps du rock 1982-2007, c’est à dire définitivement LE manifestefrondeur des années 2000.« Red Carpet Massacre » est sorti depuis presque 3 mois maintenant et les réactions sontquitte ou double, pas d’entre deux, pas de tergiversations, on adore ou on chie dessus. Ce qui,dans la presse musicale française (qui n’est pas forcément inconnu pour ses a-priori), a été,pour l’instant, la réaction la plus unanimement partagée (Sauf à
Magic
, excellente critique
4
età
Rock Mag
). Pourtant ce disque est génial, captivant, intense et il m’invite à me poser unequestion de fond : et si Duran Duran était le groupe post-moderne par excellence ? Celui qui,le mieux, a su intégrer et digérer les influences les plus diverses ( les plus contradictoires
5
?)et les imposer dans un disque d’une modernité stupéfiante (et là pas seulement pour laprésence derrière la console de Mister Timbaland et de son bras droit Danjahands
6
– Mais il afallu le song-writing d’un des groupes les meilleurs dans ce genre de job pour rendre encoreplus puissants ce disque – Tout le monde V.I.P. de la pop R’n’B mainstream s’acoquine avecMosley (Madonna, Bjork, M Pokora – cherchez l’intrus), et les grands disques qui en sortirontseront le fait de grands song-writers ou pas. Et de ce point de vue là DD a mis plutôt lepaquet.
2
3
Chanteur de Roxy Music – le groupe, avec Blondie, qui a sans doute le plus influencé l’esthétique pomo deDD.
4
A
Magic
, on les savait déjà fan, n’avaient-ils pas chroniqué en 2003, et de fort belle manière en plus,l’imposant coffret des premiers singles de DD en commençant par cette phrase, bien envoyée (je cite demémoire) : Duran duran a toujours été un groupe très sous-estimé.
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RNB et post-punk / rock et disco / pop à guitare et électronique / dansant et arty / etc..
6
On a beaucoup glosé ici et là sur la présence de Timbaland et de son staff sur l’album des Duran. Pour certainsc’était de l’opportunisme pur. Ils ne voyaient pas du tout que les DD ont toujours travaillé avec des producteursde musique urbaines et ce dès 86 avec « Notorious ». Je considère d’ailleurs Timbaland comme le Nile Rodgersd’aujourd’hui.
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