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Droits et Libertés dans l’histoire constitutionnelle française
 
Béliard Nicolas - Baptiste
1
Travaux Dirigés de Droit Constitutionnel - LA1 - Novembre 2006
DISSERATION
D
ROIT
C
ONSTITUTIONNEL
Droits et Libertés dans l’histoire constitutionnelle française.
 
Introduction
La constitution est un document qui aménage l’organisation et le fonctionnement du pouvoir ainsique les relations entre gouvernants et gouvernés au sein d’un état. Le ton, les mouvements, les instrumentsmis en œuvre donnent à chaque constitution son orig
inalité. La plupart des textes actuels sont introduits parune Déclaration des droits, un Préambule, ou même les deux. Ces deux éléments mettent en évidence laphilosophie du régime mis en place, énonçant les droits et les libertés que celui-
ci s’engage à
garantir, àrespecter. Ces Déclarations apparaissent dès les premières constitutions écrites du XVIIIe siècle, la premièreet la plus célèbre étant la
Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen
de 1789, qui sera reprise en têtede la première des constitutions françaises, écrite en 1791.
Il conviendra d’examiner dans un premier temps les droits individuels de «
première génération » que noustenterons de définir et de caractériser. Dans un second temps, nous nous intéresserons aux droits collectifsde « seconde génération
» afin d’en connaître leur
s origines et formulation.
I.
 
Les droits individuels, une exigence forte qui a pour objectif de protégerles gouvernés des abus des gouvernants
L’Ancien Régime est caractérisé par une monarchie absolue de droit
divin. Le pouvoir royal estdirectement dévolu au souverain par Dieu, ce qui justifie la toute-puissance et le titre du Roi : « de France »et non « des Français. » Il est ainsi aisément compréhensible que tous les sujets du Roi lui soiententièrement soumis, alors que celui-ci détient les trois pouvoirs.Le monarque absolu est maître dans tous les domaines
: il a l’initiative et décide des lois, il les fait appliquer,
et il est juge suprême qui peut embastiller par simple
lettre de cachet 
. Il définit la politique économiqueselon son bon vouloir,
et peut délivrer des titres de noblesse à sa guise. L’arbitraire est donc la règle, les
privilèges sont omniprésents, et le mécontentement fini par gagner du terrain alors que le Roi impose unecontribution fiscale toujours plus importante à cause d
un soutien sans borne apporté à la Révolution
 
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américaine qui vide la cassette royale. Mais les conditions d’existence sont difficiles alors
que dans le mêmetemps les philosophes attaquent de plus en plus férocement les bases même du pouvoir en place. Ilsrépondent point par point à la fermeté du régime, en établissant un « culte
» du progrès qui s’oppose à la
tradition qui était jusque là la
règle. Ainsi, à l’ordre est opposé la liberté, au devoir est opposé le bonheur, lahiérarchie sociale au tout nouveau principe d’égalité naturelle développé par
R
OUSSEAU
. M
ême l’Eglise est
attaquée par la publication de
l’Edit de Tolérance
de 1787 qui créé un mariage laïque en faveur desprotestants.
Toutes ces idées résolument novatrices sont diffusées parmi d’autres au sein de
L
’Encyclopédie
,ouvrage majeur de la pensée philosophique des Lumières conduit par D
IDEROT
et lu de tous les lettrés : larévolution sera par conséquent en grande partie bourgeoise.De nouvelles idées sont donc diffusées, et une revendication de droits visant à garantir la liberté des
personnes, commence à se faire sentir. La population s’insurge alors contre les causes d’inégalités c'est
-à-dire les privilèges ; un lien trop fort entre noblesse, clergé, et pouvoir. Cette lutte sera armée, comme durantla
Grande Peur 
durant laquelle les paysans brûlent archives et titres noblesses seigneuriaux ; ainsi que
politique comme le montre l’action de l’
Assemblée « Constituante » qui procède à de nombreuxchangements visant à améliorer le sort des plus vulnérables, des plus pauvres.On peut citer pour illustrer cette volonté forte des réformes comme
l’annulation des distinctions visant à
favoriser certaines zones du territoire le 4 aout 1789, ou encore la suppression de la Dîme le 11 aout 1789.La première liberté annoncée est celle de la presse le 24 aout 1789. Elle précède la
Déclaration des Droits de
l’Homme et du Citoyen
(ou DDHC)
qui sera proclamée à
l’Assemblée le 26 aout 1789. Cette Déclaration est le
texte fondateur des libertés en France, et plus généralement en Europe et dans le Monde par sa rédactionen termes généraux sans aucune distinction de nationalité : elle a une vocation universaliste, principeénoncé dès son titre
. L’
H
umanité toute entière est alors mise sur un même pied d’égalité.
Ce texte consacre
des libertés individuelles fondamentales comme la liberté, la sûreté, la propriété, la résistance à l’oppressionet bien sur l’égalité, pilier de la société nouvelle que l’
on veut créer. Elles sont un rempart qui permet de seprémunir co
ntre toutes les sortes d’abus de pouvoir tels qu’ils ont été présents tout au long de l’Ancien
Régime. On garantie le droit à un procès équitable, mené par un juge qui est respectueux de la présomption
d’innocence et qui
ne punira
qu’
en cas de culpabilité avec des peines proportionnées. Les grands
philosophes triomphent, et marquent de leur influence la DDHC ce que l’on
distingue dès
l’
 Article 6
avecR
OUSSEAU
, à l’
 Article 16
avec M
ONTESQUIEU
, ou encore avec le principe de Sûreté, idée de V
OLTAIRE
.Cependan
t, ces droits sont individuels, à l’exception de la «
 
résistance à l’oppression
» qui ne peutêtre que très difficilement conduite seule. On peut alors se demander comment on passe des «
Droits de …
»qui sont des libertés
que l’Etat doit préserver
; à des «
Droits à …
» qui sont des garanties souvent collectives
qui donnent une mission à l’Etat, au pouvoir en place qui à pour objectif de les préserver.
 
 
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II.
 
Les droits économiques et sociaux, une nouvelle étape qui transforme le
rôle de l’Etat 
 
Après une période plus ou moins troublée et un essai de monarchie constitutionnelle qui se soldepar
un échec le 10 aout 1792, l’idée de fonder une République émerge progressivement.Après l’avortement de la
Constitution Girondine
présentée par C
ONDORCET
 
à l’Assemblée
Nationale le 21
septembre 1792, qui se soldera par l’envoi de Girondins à l’échafaud, un nouveau projet est soumis àl’Assemblée Nationale le 24 juin 1793 et il fut adopté. La caractéristique de ce texte outre celle d’avoir été
soumis à la population qui l
’a accepté par référendum, est la présence d’une
Déclaration des Droits
qui
insiste fortement sur l’égalité avec sa condamnation de l’esclavage par exemple et consacre des libertés
nouvelles aux
 Articles 7, 17 
et
32
 
comme le droit à l’insurrection. Des nou
velles missions sont confiées à
l’Etat comme l’obligation de fournir des secours au plus nécessiteux, l’obligation d’instruire… On passe des
«
Droits de …
» aux «
Droits à …
 
» qui imposent une mission à l’Etat.
La
Constitution de 1793
instaureégalement le suffrage universel masculin
qui consacre l’égalité civique grâce à la participation de tous aux
élections, et même celle de certains étrangers. Cependant, il faut relativiser la force de cette constitution quine sera jamais appliquée à cause des événements : un
Décret du 19 vendémiaire de l’an II
(10/10/1973)instaurant le Gouvernement Révolutionnaire, qui exerce ses pouvoirs sans constitution. La tendance estalors à la régression de la démocratie qui cède du terrain comme le montre la
Déclaration des Droits
quiaccompagne la
Constitution du 22 aout 1795
: celle-ci compte pour la première fois parmi ses articles uneliste de devoirs.Certains droits économiques et sociaux sont pour la première fois énoncés en 1793 dans un texteconstitutionnel, qui ne sera jamais appliqué. Dès 1795, on ajoute encore des devoirs aux droits durementobtenus : c
’est un changement de cap, qui sera encore accentué par la parenthèse du césarisme
napoléonien caractérisé par un exécutif fort. Le régime est donc plus « négligent »
des libertés même s’il estcapable d’équité comme le montre par exemple la création du
Code Civil 1804
ou
Code N
 APOLEON
. Il faudraattendre le rétablissement de la République pour voir les Droits et Libertés se développer de nouveau.La
Constitution du 4 novembre 1848
qui instaure la IIe République ne possède pas de
Déclaration des Droits
,mais un
Préambule
dans lequel figure pour la première fois la notion de fraternité, ce qui montre la bonnevolonté des constituants. On peut alors se demander si cette nouvelle affirmation est une avancée, ou une
régression… En effet, ce principe a été ajouté pour «
 
*arrêter+ au seuil de l’injustice la liberté qui est de
nature accapareuse, usurpatrice. » Cela peut donc être considéré comme une rechute cependant viteestompée par des objectifs plus sociaux de solidarité : « elle [la fraternité] apporte cette sollicitude vigilantepour les faibles, inquiète pour ceux qui souffrent, active pour ceux que les calamités privent de leur
travail…
» La
fraternité implique donc d’autres droits sous
-jacents, énoncés
 Article VIII du Préambule
que
l’on pourrait qualifier de droits
-créances repris en 1946. Parmi eux :
l’obligation faite à la République de

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