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magazine
AgricultureAlimentationEnvironnement
Une ambition renouveléepour la rechercheagronomiqueUne ambition renouveléepour la rechercheagronomique
INRA
RECHERCHE
Comment se formentles organes végétaux
N°6 - OCTOBRE 2008
HORIZONS
Les lauriers2008 de l’Inra
DOSSIER
Agriculture etbiodiversité
 
I
NRAMAGAZINE
N
°6 •
OCTOBRE
2008
Marion Guillou,
présidente
Chers lecteurs,
sommaire
Directrice de la publication :
Marion Guillou.
Directeur éditorial :
Pierre Establet.
Rédactrice en chef :
CatherineDonnars.
Rédaction :
Magali Sarazin, Pascale Mollier, Patricia Léveillé, Céline Goupil, Hélène Deval, Didier Boichard,Anne Perraut.
Photothèque:
Jean-Marie Bossennec, Julien Lanson, Christophe Maître.
Couverture :
Faire Savoir. Crédits: Qubist (puzzle) - Villalon (industrie) - Denon (paysage principal) Crédit Inra : Bertrand Nicolas (amphi) - Florence Carreras(labo) - Serge Carré (abeille).
Maquette :
Patricia Perrot.
Conception initiale:
Citizen Press - 01 53 00 10 00.
Impression :
Caractère. Imprimé sur du papier issu de forêts gérées durablement.PEFC/10-31-9
Dépôt légal:
octobre 2008.
Renseignements et abonnement :
inramagazine@paris.inra.fr 
03
HORIZONS
Les lauriers 2008
06
RECHERCHES
& INNOVATIONS
Comment se formentles organes végétauxRépartition des gainsde productivité dans la filèreagro-alimentaireRévolution dans la sélectionanimaleInnovation dans l’extractiondes molécules odorantesLe sexe du melon
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DOSSIER
Agriculture etbiodiversité
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REPORTAGE
Le laboratoire d’analysesdes sols à ArrasLe suivi et la mémoiredes sols à OrléansUne équipe accréditéeen analyses végétalesà Bordeaux
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IMPRESSIONS
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REGARD
Patrick Legrand
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 AGENDA 
I
NRAMAGAZINE
N
°6 •
OCTOBRE
2008
ISSN :
1958-3923
INSTITUTNATIONALDELARECHERCHEAGRONOMIQUE
147 rue de l'Université • 75338 Paris Cedex 07
www.inra.fr
C
’est avec un grand plaisirque j’entame ce deuxièmemandat à la présidence del’Inra.En effet,conduirele changement de notre communautéde la recherche agronomique est au- jourd’hui à la fois exigeant et pas-sionnant.Le contexte évolue et l’Inra s’engagevis-à-vis des enjeux alimentaires du21
e
siècle.Cela suppose à la fois desorientations scientifiques repenséesà cette aune,un appui efficace auxéquipes de recherche et d’expéri-mentation,et une attention aux par-tenaires dans les priorités commedans les formes de collaboration.Pourcela les approches de l’Inra doiventpleinement prendre en compte leschangements d’échelle en sciences duvivant comme en sciences del’environnement,ainsi que le besoinde démarches intégratives et de re-présentations systémiques.L’Inra doits’attacher également à diffuser les sa-voirs et les savoir-faire et à favoriserdes innovations.L’Inra pourra s’appuyer pour cela surses acquis qui apparaissent solides :d’une part un équilibre entre la dy-namique propre de la science et la ré-ponse aux attentes de la société parla recherche finalisée,et d’autre partun élargissement de ses angles thé-matiques en associant agriculture,ali-mentation,environnement et terri-toires.Aussi pour ces quatre ans,je souhaitefaire encore changer l’Institut pourqu’il devienne un véritable acteurinternational,plus efficace,plus at-tractif.Cela passe par des alliancesrenforcées,en France et en Europe,avec l’enseignement supérieur.Celapasse par une révision de nos modesd’organisation.Cela passe par la miseen œuvre de programmes avec nospartenaires,agriculteurs,industriels,décideurs,publics,ONG pour ré-pondre à des grandes questionscomme l’adaptation au changementclimatique ou la durabilité des systè-mes de production.Cela passe parune attention à la diversité de nos tra-vaux scientifiques,d’innovation oud’expertise.Dès le mois d’octobre,je proposeraiau conseil d’administration une am-bition,un cap,une méthode de dia-logue pour cela.Je compte sur vosidées,vos suggestions dans cette nou-velle étape de notre renouvellementau service de la terre,des femmes etdes hommes.
La refonte du système de recherchea-t-elle un écho particulier dans lesdomaines agronomiques ?
Guy Riba :
oui,car l’agronomie connaîtde profondes évolutions avec les changementsde contexte global,les défis liés à l’alimenta-tion,à l’énergie,aux nouveaux paradigmesécologiques… Et propre à la dynamique dessciences à l’émergence du haut débit ou l’im-périeuse nécessité de se doter de représenta-tions systémiques pour comprendre le vivant.Tout cela demande d’acquérir beaucoup deconnaissances souvent à la croisée des disci-plines scientifiques et de développer notrecapacité d’innovations pour trouver des is-sues aux problèmes techniques et socio-économiques qui apparaissent.Cette refontedoit se faire en promouvant une gouvernancede la recherche agronomique garante d’unecohésion et cohérence à la hauteur des en- jeux.
Qu’attendez-vous d’unrapprochement avec l’enseignement supérieur ?
G.R. :
Historiquement,en France,la re-cherche et l'enseignement agronomiques sontcloisonnés.Les organismes de recherche inter-viennent peu dans la définition et la réalisa-tion des formations et les écoles ne dispo-sent pas,en propre,des ressources suffisantespour construire des politiques de rechercheautonomes.La recherche peut apporter sesinfrastructures,moyens et personnels pourformer les jeunes par la recherche et inver-sement la recherche gagne à ce que les jeu-nes soient mieux formés à son actualité.Ledécloisonnement accroît également l’attracti-vité auprès de la communauté scientifiqueinternationale.Cela peut aussi créer plus desynergies entre les disciplines universitaireset les problématiques agronomiques qui sontcomplexes,transdisciplinaires.Les enseignantsont tout à gagner de ce rapprochement caril permet de renforcer des disciplines peusoutenues par l’université et aussi de conce-voir et développer les approches systémiques.
Quels seraient les objectifsde cette coopération ?
G.R. :
J’en vois cinq.D’abord renforcer lavisibilité,la reconnaissance et l’implicationinternationale du système national de re-cherche agronomique.Ensuite,améliorer saperformance en terme de recherche-forma-tion-développement.Troisièmement,parta-ger entre une vision prospective des enjeuxscientifiques et socio-économiques liés à noschamps d’intervention.Quatrièmement,constituer progressivement une instanced’orientation stratégique et de coordination.Et enfin,développer des campus actifs dansle développement de partenariats avec les au-tres opérateurs régionaux de la recherche etde l’enseignement supérieur comme avec lesacteurs socio-économiques.
Propos recueillis par Céline Goupil 
          ◗
    H    O    R    I    Z    O    N    S
Edito
   ©   I  n  r  a   /   S  y   l  v   i  e   T  o   i   l   l  o  n
R
echerche,formation
et
innovation
Dans cette période de restructuration profonde du système nationalde recherche et d’enseignement supérieur, Valérie Pécresse, ministrede la recherche et de l’enseignement supérieur, a missionné BernardChevassus-au-Louis pour étudier la faisabilité d’un rapprochemententre la recherche et l’enseignement supérieur agronomiques.Interview de Guy Riba, directeur général délégué.
PEFC/10-31-945
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en bref
O
Nouveaux projetseuropéens
L’Inra (Orléans) coordonneun nouveau projet européensur l’amélioration des arbresforestiers afin de satisfairel'évolution de la demandeen bois et assurer la durabilitédes forêts dans le contextedu changement climatique.«Noveltree » fédère 14laboratoires européens pendant4 ans. Il est doté de 6,3 millionsd’euros dont les deux tierssont financés par l’Europe(7
e
PCRD).Visant le développementde nouvelles variétés de bléet d’orge, le projet européenTriticeaeGenome, coordonnépar l’Inra à Clermont-Ferrand-Theix, regroupe 15 organismesde recherche et 2 industrielsspécialisés dans la génomiquedes céréales. Le budget globaldu projet se monte à 7,5 millionsd’euros dont 5,3 millionsd’euros financés par l’Europe,pour une durée de 4 ans.
O
Accord cadre
L’Inra et l’Office nationalde l’eau et des milieux aquatiques(Onema) ont signé en juinun accord cadre de coopérationdans le domaine de la gestiondurable des ressources en eauet des milieux aquatiques.
O
Distinction
Yves Chilliard, directeurde recherche au centre Inra deClermont-Ferrand-Theix a reçul’
International Dairy ProductionAward 
, prix décerné parl’
American Dairy ScienceAssociation
(ADSA) enreconnaissance de ses activitésde recherche et de son expertiseinternationale dans le domainedes sciences du lait.
O
Nouvelles ruralités
L’Inra a conclu en juillet uneprospective sur les nouvellesruralités en France à l’horizon2030. A l’aide de quatrescénarios d’évolution possible,elle apporte un éclairage auxacteurs et aux pouvoirs publics,sur l’évolution de la ruralitédans les territoires et sesconséquences pour l’agriculture.
Les Lauriers de l'Inra récompensent les qualités scientifiques,techniques et humaines de cinq personnalités ainsi que leur engagementdans le collectif professionnel. Pour sa 3
e
édition, la cérémonie de remisedes prix a eu lieu à Paris le 23 septembre.
Portraits par Pascale Mollier 
Les
Lauriers
2008
LAURIER « JEUNE CHERCHEUR »
Christelle Lopez
, spécialiste des lipides du lait
LAURIER DE LA RECHERCHE AGRONOMIQUE
Stanislav Dusko Ehrlich
, pionnier de la génétique microbienne
Ces lauriers sont attribués à deux agents dont la contribution est significative dans les ac-tivités d’expérimentation,de formation et de transfert.Au Magneraud (Poitou-Charen-tes),José-Annick Doux,64 ans,orchestre la programmation informatique d’une base de don-nées sur les sols et Guy Roussel,57 ans,conçoit et met en œuvre des méthodes innovantes dereproduction des arbres au domaine expérimental de Pierroton (Bordeaux).
José Doux gère le logiciel « Donesol » qui intègre les données per-mettant une description spatiale et temporelle complète des solsfrançais :profondeur,texture,évolution de la matière organique,des éléments minéraux,des polluants etc.Entrée à l’Inra à 17 ans,José Doux n’a cessé de se former aux nouveaux développementsinformatiques intéressant son domaine.A son tour,elle a forméses collègues,les utilisateurs de Donesol et des étudiants en IUT.Le travail de José Doux en matière d’assurance qualité des basesde données cartographiques des sols est une référence dans lesprocédures nationales de normalisation.
DEUX LAURIERS « APPUI À LA RECHERCHE »
José Doux
, à la programmation informatique
Guy Roussel
, marieur des arbres
Ce laurier récompense une contribution remarquable dans le développement méthodologique,la valorisation des résultats de recherche,le lien avec les besoins des professionnels. Jean-Charles Valette,61 ans,est ingénieur en techniques forestières.A l’Inra depuis 1973,il a dirigé jusqu’en 2007 l’équipe « Prévention des Incendies de Forêt » à Avignon.
Jean-Charles Valette étudie la prévention des incendies de forêts sous tous ses aspects :connais-sance du combustible forestier,comportement du feu,méthodes de prévention.Il a contribuéà la réutilisation du « brûlage dirigé » basé sur le débroussaillage par le feu,et à son inscrip-tion dans le code forestier.Il co-anime un Groupement d’intérêt scientifique et se trouve aucœur de réseaux professionnels publics et privés impliqués dans la gestion des incendies deforêts en région méditerranéenne.«
Vivre avec le feu
,explique Jean-Charles Valette,
c’est tenir compte du risque,mais aussi le prévenir en amont dans l’aménagement du territoire par des ha-meaux groupés plutôt que des habitations dispersées,par des retenues collinaires qui servent deréservoirs d’eau,par l’utilisation de la pierre,et la présence de volets dans les constructions
...»Jean-Charles Valette attache beaucoup d’importance aux solutions locales concertées entre col-lectivités territoriales,gestionnaires forestiers et professionnels du feu.
Ce prix récompense le travail d’un chercheur prometteur.Christelle Lopez,33 ans,est ingé-nieur et docteur d’université en sciences agroalimentaires.Depuis 2003,elle travaille àl’Unité mixte de recherche Inra - Agrocampus Ouest « Science et technologie du lait et del’œuf» (Rennes).
Christelle Lopez a développé des méthodes innovantes pour explorer
in situ
la structure etles propriétés des lipides dans le lait et ses produits dérivés (crème,fromages,beurres).Cequi frappe,c’est la précocité de son parcours :à 33 ans,elle totalise 36 publications scienti-fiques internationales,coordonne un important projet soutenu par l’Agence nationale pourla recherche et les industriels laitiers.Son itinéraire débute par une rencontre décisive :«
c’est  Michel Ollivon,directeur de recherche au CNRS à Châtenay-Malabry,qui m’a formée durant ma thèse aux techniques d’observation des cristaux de lipides.Les travaux que nous avons en-trepris m’ont permis de recevoir le prix de l’Association Française de Calorimétrie et d’AnalyseThermique en juin 2008
».Autre originalité :la jeune chercheuse a occupé des postes dansles secteurs public et privé.«
 Mon objectif 
,dit-elle,e
st de faire de la recherche fondamentaletout en maintenant une relation étroite avec les industriels laitiers pour répondre à leurs pré-occupations
.»
LAURIER « INGÉNIEUR »
Jean-Charles Valette
, passé maître du feu
Grâce à sa grande ingéniosité,Guy Roussel a contribué de ma-nière déterminante à l’orientation de son unité de recherche versl’exploration de la diversité génétique des populations d’arbres.Il a conçu plusieurs dispositifs rendant possible les croisementsentre des arbres de grande taille.Réalisés entre différentes espè-ces de chênes blancs,ces croisements ont permis aux chercheursd’établir la première carte génétique de cette famille.Carte deve-nue depuis une référence non seulement pour le chêne,mais aussipour le châtaignier et le hêtre qui lui sont proches.
Ce laurier est décerné à une personnalité qui a contribué d’une manière exceptionnelle au rayonnement de la re-cherche agronomique.Stanislav Dusko Ehrlich,65 ans est chercheur au laboratoire de génétique microbienne,à Jouy-en-Josas.
Les travaux pionniers de Dusko Ehrlich en microbiolo-gie sont reconnus internationalement.Dans les années1970,il a développé les méthodes de transfert d’ADN parclonage chez la bactérie modèle
Bacillus subtilis
.Dans lesannées 1990,il s’est engagé dans le séquençage systéma-tique du génome de
Bacillus subtilis
,qui a contribué à l’ex-plosion des connaissances sur le fonctionnement des bac-téries.Il impulse depuis 2005 un vaste projet internationalde séquençage du métagénome des bactéries intestinaleshumaines,avec en perspective des retombées importan-tes pour l’alimentation et la santé humaine.Pour lui,la réussite d’un travail scientifique tient à l’inté-rêt que celui-ci suscite dans la communauté internationale.«
On peut mesurer ce critère de façon rigoureuse
,explique t-il,
en combinant le nombre de publications d’une équipe à leurs in-dices de citation au cours d’une période donnée.Evaluer les équipes selon ce critère,plutôt quesur des projets,ferait gagner un temps précieux lors de l’attribution des crédits de recherche
».Dusko Ehrlich ne mâche pas ses mots,que ce soit avec les scientifiques de haut vol qu’il a cô-toyés tout au long de sa carrière,ou avec la direction de l’Inra quand il a créé,puis dirigé pen-dant 11 ans,le département de microbiologie.«
 Mon rôle était celui d’un aiguillon pour pro-mouvoir l’excellence scientifique sur des critères de productivité et d’impact.Il faut définir une programmation globale,puis faire confiance aux équipes et leur donner les moyens
.»
   ©   I  n  r  a   /   C   h  r   i  s   t  o  p   h  e   M  a   î   t  r  e   ©   I  n  r  a   /   C   h  r   i  s   t   i  a  n   S   l  a  g  m  u   l   d  e  r   ©   I  n  r  a   /   C   h  r   i  s   t  o  p   h  e   M  a   î   t  r  e   ©   I  n  r  a   /   B  e  r   t  r  a  n   d   N   i  c  o   l  a  s   ©   I  n  r  a   /   G   é  r  a   d   P  a   i   l   l  a  r   d
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