Welcome to Scribd, the world's digital library. Read, publish, and share books and documents. See more
Download
Standard view
Full view
of .
Save to My Library
Look up keyword
Like this
8Activity
0 of .
Results for:
No results containing your search query
P. 1
Hong Kong, patrimoine, activisme et décolonisation (Hong Kong, cultural heritage, activism and decolonization)

Hong Kong, patrimoine, activisme et décolonisation (Hong Kong, cultural heritage, activism and decolonization)

Ratings: (0)|Views: 470 |Likes:
Published by Pierre Martin
Mettre en valeur une pagode et démolir des logements sociaux historiques, détruire un vieux marché pour y bâtir un nouveau centre commercial, ou transformer un bâtiment colonial en un musée de faïence chinoise comme l’a fait le gouvernement hongkongais est, on peut le penser, le produit d’une stratégie dont les déterminants ne sont pas tout entiers économiques et culturels. C’est d’ailleurs parce qu’elle « implique des choix politiques et historiques sur les éléments constitutifs d’une communauté » que, depuis 2006 et le mouvement pour la préservation de l’embarcadère du Star Ferry et du Queen’s Pier (MSQ), la politique de conservation du patrimoine est tellement controversée. Ces derniers événements ont rendu à la mode le terme de « mémoire collective », qui sert désormais d’étalon à toute évaluation de la politique de conservation conduite par l’administration de la SAR. Ils ont aussi été à l’origine du paradoxe qui veut que l’identité de la ville, jusqu’alors communément perçue comme « flottante » , se trouve désormais incarnée par des bâtiments en dur comme, par exemple, l’embarcadère du Star Ferry, les tong lau de Lee Tung Street ou les logements sociaux de Shek Kip Mei, des édifices dont la valeur n’est pourtant pas inscrite dans leur morphologie mais, à l’inverse, intangible, elle-même flottante . Et surtout, parce qu’ils sont supposés avoir révélé l’existence d’une « nouvelle conscience civique (…) davantage soucieuse de la culture, du patrimoine et de l’identité du territoire » , l’on peut s’attendre à ce, qu’à leur suite, l’ « identité » du territoire hongkongais, précisément, soit devenue un critère incontournable pour ceux responsables de la mise en place de la stratégie de préservation du patrimoine hongkongais. C’est justement l’émergence de cette nouvelle conscience civique et cette identité, telle que défendue par les activistes à l'origine des initiatives en faveur du patrimoine et telle que projetée par la politique de préservation du patrimoine du territoire, qu’il s’agira d’étudier. Notre sujet est précis mais il est à replacer dans une perspective plus large ; le patrimoine est un concept intégrateur et l’étudier soulève tout un ensemble de problématiques secondaires. Ainsi, au travers de notre étude, ce qu’il s’agit d’observer est aussi la façon dont se positionne Hong Kong par rapport à sa propre histoire (échelle locale), par rapport à la Chine (échelle nationale) et par rapport au monde (échelle internationale). Autrement dit : Hong Kong est-elle une ville postcoloniale, une ville chinoise, ou une ville mondiale ?

Mettre en valeur une pagode et démolir des logements sociaux historiques, détruire un vieux marché pour y bâtir un nouveau centre commercial, ou transformer un bâtiment colonial en un musée de faïence chinoise comme l’a fait le gouvernement hongkongais est, on peut le penser, le produit d’une stratégie dont les déterminants ne sont pas tout entiers économiques et culturels. C’est d’ailleurs parce qu’elle « implique des choix politiques et historiques sur les éléments constitutifs d’une communauté » que, depuis 2006 et le mouvement pour la préservation de l’embarcadère du Star Ferry et du Queen’s Pier (MSQ), la politique de conservation du patrimoine est tellement controversée. Ces derniers événements ont rendu à la mode le terme de « mémoire collective », qui sert désormais d’étalon à toute évaluation de la politique de conservation conduite par l’administration de la SAR. Ils ont aussi été à l’origine du paradoxe qui veut que l’identité de la ville, jusqu’alors communément perçue comme « flottante » , se trouve désormais incarnée par des bâtiments en dur comme, par exemple, l’embarcadère du Star Ferry, les tong lau de Lee Tung Street ou les logements sociaux de Shek Kip Mei, des édifices dont la valeur n’est pourtant pas inscrite dans leur morphologie mais, à l’inverse, intangible, elle-même flottante . Et surtout, parce qu’ils sont supposés avoir révélé l’existence d’une « nouvelle conscience civique (…) davantage soucieuse de la culture, du patrimoine et de l’identité du territoire » , l’on peut s’attendre à ce, qu’à leur suite, l’ « identité » du territoire hongkongais, précisément, soit devenue un critère incontournable pour ceux responsables de la mise en place de la stratégie de préservation du patrimoine hongkongais. C’est justement l’émergence de cette nouvelle conscience civique et cette identité, telle que défendue par les activistes à l'origine des initiatives en faveur du patrimoine et telle que projetée par la politique de préservation du patrimoine du territoire, qu’il s’agira d’étudier. Notre sujet est précis mais il est à replacer dans une perspective plus large ; le patrimoine est un concept intégrateur et l’étudier soulève tout un ensemble de problématiques secondaires. Ainsi, au travers de notre étude, ce qu’il s’agit d’observer est aussi la façon dont se positionne Hong Kong par rapport à sa propre histoire (échelle locale), par rapport à la Chine (échelle nationale) et par rapport au monde (échelle internationale). Autrement dit : Hong Kong est-elle une ville postcoloniale, une ville chinoise, ou une ville mondiale ?

More info:

Published by: Pierre Martin on Jul 14, 2010
Copyright:Traditional Copyright: All rights reserved

Availability:

Read on Scribd mobile: iPhone, iPad and Android.
download as DOC, PDF, TXT or read online from Scribd
See more
See less

06/30/2013

pdf

text

original

 
Institut d’études politiques de Lille Pierre Martin
Hong Kong : patrimoine, activisme et décolonisation
Année universitaire 2008-2009 Sous la direction de : Emmanuel Brunet-Jailly1
 
2
 
Institut d’études politiques de Lille, année 2008-2009Master Politique internationale et comparée 
Hong Kong : patrimoine, activisme et décolonisation
Mémoire soutenu en juillet 2009Membres du jury : Emmanuel Brunet-Jailly et Jean-Louis Thiébault3

Activity (8)

You've already reviewed this. Edit your review.
1 hundred reads
1 thousand reads
Sergio Velazquez liked this
Abdellatif Os liked this
ricardomr1mre liked this
noones333 liked this

You're Reading a Free Preview

Download
/*********** DO NOT ALTER ANYTHING BELOW THIS LINE ! ************/ var s_code=s.t();if(s_code)document.write(s_code)//-->