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L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES 
 N°69 
46
sites naturels
niveaux, grandes étendues sauvages d’apparence dé-sertique, les coteaux calcaires et leurs pelouses sèchescomptent au nombre des milieux naturels les plus beaux,les plus remarquables, mais aussi les plus en danger denotre patrimoine biologique et paysager régional.S’ils sont présents un peu partout (avec une nette re-présentation en Bourgogne, en région Centre, en Nor-mandie, dans le Bassin méditerranéen, en Languedoc-Roussillon, sans oublier le Jura), ils représentent prèsde 20 % des zones naturelles d’intérêt écologique,faunistique et floristique (Znieff) en Poitou-Charentes.La Vienne et la Charente, surtout, en sont très richesencore, plus de 600 coteaux étant par exemple recen-sés dans ce dernier département… Plus du tiers desespèces végétales (56) protégées y trouvent refuge.Certains des sites connus comprennent plus de 25espèces d’orchidées : orchis pyramidal, pourpre,aceras homme-pendu, ophrys abeille, mouche, arai-gnée… ces dernières imitant à merveille les insec-tes, dont on peut se demander par quel mystère ellesen ont connaissance !
UN PEU D’ÉCOLOGIE
Les pelouses de coteau sont des formations végéta-les, composées de plantes herbacées basses (20 cm enmoyenne), vivaces, poussant sur des sols calcairespeu épais, caractérisés par une assez grande pauvretéen éléments minéraux nutritifs, subissant des gra-dients thermiques importants : sécheresses estivalesavec fortes températures, engorgements partiels pos-sibles en hiver lorsque la marne recouvre le substratrocheux. Le vent est un des facteurs importants d’évo-lution du milieu, en accentuant les mécanismesd’évapotranspiration (phénomène constitué par latranspiration des végétaux et l’évaporation du sol).L’érosion joue un rôle qui peut être non négligeabledans le maintien de sols pauvres en situations pentues.Les pelouses primaires, c’est-à-dire naturelles, peuventse maintenir sans interventions humaines, grâce auxcontraintes climatiques et de sol qui empêchent le re-tour vers des formations boisées ; on les trouve doncsurtout dans la région méditerranéenne. Les pelousessecondaires, d’origine anthropique (humaine), tendentau contraire beaucoup plus facilement vers la ferme-ture par boisement : c’est le cas en Poitou-Charentes.Les conditions de vie difficiles induisent des ports vé-gétaux particuliers : peu de plantes sont élevées, la plu-part sont de faible dimension, poussent en rosette, lesexceptions n’infirmant pas la règle générale. La florecomporte de nombreuses espèces originaires des régionssubméditerranéennes, ainsi que des régions steppiquesde l’Europe centrale ; son actuelle distribution provientdes modifications climatiques, avec l’alternance de pé-riodes glaciaires et chaudes, tout autant que de l’acti-vité humaine qui a engendré des modes de gestion par-ticuliers des coteaux qui les abritent. Le dernier grandréchauffement ayant commencé il y a près de 10 000ans, les espèces ont migré depuis le sud, en empruntantessentiellement les vallées, pour les espèces méditerra-néennes, mais aussi d’est en ouest, pour ce qui concerneles espèces steppiques (L.-M. Delescaille, 1995).
Les coteaux calcaires
Par
Alain Persuy
Photo
Bruno Veysset
jardins sauvagesà sauvegarder
V
ergers d’odeurs et de couleurs, symphonies desenteurs et de bruissements d’insectes, jardinsde rocailles se mariant avec les courbes de
Ci-dessus :
Ophrys scolopax 
(Ophrys bécasse) et
Dactylorhiza elata 
.Photos A. PersuyPage de droite : lecoteau desEpinettes àMontamisé (Vienne).

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