3moins un journaliste professionnel et qui publie des «
contenus originaux et renouvelés
» enlien avec l’actualité et faisant l’objet d’un «
traitement à caractère journalistique
». Ceciouvre la voie à la distribution d’aides publiques à l’image de celles consenties aux entreprisesde presse traditionnelles.De quelle façon les sciences sociales ont-elles analysé l’essor de la presse en ligne ? AuxÉtats-Unis et en Grande-Bretagne, les travaux de référence sur la production de l’informationdatent des années 1970 (Gans, 1979 ; Tunstall, 1971). De quelle manière les chercheurs ont-ils adapté leurs catégories d’analyse suite au développement de l’information en ligne ? Dansle contexte français, les travaux sur la presse n’ont atteint une véritable masse critique quedans les années 1990. Contemporaine de son essor, quel regard la recherche française a-t-elle porté sur la presse en ligne ? Notre présentation de la littérature de sciences sociales sur la presse en ligne abordesuccessivement les six thèmes suivants : l’innovation technique dans la presse ; la productionde l’information en ligne ; la contribution des internautes au travail de l’information ; larecomposition des identités professionnelles ; les modèles économiques de la presse en ligne ;les usages de l’information sur internet.L’INNOVATION TECHNIQUE DANS LA PRESSEBien avant l’émergence d’internet, la question de l’innovation technique figure au cœur desdébats sur la presse et de certains travaux de sciences sociales, aussi bien en France qu’auxÉtats-Unis.
Premières expérimentations d’un journalisme de réseau
Depuis la fin des années 1970, il existe en France une tradition de recherche qui s’intéresse àl’informatisation de la presse et à l’essor des services télématiques. S’appuyant sur lasociologie des médias et du travail, elle pointe assez tôt un certain retard pris par la pressefrançaise dans ce domaine (Lepigeon, Wolton, 1979). Les études montrent que l’essor deservices télématiques au sein des entreprises de presse s’accompagne, au cours des années1980, d’une reconfiguration de l’organisation du travail et des acteurs (Charon, Cherki, 1984 ;