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bande dessinée
S
Les impros
En résidence à la Maison des auteurs d’Angoulême, le jeune diplôméde l’Ecole supérieure de l’image achève une première histoire longue
Par
Astrid Deroost
Photo
Claude Pauquet
d’Alexandre Clérisse
notes de blues dans sa vie. Qu’adviendra-t-il de sonart, de ses amours désaccordées ? Alexandre Clérisse,résident à la Maison des auteurs d’Angoulême, achèveavec
 Jazz Club
sa première longue impro de bandedessinée. L’histoire est inspirée d’existences rencon-trées, supposées, comme en raconte, parfois, WilliamBoyd ou l’ami musicien américain. Le dessin est vec-toriel, copier-coller animés par des aplats de couleur.Géométries parfaites à la Tati, curieusement intimistes.Le récit pose maintes questions d’intérêt : celles de lacréation et du talent, de leur reconnaissance, de la soli-tude, celle du temps qui fait chaque automne plus nos-talgique. Alexandre Clérisse, né à Aurillac, vit, lui, laparfaite adéquation entre ses 25 ans et un désir ma- jeur : être auteur de bande dessinée. Rien d’étrange,donc, à considérer comme prémonitoire l’un de sessouvenirs :
«Avec un ami, nous dessinions au kilomè-tre, sur du papier pour imprimantes, des histoires quis’apparentaient plus à la frise de Bayeux... Nous avi-ons cinq ans. Le premier déclic est sans doute venu du fait que je voyais toujours ma mère dessiner
Sept ansplus tard, la certitude s’installe et l’adolescent du Can-tal n’a d’yeux que pour Angoulême, ses concours sco-laires et son festival international.Plus tard, Alexandre Clérisse rencontre MichelLablanquie, l’un des précurseurs de l’édition BD in-dépendante. Autre déclic avec, notamment, la décou-verte de Breccia, Munoz, Nine... Le jeune auteur citeaussi Mazan, aîné d’Angoulême, admiré et désormaissi proche, De Crécy, Chaumet, Prudhomme pour le-quel il vient de mettre en couleur
 La farce de MaîtrePathelin
, aux éditions de L’An 2, Chris Ware, d’outre-Atlantique. Après un an d’histoire de l’art à Toulouse,Alexandre Clérisse tente, à Angoulême, l’Ecole supé-rieure de l’image (ESI), option bande dessinée. Leconseil lui est donné de vieillir un peu. Il le suit endécrochant un BTS de communication visuelle, ettravaille.
«J’avais un métier mais ça n’allait pas, labande dessinée me manquait. J’ai tout lâché et je suisretourné à l’ESI.»
A l’école, pourtant, l’expérience pro-fessionnelle en design se révèle précieuse. L’étudiantapplique à ses travaux la notion de lisibilité, les ima-gine publiables. Avec un comparse, il joue de la formeet du fond pour créer des supports originaux. Ainsi desplis et contre-plis de la revue
 Le mouchoir 
, emblémati-que aussi d’une idée de la bande dessinée : medium
«populaire, économe, distribuable facilement»
.Alexandre Clérisse use aujourd’hui de l’outil infor-matique pour donner vie à des personnages-marion-nettes : enveloppes dérisoires comme celle de Nor-man, dans lesquelles le lecteur s’engouffre. D’autreshistoires de vie sont en projet, d’autres thèmes enphase d’exploration et avec eux d’autres images,concrètes ou plus abstraites. A naître, peut-être, toutsimplement de la main. Le jeune auteur n’a pouraspiration immédiate que de toucher à tout, que d’im-proviser en toute liberté.
Jazz Club 
d’AlexandreClérisse est publiésur le sitecoconino-world.com
ilhouette flottant dans un duffle-coat, Normanle saxophoniste perd l’inspiration, met – sou-dainement – des canards dans ses solos, des

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