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L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES 
 N°71 
22
motrice de leau
région (jusqu’en 1950) a été achevé en 2004. Ce tra-vail d’enquête sur le terrain et de recherche docu-mentaire a été effectué au sein du service régional del’Inventaire par Pascale Moisdon-Pouvreau, depuis1994, et les photographes du service. Les donnéesrecueillies ont été publiées dans un volume pour cha-que département, le dernier, consacré aux Deux-Sè-vres, a été édité en 2005 par Geste éditions. Une in-troduction présente les principales caractéristiqueséconomiques du territoire et les notices se succèdentdans l’ordre alphabétique des communes. En révé-lant un millier de sites, cet inventaire permet d’éclai-rer l’histoire économique, architecturale, sociale ettechnique de la région. C’est donc un outil à exploi-ter de multiples façons. En étudiant, par exemple, lerôle de l’énergie hydraulique.
L’Actualité. – Jusqu’à quelle époque la princi-pale source d’énergie fut-elle hydraulique ?Pascale Moisdon-Pouvreau. –
Dans notre région,l’industrie eut recours presque exclusivement à l’éner-gie hydraulique jusque vers 1850. Dès le Moyen Age,les moulins à eau étaient utilisés pour moudre les cé-réales mais aussi pour actionner les soufflets des hautsfourneaux, marteler et étamer les métaux, fouler lesdraps et les peaux, scier le bois et la pierre… L’arbre àcames, qui transforme le mouvement circulaire enmouvement alternatif, fut une innovation capitale pourle développement de l’industrie. Et jusqu’au
XIX
e
siè-cle, les progrès techniques ont permis d’optimiserl’énergie hydraulique. Cela exigeait toutefois des tra-vaux très importants : creuser un bief ou un canal afind’aménager une chute d’eau de hauteur suffisante pouractionner des roues verticales, construire une chausséeau milieu de la rivière. Des sites ont ainsi été complè-tement transformés. En outre, une rivière navigablepouvait aussi favoriser un essor industriel à grandeéchelle comme ce fut le cas pour la chamoiserie à Niort(depuis le
XII
e
siècle et jusque dans les années 1980).Cette activité consistait à tanner les peaux avec de l’huilede poisson dans le but de leur donner une souplesseégale à celle des étoffes. A partir des
XVI
e
et
XVII
e
siècles,via la Sèvre niortaise, l’huile arrivait de Terre-Neuve etles peaux du Canada et de la Louisiane.D’autre part, le réseau hydrographique de la régionétant assez dense, les usines ont été implantées unpeu partout. Par exemple, l’une des premières filatu-res à laine a été créée à l’emplacement d’un ancienmoulin, sur une dérivation de la Sèvre nantaise, à laVialière, un hameau de Largeasse dans les Deux-Sè-vres, en plein secteur d’élevage ovin.
L’implantation des usines au
XIX
e
siècle est-elleliée à la disponibilide l’énergie hydraulique ?
L’eau fut un facteur déterminant de l’industrialisa-tion, tant pour fournir de l’énergie que pour transpor-ter les matières premières et les produits manufactu-
patrimoine industriel
La force
Patrimoine industriel des Deux-Sèvres 
, dePascale Moisdon-Pouvreau,coll. «Indicateursdu patrimoine»,Geste éditions,288 p., 14
Salle des machinesde la centralehydroélectriquede Jousseau,à Millac (86).
E
ntrepris en 1986 par la Direction régionaledes affaires culturelles du Poitou-Charentes,l’inventaire du patrimoine industriel de la
Depuis 1994, Pascale Moisdon-Pouvreaua réalisé l’inventaire du patrimoine industriel
Entretien
Jean-Luc Terradillos
Un colloque sur lethème «Patrimoineet industrie enPoitou-Charentes :connaître pourvaloriser» est prévuen septembre 2006.
   I  n  v  e  n   t  a   i  r  e  g   é  n   é  r  a   l ,   M  a  r  c   D  e  n  e  y  e  r ,   1   9   9   5   ©   A   D   A   G   P

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