L. BRUNSCHVICG.LALOGIQUEDESPINOZA, 455
idée,une fois cetteidéeacquise(I,12).D'autrepartlaméthode nepeut pas précéderl'acquisitiondesidées,comme si elle en était uneconditionnécessaire. La méthode une foisséparéede lavérité,s'ilaut,avantdeparvenirà lavérité,trouver lavraie méthodequiyconduit,il faudra aussipourtrouverlavraie méthodeconnaître laméthode de laméthode,et ainsi àl'infini, suivant unerégressionsans limiteoùs'évanouiraitnonpaslaconnaissance duvrai seule-ment,maistouteespècede connaissance engénéral(I, 11).La décou-verte de la méthodeaccompagnedoncl'acquisitionde laconnaissance,elle en estcontemporaine,elle n'enpeutêtreisolée;les idéesqui, parrapport aux idéats,c'est-à-direàleursobjets,étaientappeléesessencesobjectives,sont, prisesenelles-mêmes, etpuisqu'ellesne doiventqu'àelles leur réalité et leurintelligiblité,des essencesformelles(I, 12),parsuite ellespeuventdevenirobjetpar rapportà denouvelles idéesquirenfermeront toute la réalité despremièresobjectivement,c'est-à-dire sous forme dereprésentation,et ainsi desuite c'est cetteréflexion indéfinie de l'idée sur elle-mêmequiconstituela méthode.«La méthode ne consistepasàraisonnerpoursaisir la cause deschoses,encore moins àcomprendrela cause deschoses,elle consisteà raisonner sur leraisonnement,àcomprendrel'intellection.»(I, 12.)La méthode n'est rien d'autrequ'une connaissanceparréflexion,elle est l'idée de l'idée(I,13).Lacertitude,c'est-à-dire la sciencede la science, estlaconséquenceimmédiate dela science, elle enestinséparableet elle lui est coextensive, de sortequela conditionnécessaireetsuffisantepoursavoirquel'onsait,c'est desavoir;lapossessionde la méthode se confond avec lapossessionde la véritéqu'ellesupposeetquil'entraîne. Il nes'agitdoncpointpourl'espritd'aller de la méthodeàlavérité,il luisuffit de sedévelopper parsa forcenative,comme ditSpinoza,etdeseforgerainsi des instru-ments intellectuelsquiaccroissent sapuissance d'investigation,etluipermettentd'étendresesconnaissances; puisde ces nouvellesœuvres iltirerade nouvellesarmes,et continuera ainsi des'avancerpardegrés, jusqu'àcequ'ilaitatteint le sommetde lasagesse (I,11).Ainsi la méthode etlavérité sefécondent l'unel'autre;de mêmel'enclume estnécessairepourforgerlemarteau,etle marteau néces-sairepourforgerl'enclume. La loi naturelle brise le cercle où leraisonnement s'enfermelui-mêmeentrelaméthode etlavérité elleétablit à l'intérieur même del'espritun courant d'influence réci-proqued'oùsort,grâceàune réaction continuedel'unesurl'autre,le
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