■■■■■
L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES
■■■■■
N°72
■■■■■
12
RIP HOPKINS
Ce jeune Britannique photographieles populations en danger dans lemonde. Son travail se situe enmarge des codes traditionnels de laphotographie documentaire. Pourdécouvrir le parcours atypique deRip Hopkins, deux expositionssont visibles à La Rochelle(désormais sa ville de résidence),au Carré Amelot et à l’Espace artcontemporain du 6 mai au 10 juin.
72, octobre 2005), poursuite de la ré-flexion avec Jean-Louis Sagot-Duvauroux, philosophe et dramaturge. Ilest l’auteur d’un essai sur la gratuité paruen 1995, réédité (et augmenté) aujourd’huisous le titre
De la gratuité
aux éditions del’Eclat. Le texte est d’ailleurs disponiblegratuitement sur Internet. Animateur dela compagnie malienne de théâtre BlonBa,il a piloté une étude sur la gratuité des artsde la rue, commandée par Lieux Publics,centre national de création des arts de larue. Il nous livre ses réflexions.
L’Actualité. – Pourquoi les artistes derue sont-ils associés à l’idée de gratuité ?
Jean-Louis Sagot-Duvauroux. –
Les arts dela rue entretiennent un intense cousinageavec l’idée même de gratuité, puisqu’ilsse produisent dans un espace public auquelchacun a librement accès : la rue. Certes,les bateleurs d’hier ou d’aujourd’hui fonttourner le chapeau après leur perfor-mance et se rémunèrent ainsi, au bonvouloir du spectateur. Mais celui-ci estinvité à soutenir l’artiste et non pas àacheter une prestation. Et depuis vingtans, le mouvement des arts de la rue a prisun nouvel essor sur la base de la gratuité,en opposition au spectacle de salle donton paye l’accès. Le chapeau y a été rem-placé par des achats ou des soutienspublics. Les spectateurs de ces créationssont placés en situation de gratuité, mis enface d’événements qui les font sortir durapport marchand et des réflexesconsuméristes qui vont avec.
Cette gratuité participe-t-elle à la dé-mocratisation de la culture ? Ou aucontraire à une dévalorisation de cespratiques artistiques ?
Les arts de la rue touchent indubitable-ment un public socialement plus largeque le spectacle en salle, souvent vécudans les milieux populaires comme inti-midant. Et la gratuité joue son rôle dansce phénomène en ouvrant ces momentsde création à un éventail très large depersonnes. C’est une occasion d’accéderà une œuvre de création, d’élargir ainsi sasensibilité et son imaginaire. Il arrive quela gratuité signale la faible valeur dequelque chose. Mais ça n’a rien de sys-tématique. La Joconde n’est pas moinsbelle les dimanches où le Louvre estgratuit. La rencontre avec l’art permet justement d’échapper pour une part àl’évaluation de tout par l’argent.
L’espace public doit-il rester gratuit ?
Oui ! Il s’agit là d’une question décisivepour la vie en société. Malheureusement,on ne va pas dans cette direction. Nousconnaissons une période de privatisationde l’espace public qui menace cette gra-tuité. Nos rues sont colonisées par lesimages publicitaires, qui annexent les pay-sages urbains à la course au profit privé.L’espace public est de plus en plus orga-nisé comme une annexe de l’espace privé,un peu comme les parties communes d’unecopropriété. Or, nous avons besoin d’unevie privée et d’une vie commune. Si leprivé envahit le public, c’est la possibilitémême de nous constituer en société qui esten danger. Les arts de la rue, surtout quandils sont gratuits, produisent de la commu-nauté sur l’espace public. Ça mérite qu’onen prenne soin.
Propos recueillis par Aline Chambras
OPÉRA À LA ROCHELLE
Dans le quartier de Mireuil, à LaRochelle, les Anges rebellesaccueillent en mai et juin GracianeFinzi et Emmanuelle Marie,respectivement compositeur etlibrettiste de l’opéra
Là-bas peut- être
. Un travail d’atelier (musique,écriture, théâtre, chant) sera menéavec des adolescents.Représentations au théâtre deverdure les 30 juin et 1
er
juillet,précédées d’une création dePascal Ducourtioux.Tél. 05 46 55 43 74
JEAN-LOUIS SAGOT-DUVAUROUX
La rue est à nous
De la gratuité,
éditions del’Eclat, 2006, 12
€
.Textedisponible surInternet : http:// www.lyber-eclat.net/lyber/ sagot1/ gratuite.html
A
près le dossier sur le Temps des artsde la rue publié dans
L’Actualité
(n°
culture
R i p H o p k i n s
MUSIQUES MÉTISSES
Du 24 au 28 mai, la 31
e
édition dufestival invite à Angoulême desmusiciens d’Afrique, du Maghreb,de la Caraïbe, de l’Océan indien etd’Europe, des stars commeCesaria Evora, Salif Keita, Amadouet Mariam, deux légendes vivantesdu reggae, Lee «Scratch» Perry etMax Romeo, et des révélationscomme le Franco-Algérien Akli D.musiques-metisses.com
J . - L . T .
Add a Comment