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actu73juil2006_28-30

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Moyen Age - Voyages de reliques. Les récits des translations des reliques au Moyen Age sont parfois dignes des romans d'aventure. Par Edina Bozoky, maître de conférences à l'Université de Poitiers et membre du CESCM. Photos : Christian Vignaud - Musées de Poitiers.
Moyen Age - Voyages de reliques. Les récits des translations des reliques au Moyen Age sont parfois dignes des romans d'aventure. Par Edina Bozoky, maître de conférences à l'Université de Poitiers et membre du CESCM. Photos : Christian Vignaud - Musées de Poitiers.

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05/09/2014

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L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES 
 N°73 
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persécutions des chrétiens prirent fin. Ce phénomèneque l’on qualifie habituellement de «culte des reli-ques» connut un essor spectaculaire, d’abord en Orient– plus tôt et plus profondément christianisé –, puis enOccident, où l’installation de nouveaux royaumes surle territoire de l’empire romaine ne brisa pas cet élan.Le culte des reliques se fonde sur la croyance en uneforce (
virtus
) miraculeuse qui serait restée vivante etactive dans les corps saints, et qui aurait imprégné aussiles objets ayant été en contact avec le Christ, la Viergeet les saints de leur vivant ou après leur mort. Cette
virtus
, preuve d’une action divine sur terre, produisitdes miracles, selon les témoignages allant des Pères del’Eglise à des auteurs anonymes. Parmi les miracles,les plus spectaculaires sont les guérisons des maladeset des possédés ; mais la présence des reliques est aussicensée intervenir pour arrêter les calamités : les inon-culeux, attirant les pèlerins, et conférant un prestige àune église ou à un monastère. Dans le même temps,pour rappeler le sacrifice du Christ, on se mit à placerdes parcelles de reliques des martyrs dans les autelsdès le
IV
e
siècle. Or, certaines régions, plus tardivementchristianisées, manquaient totalement de reliques, ouen avaient un nombre insuffisant. C’est la raison desdéplacements – des «voyages» – des reliques, com-mencés à une très haute époque. Le transfert des reli-ques, incluant des cérémonies liturgiques, s’appelletranslation. On transporta les restes – un corps entier,mais souvent seulement des fragments – sur des dis-tances très variables : d’un pays à un autre, ou d’uneville à une autre ; mais dans de nombreux cas, la trans-lation s’effectua à proximité, voire à l’intérieur d’uneéglise (par exemple, de la crypte vers l’autel).Les récits de translations de reliques, un genre litté-raire à part, contiennent parfois des détails dignesdes romans d’aventures. En effet, les voyages avecdes reliques comportaient beaucoup de risques, toutautant que les voyages commerciaux. Il est probableque les hagiographes exagéraient parfois les difficul-tés qui entouraient l’acquisition et le transport desreliques, pour mettre en valeur leur caractère excep-tionnel. Afin de se procurer des reliques convoitées,on n’hésita pas à recourir au vol ou à l’enlèvement,en usant de toutes sortes de ruses. Lorsque deux mar-
Voyages
L
Moyen Age
de reliques
Les récits des translations des reliquesau Moyen Age sont parfois dignesdes romans d’aventures
Par
Edina Bozoky
Photos
Christian Vignaud
- Musées de Poitiers
es restes terrestres du Christ, de la Vierge ainsique ceux des saints reçurent une vénérationbien attestée à partir du
IV
e
siècle, lorsque les
Edina Bozoky est maître deconférences à l’Université de Poitiers,membre du Centre d’étudessupérieures de civilisation médiévale.Elle dirige la collection «Culture etsociété médiévales» (Brepols-CESCM)
dations, la sécheresse ou les incen-dies. De même, on imaginait que lapossession des reliques assure la vic-toire militaire et/ou la défense d’uneville, d’une région.La possession des reliques signifieainsi de disposer d’un pouvoir mira-
 
 
L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES 
 N°73 
29
chands vénitiens retirèrent secrètement le corps desaint Marc de son église à Alexandrie, pour tromperles Sarrasins, ils dissimulèrent les restes sous desmorceaux de viande de porc. Pour s’emparer des reli-ques de sainte Foy, conservée au monastère d’Agen,les moines de Conques y envoyèrent un des leurs, quiy passa plusieurs années avant de devenir gardien dutrésor de l’église et de pouvoir enfin dérober le corpsde la martyre. Dans d’autres cas, les voleurs de reli-ques profitèrent du sommeil ou de l’ivresse des gar-diens. Les reliques figuraient aussi parmi les butinsde guerre et, pour affaiblir un peuple soumis, les vain-queurs les déplaçaient vers leurs centres de pouvoir.Notre région fut le théâtre des translations de reliquesles plus diverses. La plus célèbre s’attache au nom deRadegonde, qui s’était retirée à Poitiers après s’êtreséparée de son époux Clotaire. Elle voulut obtenir uneparcelle de la Vraie Croix pour son monastère, dans lebut d’en faire un garant du «salut de la patrie toutentière et de la stabilité du royaume». Elle s’adressad’abord au roi Sigebert ; ayant eu son assentiment, elleprésenta sa requête à l’empereur de ConstantinopleJustin II, qui lui envoya en 568 ou 569 un morceau dubois de la Croix, orné d’or et de pierres précieuses, etbeaucoup d’autres reliques. La parcelle de la Croix esttoujours conservée à l’abbaye Sainte-Croix (actuelle-ment à La Cossonnière, commune de Saint-Benoît). Ilest assez mystérieux d’où et comment toute une col-lection de reliques a pu arriver à l’Hypogée dit «desDunes», oratoire mérovingien (
VII
e
siècle) qui recelaitle tombeau d’un certain abbé Mellebaude. Une ins-cription peinte qui se trouvait sur le tympan au-dessusde la tombe indiquait que l’on y avait introduit desreliques des saints en deux temps, mais sans précisionde l’année. Il y avait jusqu’à 72 reliques, dont celles desaint Maur, saint Chrysante et Darie et aussi celles deRadegonde, morte en 587.En revanche, plusieurs légendes (
XI
e
-
XII
e
siècles) ra-content l’origine des reliques de l’abbaye deCharroux, fondée en 783 par le comte de LimogesRoger et sa femme Euphrasie. Selon la première ver-sion, c’est un pèlerin revenu de Jérusalem qui a cédéune parcelle de la Croix à Charlemagne qui la donnaensuite au comte Roger pour sa nouvelle fondation.Une autre version contient le récit du pèlerinage –fictif – de Charlemagne sur la Terre Sainte ; c’est delà qu’il aurait rapporté la relique du prépuce du Christqu’il a donné à son retour à Charroux.Mais la grande époque des «voyages» – forcés – dereliques se situe au
IX
e
siècle lorsque les attaques vi-kings se mirent à menacer et dévaster régulièrementla région. Les églises et les monastères sans défense
Page de gauche :Reliquaire de laVraie Croix dePoitiers, abbayeSainte-Croix, Saint-Benoît.Détail d’une page dubréviaire d’Anne dePrye, abbesse de laTrinité à Poitiers de1484 à 1500.Tésor de lacathédrale dePoitiers.Des pèlerinsestropiés passentsous le tombeau desainte Radegonde.

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