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L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES
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N°73
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Etienne Loppé a d’abord prospecté au niveau régio-nal, auprès des sociétés savantes ou de personnes sus-ceptibles de détenir des pièces intéressantes, notam-ment les familles de chirurgiens de marine ou d’admi-nistrateurs rochefortais partis au
XVIII
e
siècle vers lescolonies. Puis il a élargi ses recherches et obtenu, en1923, un important dépôt (500 éléments) en prove-nance de l’ancien musée naval du Louvre. Tout aulong de son mandat de conservateur, ce médecin cul-tivé a enrichi le fonds d’objets nouveaux grâce à sonréseau d’amis – médecins, antiquaires, naturalistes – età ses liens avec les coloniaux rochelais. A son décès, ilavait ainsi collecté plus de 5 000 pièces.
«Je me suis attachée également à comprendre les moti-vations qui ont poussé ce conservateur d’un muséumd’histoire naturelle à créer une section d’ethnographie. Etienne Loppé était d’abord très influencé par les théo-ries des préhistoriens parisiens de l’époque s’interro-geant sur l’origine de l’homme, selon lesquelles les po- pulations africaines, océaniennes et américaines re- présentaient des “fossiles vivants” pouvant nous ren-seigner sur le passé des Européens. Il était animé enmême temps du souci d’informer le public sur les riches-ses et la diversité des colonies, son but étant, selon ses
muséum
propres mots, de constituer “une collection ethnogra- phique et coloniale”. Avec le temps, il a évolué vers unevision plus esthétique des collections.»
C’est ainsi, pargoût des belles pièces, des objets énigmatiques, qu’il aacquis un masque de Papouasie-Nouvelle-Guinée ayantappartenu à André Breton, et qu’il a constitué une col-lection océanienne véritablement atypique, encore con-sidérée aujourd’hui comme l’une des plus belles desmusées de province. Il s’est également intéressé à l’Amé-rique du Sud, dont il a réuni un ensemble de pièces degrande qualité. Sans être aussi exceptionnelle, la col-lection africaine offre l’intérêt de refléter davantage l’his-toire du passé colonial local : la plupart des pièces réu-nies au musée ont en effet été rapportées des coloniesfrançaises d’Afrique par des militaires ou des mission-naires rochelais.
M a r c D e n e y e r M a r c D e n e y e r M u s é u m d ’ h i s t o i r e n a t u r e l l e d e L a R o c h e l l e
Masque de phacochère,population Piaroa, Venezuela.Coton, écorce battue, fibresvégétales. Collections dumuséum d’histoire naturelle deLa Rochelle (2005.22.12).Acquisition en 2005.Ce masque est utilisé lors durituel annuel du
Warime
. Aucours des danses, les masquesévoquent les esprits mythiques.Collier Jivaro,Equateur-Pérou(groupe Achuar,Shuar ou Shiwiar,haute Amazonie, fin
XIX
e
-début
XX
e
).Collection dumuséum d’histoirenaturelle de LaRochelle.Coquillages, élytresde coléoptères, becde toucan. Don deStephen Chauvet.Parure sans douteportée par unchamane en raisonde la présence dubec de toucan.Coiffe des IndiensMarepisanos,Amazoniebrésilienne. Ecorce,fibres végétales,plumes d’ailes d’araAraruana. Collectépar le docteurMunerati entre 1857et 1860. Acquise parle muséum en 1935(échange avec leMHN de Marseille).Page de gauche :Collier royal d’Hawaï (
XIX
e
).Cheveux humains, ivoire decachalot, fibres végétales.Coll. du docteur EtienneLoppé. Achat de la villede La Rochelle en 1956.
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