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L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES 
 N°73 
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sions – auxquelles aucun souverain africain ne fut con-vié – visaient à prévenir les litiges que les conquêtescoloniales risquaient de provoquer entre puissanceseuropéennes. A partir de cette date-là, la France se ral-liait à la théorie d’une Afrique
terra nullius
, essentiel-lement peuplée de nations sauvages et non organisées,à qui le droit international ne reconnaissait guère plusque le pouvoir d’abdiquer leur souveraineté. Désor-mais, c’est la force et la conquête qui font le droit.Cette violence se cherchait des prétextes : la confé-rence de Berlin s’était donné pour but de coordonnerentre les Occidentaux la lutte contre la traite négrièrearabe, laissant ainsi croire que la colonisation de l’Afri-que se faisait au nom de la liberté !L’un des principaux cautionnaires de cette super-cherie fut un ecclésiastique, Charles Lavigerie, ar-chevêque d’Alger et fondateur des Pères blancs, unordre missionnaire chargé de fonder des coloniesagricoles protégées des razzias esclavagistes. On saitque des formes de soumission servile perdurèrentnéanmoins durant toute la durée de la colonisation(travail forcé, réservoirs de main d’œuvre dans les«villages de liberté»...). Mais l’alibi idéologiquefonctionna : le roi des Belges Léopold II, principalbénéficiaire de la conférence de Berlin qui lui re-connaissait un immense territoire dans le bassin duCongo, en fit même un instrument essentiel de sonimplantation en Afrique centrale. Son agent, Stan-ley, après sa traversée du continent, s’employait de-puis la fin des années 1870 à reconnaître les ressour-ces commerciales du Congo et à maintenir les bon-nes relations avec les potentats locaux. Vers l’est,les territoires soumis à l’influence du traitantzanzibarite Tippo-Tib (vers 1840-1905), installé àKisangani (Stanley Falls), étaient particulièrementen ligne de mire : ce marchand d’esclaves détenaitla clé des routes de l’ivoire et de l’accès à la hautevallée du Nil, un sésame que Léopold II rêvait des’approprier... En 1887, le roi amadouait Tippo-Tibavec le titre de gouverneur de l’Etat indépendant duCongo pour le district des Stanley Falls. Le traitantdevait accepter en outre un résident européen à sescôtés et s’engager officiellement à lutter contre letrafic des esclaves. Léopold tentait ainsi de résou-dre la quadrature du cercle : s’entendre avec les com-merçants arabes pour accéder au lucratif marché del’ivoire, sans pour autant donner le sentiment de pro-téger la poursuite de la traite négrière....
«C’est un métis d’arabe et de négresse d’une taille au-dessus de la moyenne, au front fuyant, à la barbe gri-sonnante, au nez épaté. Tout indique l’origine noire ;c’est néanmoins une belle figure, qui doit en imposer aux masses.
[…]
C’est l’homme sans la permission
L’explorateur
Lors de sa traversée de l’Afrique équatoriale, du Congo au canalde Mozambique, Elisée Trivier rencontre Tippo-Tib, le «sultan noir»
Par
Sébastien Jahan
et lesclavagiste
continent noir
L
a célèbre conférence de Berlin, réunie de no-vembre 1884 à février 1885, marque un tour-nant dans l’histoire de l’Afrique. Les discus-

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