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L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES 
 N°73 
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Est pour y fouiller le sol. Directeur derecherche au CNRS (UMR 6566), lepréhistorien poitevin dirige actuellementla mission archéologique française auMyanmar (Birmanie), associée au muséeGuimet et financée par le ministère fran-çais des Affaires étrangères.C’est lors d’un mission en Thaïlande ini-tiée par l’anthropologue B. Vandermeeschet l’archéologue M. Santoni qu’il eut larévélation de l’Asie. «Le coup de foudrefut immédiat pour ce pays, dit-il, maisaussi pour le Laos, le Cambodge, le Viet-nam, le sud de la Chine. J’y ai trouvé unmonde rural où les gens semblent vivrehors du temps.»D’un point de vue strictement archéolo-gique, la tâche à accomplir est considéra-ble puisque la préhistoire de certains deces pays (Myanmar, Laos, Combodge)est peu étudiée donc peu connue : «C’estcomme si nous étions à l’époque deNapoléon III en train de chercher lesvestiges de nos ancêtres les Gaulois.C’est très excitant. Nous posons les ba-ses pour les chercheurs des générationsà venir, parmi lesquels les jeunes archéo-logues asiatiques qui participent à noscampagnes.» Ainsi, au Myanmar,l’équipe travaille sur le passage du Néo-lithique aux âges des métaux, et jusqu’àla fin de la préhistoire. Cela devrait per-mettre de mieux cerner l’évolution despremières civilisations agricoles et mé-tallurgiques, l’influence de l’hindouismeet du bouddhisme, les échanges avecl’Inde et la Chine.Les archéologues fouillent principale-ment des sépultures, ce qui n’est pastoujours acceptable pour les populationslocales, même si les squelettes mis au jouront 2 000 ans. Par exemple en Thaïlande,où l’on pratique la crémation, Jean-PierrePautreau eut à régler des situations déli-cates qui lui ont permis de réviser son jugement sur l’animisme – il affirme eneffet que, dans le nord de la Thaïlande, lebouddhisme n’a pas réduit le fond ani-miste des gens. «On fait appel aux moi-nes mais aussi aux chamans parce que lesesprits sont omniprésents. J’ai appré-hendé très tôt cette dimension spirituelleet j’ai constaté que cet animisme-là étaitune chose beaucoup plus complexe – etfascinante – que je l’imaginais. L’an-crage très fort de l’animisme m’est ap-paru en 1996. Avec Patricia Mornais,nous venions de mettre au jour une tombed’enfant. Le bloc contenant le squelette aété transporté à la maison de fouilles oùl’on travaillait mais les propriétaires ontvivement protesté. Des gens cultivés : lafemme était proviseur d’un grand lycée deChiang Mai, son mari avait un poste équi-valent à nos sous-préfets et le fils étaitmédecin. Ils étaient très mécontents parceque, le squelette n’étant pas brûlé, lesesprits de l’enfant allaient hanter la maisonet la rendre invendable à jamais. Aprèsavoir fait intervenir des amis thaïlandais, j’ai finalement payé une cérémonie d’exor-cisme afin que les esprits quittent la mai-son. Et nous avons pu continuer notretravail. Par la suite, dès qu’il était questionde fouiller une sépulture, nous avons sol-licité les services de bonzes qui organi-saient une cérémonie avec les gens duvillage pour chasser les esprits.»
Jean-Luc Terradillos 
JEAN-PIERRE PAUTREAU
La découverte des espritsD
Asie
epuis 1985, Jean-Pierre Pautreaupart chaque année en Asie du Sud-en 1912. Il se destine à une carrièremilitaire. En 1914, il est mobilisé enMacédoine et cette expérience de la guerrelui prouve que sa vocation n’est pas dansles armes. Passionné par les sciences, enparticulier la géologie et la préhistoire,l’officier d’artillerie coloniale demande àêtre détaché en Indochine. De 1921 à1927, il travaille pour le service géologi-que de l’est du Tonkin et accomplit uneœuvre de pionnier en ce domaine qui luifournit le matériau de sa thèse (1927).Ensuite, il est nommé professeur à lafaculté des sciences de l’Université dePoitiers, dont il deviendra le doyen. Avantsa mort, en 1987, il fait don d’une partiede ses collections archéologiques à laville et, en 2003, Genevière Patte donneles archives de son père aux musées dePoitiers. Notons qu’Etienne Patte a pu-blié en 1929 un livre intitulé :
 Renseigne-ments pratiques sur l’Indochine, spécia-lement le Tonkin, à l’usage du voyageur naturaliste et de l’explorateur.
ETIENNE PATTE
Archéologue de l’IndochineF
ils de notaire, né à Pontoise en 1891,Etienne Patte entre à Polytechnique
THIERRY GIRARD
a photographié le Japon, le Maroc,longé le cours du Danube, traverséla France de la Méditerranée à lamer d’Iroise, parcouru les frontièresdu Poitou-Charentes. De 2003 à2006, il a suivi l’itinéraire de VictorSegalen en Chine («La GrandeDiagonale»,
L’Actualité 
64).Ci-contre : Zhou Bima, villagede Wa Kua au bord du lac Luguen pays Mosso, Sichuan.25 février 2006.
   J  e  a  n  -   P   i  e  r  r  e   P  a  u   t  r  e  a  u
Chantier defouilles àHtan Ta Pin(Myanmar),février 2006.

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