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RICHARD DANIER - ANDRE BRETON ET L'HERMÉTISME ALCHIMIQUE 1976

RICHARD DANIER - ANDRE BRETON ET L'HERMÉTISME ALCHIMIQUE 1976

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Breton possédait une solide connaissance de
l'alchimie : Flamel, Maïer, Fludd, Paracelse, Fulcanelli et son disciple Canseliet lui furent
familiers1. Outre cette connaissance, Breton, on n'en peut douter, a été conquis par
certains aspects de l'alchimie, qui ont renforcés l'attrait que cette dernière pouvait exercer
sur son système de pensée. Un surréaliste ne peut en effet que se sentir attiré par un
courant d'idées en lutte contre l'Eglise, la pensée officielle et l'esprit scientifique. En outre,
Breton a pu aussi être saisi par le merveilleux que représente l'alchimie, merveilleux qu'il
ne cessa d'invoquer, source pour lui de connaissance et de beauté, en opposition à ce
réalisme dont il fit tant de procès ; merveilleux, ce qu'obtient l'artiste dans son athanor ;
merveilleux, le combat des deux natures, l'envol du phénix, l'élaboration de la Pierre et les
transformations spirituelles de l'opérateur ; merveilleux aussi les textes alchimiques.
Breton possédait une solide connaissance de
l'alchimie : Flamel, Maïer, Fludd, Paracelse, Fulcanelli et son disciple Canseliet lui furent
familiers1. Outre cette connaissance, Breton, on n'en peut douter, a été conquis par
certains aspects de l'alchimie, qui ont renforcés l'attrait que cette dernière pouvait exercer
sur son système de pensée. Un surréaliste ne peut en effet que se sentir attiré par un
courant d'idées en lutte contre l'Eglise, la pensée officielle et l'esprit scientifique. En outre,
Breton a pu aussi être saisi par le merveilleux que représente l'alchimie, merveilleux qu'il
ne cessa d'invoquer, source pour lui de connaissance et de beauté, en opposition à ce
réalisme dont il fit tant de procès ; merveilleux, ce qu'obtient l'artiste dans son athanor ;
merveilleux, le combat des deux natures, l'envol du phénix, l'élaboration de la Pierre et les
transformations spirituelles de l'opérateur ; merveilleux aussi les textes alchimiques.

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09/01/2010

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ANDRE BRETON ET L'HERMÉTISME ALCHIMIQUE par RICHARD DANIER 
(Revue Question De. No 15. Novembre-Décembre 1976)
« Je cherche l'Or du temps... » Ces mots qu'André Breton écrivit en 1924, et qui sont reproduits sur sa tombe, nous rappellent l'importance qu'occupa l'Alchimie dans sa vie. Pourtant, à propos de la pensée du « pape du surréalisme », on parle beaucoup delittérature, de peinture, de politique, moins d'hermétisme, jamais, pratiquement,d'alchimie. Or cette dernière apparaît clairement — pour qui sait en soulever les voiles — au long de son œuvre. Richard Danier dans une thèse dirigée par le Pr Michaud, soutenue à Nanterre, souligne les rapports étroits entre le surréalisme (et Breton en particulier) et l'ésotérisme ; dans le cadre limité de cet article, il se borne à l'aspect alchimique, principalement à travers trois livres (trois « œuvres », pourrait-on dire) de Breton :
 Nadja, l'Amour fou, Arcane 17
.
Il convient de rappeler, au préalable, que Breton possédait une solide connaissance del'alchimie : Flamel, Maïer, Fludd, Paracelse, Fulcanelli et son disciple Canseliet lui furentfamiliers
1
. Outre cette connaissance, Breton, on n'en peut douter, a été conquis par certains aspects de l'alchimie, qui ont renforcés l'attrait que cette dernière pouvait exercer sur son système de pensée. Un surréaliste ne peut en effet que se sentir attiré par uncourant d'idées en lutte contre l'Eglise, la pensée officielle et l'esprit scientifique. En outre,Breton a pu aussi être saisi par le merveilleux que représente l'alchimie, merveilleux qu'ilne cessa d'invoquer, source pour lui de connaissance et de beauté, en opposition à ceréalisme dont il fit tant de procès ; merveilleux, ce qu'obtient l'artiste dans son athanor ;merveilleux, le combat des deux natures, l'envol du phénix, l'élaboration de la Pierre et lestransformations spirituelles de l'opérateur ; merveilleux aussi les textes alchimiques.Citons Breton lui-même :
 Les recherches surréalistes présentent avec les recherchesalchimiques une remarquable analogie de but : la pierre philosophale n'est rien d'autreque ce qui devrait permettre à l'imagination de l'homme de prendre sur toutes choses unerevanche éclatante
2
.
« NADJA » (1928) : LA QUETE DE LA CONNAISSANCE
Ce roman ne peut être valablement compris, dans notre propos, qu'à la lumière des deuxsuivants. C'est la première pierre de la quête de Breton, qui prendra tout son sensalchimique par la suite :
 Nadja
, c'est le début du mot espérance, « mais le débutseulement ». A cette époque, Breton est dans un état particulièrement réceptif. Les termesde quête et de disponibilité caractérisent le mieux son attitude : on est là sur la piste, ou plutôt à l'affût de ce hasard objectif, dira-t-il de lui-même dans les
Vases communicants
.Ses recherches dans le monde de l'inconscient et des pouvoirs surréels s'effectuent avecferveur. Son engagement politique vacille (il entre au P.C.F. en 1927 et le quitte peuaprès)... Dans cet état, il ouvre
 Nadja
par la relation de sa rencontre fortuite avec cette
1
 
La pratique de la symbolique alchimique lui a permis de s'exercer à une critique d'uneœuvre d'André Roussel très significative à ce sujet (
 Fronton Virage
, in « Clé des Champs»). On vérifie ainsi sa maîtrise de la tête de mort, la renaissance, la sublimation, les pierres au noir, au rouge, au blanc, du dragon éccail1é, du dissolvant, du rebis, de la pierrecubique, etc., éléments nécessaires à 1a « coction » alchimique.
 
2
 
A. Breton : Manifeste du surréalisme.
 
 
dernière à un carrefour (place Franz-Liszt, à Paris), entre une église (Saint-Vincent-de-Paul) et la librairie de l'Humanité (rue La Fayette), résumant ainsi grossièrement sa position devant deux voies contradictoires. Puis il nous révèle qu'il cherche à « descendredans les bas-fonds de l'esprit », ce qui signifie pour lui revenir au « théâtre des Deux-Masques ». Ce théâtre est aussi un théâtre mental, et c'est dans le bas-fond de son espritqu'il devra se dévoiler et jeter les masques de ses multiples personnalités internes. Maisqu'y joue-t-on ? Les Détraqués, avoue-t-il, histoire sur des filles de Lesbos qui se conclut(l'unité n'étant pas réalisée dans le couple naturel) par la mort de l'enfant. Et Breton decontinuer la description de son état en cherchant à rencontrer 
dans la nuit, dans un bois,une femme belle et nue
, c'est-à-dire la vérité dans une situation sombre et broussailleuse.Résumons : Breton est à un « carrefour » du développement de sa personnalité qu'il sonde profondément ; c'est alors que surgit de son inconscient Nadja. Jung a noté, dans
 Psychologie et Alchimie
3
, que les manifestations de l'inconscient empruntent un caractèreféminin et, qui plus est, fée ou sirène, forme sous laquelle se dessine Nadja. De plus, lorsde sa première rencontre, elle apparaît de dos, ce qui souligne son aspect caché. Nous nenous étendrons pas sur la description de Nadja : tout concourt à la peindre comme un êtremystérieux, mais savant, voyant même, envoyé à Breton pour l'éclairer et lui montrer savoie :
C'était une étoile vers laquelle vous alliez. Vous ne pouviez manquer d'aller à cetteétoile
.Escorté de son Mentor, Breton, partant du nord de Paris et se dirigeant vers le sud, s'arrêtedîner dans l'île de la Cité. Cet épisode, au centre du livre, sur une place au cœur de Paris etdans une île, place le couple au « cœur du monde », d'ailleurs perçu comme tel par Breton:
 J'ai senti m'abandonner peu à peu l'envie d'aller ailleurs
. Alors Nadja parle àBreton. Elle lui dit sa certitude d'un souterrain passant sous eux, désignant ainsi le courantinconscient de sa personnalité, puis lui montre une fenêtre noire qui — comme sur sonordre s'illumine en rouge : la lumière est le savoir ; le noir et le rouge, les couleurs dedébut et de fin d'Œuvre alchimique ; la fenêtre, l'ouverture sur l'avenir de Breton. Maiscette dernière est encore barrée d'un rideau qu'il faudra lever :
C'est de là que tout peut venir, c'est là que tout commence
.Plus loin, le couple s'engage sur le Pont-au-Change
4
et se dirige vers l'ouest, toujours à la poursuite du soleil (franchir la Seine au Pont-au-Change, c'est se purifier par l'eau ettroquer ses habits...). Nadja se fait plus explicite :
C'est vrai que le feu et l'eau sont lamême chose
[...] ;
le feu et l'or, c'est tout différent 
. Rendre semblables les élémentsopposés, n'est-ce pas là le travail alchimique, réglé par les dissolutions et combustions ?Mais attention ! L'or alchimique n'est pas l'or du profane ! Les philosophes par le feucherchent le feu de vie et non un vulgaire métal. Enfin, la promenade s'achève au jardindes Tuileries devant un jet d'eau symbolisant le jaillissement lucide de la conscience. Dusouterrain au jet, l'unification de la personnalité de Breton passera par le choix del'alchimie, lui permettant seule d'unir les contraires. Mais il n'en est qu'à l'étude de son étatet au début de son évolution. Ajoutons que la date de sa première rencontre avec Nadja est
3
 
C.-G. Jung :
 Psychologie et Alchimie
(Paris, Buchet-Chastel , 1944 et 1973) .
 
4
 
Les lieux cités ne sont pas tous explicitement nommés
dans le livre, mais une enquêtepermet de les restituer avec certitude.
 
le 4 octobre : 4, chiffre de la pierre cubique, base de l'Œuvre, octobre, sous le signe de laBalance, caractérisant l'état d'âme du poète
5
.
L'AMOUR FOU (1937) : LA MARCHE INITIATIQUE
Malgré dix années d'écart, ce roman fait suite au précédent. D'une part, Nadja se termine par l'annonce d'Aube, à qui est dédié le dernier chapitre de l'Amour fou, d'autre part, tousdeux retracent une rencontre décisive pour l'auteur avec une femme ; enfin, denombreuses « séquences » se retrouvent d'un roman à l'autre. Sans les citer, retenons-enau moins le nombre : une douzaine !Ainsi qu'il le fit avec Nadja, Breton traverse Paris au bras d'une compagne désignée icisous le nom d'Ondine
6
. Le premier point de convergence des deux personnages se trouveface au cimetière du Nord et le point d'aboutissement, l'union du couple, dans l'hôtel faceà l'hôpital de la Maternité
7
. Du nord au sud, du cimetière à la Maternité... ce tracé est àl'évidence celui de l'initiation, de la marche vers la lumière, de la mort et de larésurrection
8
.La promenade du couple (marche de nuit qui prend fin au petit matin) passe par : — le square des Innocents qui évoque le fameux massacre, thème cher à Flamel selonFulcanelli et parfaitement connu de Breton ; — Notre-Dame de Paris, dont l'auteur ne retient que la grande rosace du vitrail où dominele rouge solaire, se souvenant de la leçon du même Fulcanelli sur le sens de la couleur desrosaces en rapport avec les étapes du Grand Œuvre ; — le pont au Change, déjà rencontré dans Nadja. Mais au-delà du symbolisme spatial quenous ne pouvons approfondir ici, le temps est également significatif. L'apparitiond'Ondine se fit un 10 avril (Bélier) et la randonnée le 29 mai (Gémeaux) :
 Pour le Bélier et le Taureau, ainsi que les Jumeaux, ils apprennent que c'est en ce temps-là que le sagealchimique doit aller au-devant de la matière
... La période de printemps, où l'Esprit vitalréanime toutes les plantes, où la rosée de mai descend sur terre, est celle choisie par lesalchimistes qui, recréant la vie dans leur athanor, suivent ce qui est écrit dans le grandLivre de la Nature. La nuit que traverse Breton lors de sa marche correspond à l'étapenécessaire avant l'illumination. La nuit ou la mort est le signe de la décomposition du
5
 
Le roman est également susceptible d'offrir une interprétation par les Tarots. Nous neretiendrons que
deux lames, l'Amoureux (représenté à l'intersection de deux chemins) et le Fou,le guide, « celui qui met en garde contre les divagations » (0. Wirth), qui représentent sans malBreton et sa compagne.
6
 
Jacqueline Lamba n'est jamais citée sous son vrai nom. Breton s'intéresse
plus ici au rôleet au symbole d'Ondine qu'à la femme réelle.
7
Comme pour Nadja, une enquête a permis de reconstituer les lieux.
8
 
René Guénon a bien noté, dans son
Symbolisme de la caverne
, que le temple initiatique adeux portes : celle du nord représentant la descente au tombeau et la mort au matériel ;celle du sud, c'est-à-dire de la naissance au spirituel. De même, la pierre vile doit mourir dans le compost pour renaî
tre, parfaite.

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