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Chat Room

Chat Room

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Published by Amphigoure Volapük
article paru sur iletaitunefoislecinema
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Published by: Amphigoure Volapük on Sep 11, 2010
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11/18/2012

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Chatroom – hideo nakata Adapté d’une pièce de théâtre anglaise "pour les jeunes" (sic!), c’est-à-dire édifiante au sensle plus XIXème siècle du terme, "Chatroom" se veut une parabole tétanisante sur l’époquemais vole si bas dans son discours nauséabond et amalgamant que même le savoir-faire deNakata ne parvient pas à le préserver au mieux du ridicule, au pire du révoltant. Internet, péril ou menace ?
CQFD : Le conteur peut raconter avec grand talent les pires infamies, mettre en scène trèsbrillamment les discours les plus ineptes ou carrément débectants lorsque le climat culturel s’y prête.Certains en ont fait leur fond de commerce, d’autres s’y sont égarés, quelques uns s’y sont cautérisésles extrémités. Lovecraft, Heinlein, Céline, Bernanos, Riefenstahl, Burgess, Autant-Lara, Sartre ouGide ont plus ou moins souvent pollué leurs proses d’idéologies douteuses, nombre d’artistesintéressants sont tombés dans de grands pataquès psycho-religieux, etc etc. L’autre mal qui guette,c’est celui du mercenariat poussant à appuyer n’importe quel appareil ou discours par des travaux decommande dont on feint de ne pas considérer la portée dans le monde "réel" (Riefenstahl encore, ouEisenstein dans une certaine mesure). Et parfois, l’époque vous étouffe, vous assimile à la manièred’un Blob puissant et incolore, et vous bêlez bientôt avec le troupeau, tout content de traverser la viedans les passages cloutés du courage autorisé de votre temps, les nombreux maquisards deseptembre 45 en attestent, la tondeuse encore à la main, mais les avatars de ce panurgisme ne sontpas nécessairement aussi spectaculaires (au hasard, on citera les cucuteries citoyennement correctesde légions de Tardi ou de Bégaudeau à travers les âges médiatiques). Ils sont en revanche toujoursrelayés dans un art, disons officiel, ou reconnu comme valide par ses contemporains. Aussi l’analysed’un film, qui plus est quand il est notoirement "à thèse" comme dans le cas présent, se doit depasser par l’analyse du discours servi par celui-ci, sous peine de passer à côté de la plaque.Nakata fait pour la première fois de l’art officiel, et se met au service d’un discours simplificateur,démagogique, dont l’aspect répandu n’est pas le moindre de ses caractères révoltants. Notons que sil’homme n’a jamais été un ermite superbe, misanthrope et philosophe, jetant anathèmes et méprissur le monde, ses films restituaient néanmoins, sous le manteau, une conscience un peu désabuséede l’état du monde, ou en tous cas n’éludaient pas les questions fâcheuses. On arrive de fait curieux àla séance de son nouveau film. Et la déception de vous attraper dès la première bobine pour ne plus vous lâcher. Car si Edna Walsh, instigatrice historique du projet, semble bien plus à blâmer queNakata sur le fond du problème (on retrouve certaines thématiques chères au cinéaste telles que ladesintégration des cellules familiales, et l’on comprend mieux sa motivation sur le projet), le fait estqu’il semble croire à ce qu’il nous répète, le bougre.Une poignée d’archétypes, pardon de personnages jeunes et représentatifs de la cible : un dépressif asocial sous Rivotril, une fille à maman, une fashionista (la quasi-totalité des personnages fémininsest à claquer à coups de pelle à neige) et un djeun’s ethnique amoureux platonique d’une môme de11ans. Trop super cool jeunes et modernes, ils se retrouvent sur un chatroom ouvert par un adocharismatique, dont l’apparence de Tyler Durden aux petits pieds cache un horrible prédateur quicherche à détruire leurs vies via les réseaux virtuels multimédia interactifs en Meuporgue 2.0. Parceque d’abord, il est malheureux, et qu’il ne désire que pousser les gens au suicide social ou physique,tout boursoufflé de frustrations qu’il est, y’a plus que ça qui l’excite. Ses parents ont bien essayé delui confisquer son smartphone, mais malheur : Il en avait deux !Comme dirait l’autre, c’est quand même du lourd. Même si une ou deux bonnes idées narrativesémergent, comme le fait de faire de William (le méchant jeune donc) le fils d’une pseudo J. K.Rowlands : ça c’est très bien vu, mais pas comme l’imaginait l’auteure Edna Walsh, qui cherchait parlà à montrer une cellule familiale enviable et équilibrée détruite par un agent extérieur – ici le«virtuel», avec son couteau entre les dents – pour faire trembler dans les maisons mitoyennes. Ouencore la jolie évocation par Jim de l’abandon de son père. Autre point à mettre au crédit du film,une tentative concluante de montrer l’espace virtuel avec des moyens cinématographiquessatisfaisants, ce qui à notre époque n’est toujours pas gagné – voir à ce titre le récent L’autre Monde
 
de Gilles Marchand. Ici, même si l’opposition des colorimétries entre net et « monde réel » (quiapparaît comme le plus faux des deux) est un peu trop appuyée pour être bien sérieuse, l’idée de fairedes espaces virtuels des salons reliés entre eux par des couloirs à l’infini, façon Playstation Live dansun souterrain, n’est pas nécessairement idiote. Elle permet au moins de transposer les horribleshabitudes visuelles des homepages et blogs d’ados, avec leurs cortèges de gif-animés/effets-glitter/lensflares-photoshoppés/tout-ce-pique-les-yeux-lol, dans un langage pictural identifiableimmédiatement, puisque utilisant des objets réalistes, souvent volontairement assez laids ou jurantentre eux, quand ce n’est pas une jeune fille qui tapisse les murs (i.e. sa page en ligne) de photosd’elle-même. Tous ces avatars plus ou moins bien observés empaquètent cependant un discours qui n’appelle querécusations de la part de quiconque ayant un horizon culturel allant plus loin que les humoristessurvivants des époques pompidoliennes et les journaux de treize heures régionalistes. Quiconque,donc, ayant un usage d’Internet ne se limitant pas à l’échange de chaines d’e-mails bourrées dePowerpoint humoristiques dans la boîte à courriels de l’entreprise, et une vision dudit bornée auxreportages de société alarmistes à destination de la mère de famille qui y croit. Bref, à part pourl’oncle Gilbert ou madame Michu, voilà un film qui ne rencontrera que levés de sourcils circonspectsdans un premier temps, avant de s’attirer quolibets et jets d’articles maraîchers pas frais dans unsecond.Dans Chatroom, on ne peut rien trouver de bon dans quelque monde virtuel existant, et ça fait peur;à la rigueur (à la marge même), l’on s’en servira pour organiser des rencontres IRL vouées à luttercontre les dangers de ce monde décidément trop neuf et intangible pour être honnête (c’est l’objetdu dernier acte). C’est bien connu, Internet c’est rempli de hackerz de cartes bancaires nazispédophiles d’Al Qaeda en mp3. On retrouve, de fait, l’ensemble des fantasmes et amalgames pour lemoins excessifs des dix dernières années dans les pays occidentaux, dans ce film pourtant conçu parun japonais (certes reprenant à son compte une théorie d’origine strictement anglo-saxonne). Aupoint qu’on se retrouve, bientôt, devant une sorte de version longue de la publicité gouvernementalesur les dangers du web, qui avait fait couler un peu d’encre l’année dernière, où les simples adeptesde jeux vidéos étaient placés au même niveau, et mis au même ban, que le porno hardcore, lesmolesteurs d’enfants et les skinheads. La photo désaturée très "mode" de la moitié du film reprendd’ailleurs à la teinte Pantone près celle dudit spot… www.dailymotion.com/video/xbg16q_dangers-potentiels-d-internet-pub_news Par moments dans le métrage, comme avec l’épisode du pédophile, c’est carrément la grammaireentière de tels spots de pub qui est reprise telle quelle, du découpage à la direction artistique. Et pourappuyer la thèse imbécile qu’on entend nous implanter à coups de bèche, on ne reculera devantaucun sacrifice, aucune dépense, aucune invraisemblance. Comme ce sous-pitch ridicule de bout enbout où une ravissante goth décide comme ça, d’un coup, que ce jeune garçon renfermé qui rentreles épaules devant son PC portable est incroyablement séduisant, et va ni une ni deux lui faire du plat(raclements de gorge polis). Lui, plutôt que de sauter sur l’aubaine (il a 17 ans, ils sont à Londres, elleest jolie et s’intéresse manifestement à lui de manière romantique : dans n’importe quel monde que vous arpenterez ces dix prochaines années, il ne se passerait pas une demi-heure avant qu’il ne lagave de GHB à l’aide d’un entonnoir.), préfère fuir ventre à terre pour rejoindre ses faux amis virtuels, qui vont d’ailleurs bientôt le pousser au suicide. Tout ceci est pire qu’incrédible, c’estinsultant. Passons sur la jeune dinde (jouée par une protagoniste de la série Skins, tiens donc, si c’estpas l’un des sujets brûlant de l’année médiatique au rayon "Internet change notre jeunesse enSodome et Gomorrhe") que deux actes de vandalisme véniel rapprochent de sa famille, ou sur lajeune mannequin tête-à-claques qui prend de grands airs de manipulatrice à gros QI sans voir venir àtrois kilomètres le piège qu’on lui tend pourtant avec de gros sabots.Le summum du jusqu’au-boutisme dans l’imbécillité intervient quant à lui lors d’un épisode dans le virtuel où un salon est entièrement consacré au cyber-bullying (une bande de forumeurs s’acharneplusieurs jours d’affilée sur un gosse de dix ans et se balancent des high-five de joie lorsque ce

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