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L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES
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N° 74
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prix de thèse
contemporaine à l’Université de Poitiers,Elise Yvorel a effectué sa thèse de docto-rat sur «Les enfants de l’ombre. Prisonsspécifiques et prisons ordinaires pourmineurs en France : la vie quotidiennedes jeunes détenus au
XX
e
siècle». Lors dela journée de la communication scientifi-que organisée en mai par l’Ecole docto-rale des sciences humaines, économi-ques et sociales, Elise Yvorel a obtenu lepremier prix de thèse offert par la RégionPoitou-Charentes.
ELISE YVOREL
Historienne engagée
Pour la jeune femme, la thèse a été,surtout, un acte militant. En raison duchoix de son sujet de recherche : lesenfants en prison, thème qui renvoie à dedélicats questionnements politiques ac-tuels. Et en raison de ses convictions :elle est opposée à l’envoi d’enfants enprison, et se met à rire en repensantqu’elle a eu «le culot» de conclure sonoral en se déclarant «favorable à l’abo-lition des prisons»
.
Une prise de posi-tion peu conventionnelle, qui lui corres-pond à 100 %. Et qui n’a pas perturbé le jury puisqu’elle a, malgré ce «militan-tisme affiché», reçu le premier prix de lacommunication scientifique (1 500
€
).Un succès dont la jeune femme s’étonneencore. D’autant qu’elle garde en mé-moire de nombreux déboires scolaires.En effet, longtemps étiquetée «pas trèsbonne élève», elle s’est révélée studieusesur le tard : c’est seulement en maîtrise,après avoir eu son bac et son Deug aurattrapage, qu’elle commence vraiment àbriller dans ses études grâce au travail derecherche propre à la maîtrise qui luipermet de découvrir enfin l’autonomie etl’indépendance.
«C’en était enfin fini descours à apprendre par cœur»
,
se sou-vient-elle
.
C’est aussi durant cette annéede maîtrise qu’elle parvient, pour lapremière fois, à concilier son intérêtpour «les marginaux» avec ses études,en se lançant dans la rédaction d’unmémoire sur le centre spécial d’observa-tion de l’éducation surveillée de Fresnes.Un avant-goût qui la convainc de pour-suivre sur la voie de la thèse.Aujourd’hui titulaire d’un bac+8, ellesavoure ce pied de nez fait à ceux qui nela voyaient pas dépasser le Deug. Ets’avoue très fière d’avoir pu remédier àl’absence de recherches historiques surles mineurs en prison, grâce à son travailcouvrant tout le
XX
e
siècle et faisant letour de tous les établissements ayantaccueilli des mineurs (qu’ils aient ounon un quartier spécial pour eux). Ellesait aussi que le plus dur reste à faire :trouver un travail. Volontaire, elle pro-met de tout faire pour réaliser son rêve :devenir historienne au CNRS. Mais pourle moment, et parce qu’il faut bien vivre,la jeune femme enchaîne les CDD. Unesituation aléatoire et précaire dont ellecommence à se lasser. «Je vais bientôtavoir 30 ans et ça me fait réfléchir, jecrois qu’il est temps que je construisequelque chose», souffle la jeune femme,avant d’ajouter, souriante, qu’elle n’estpas inquiète.
Aline Chambras
M a r i e A u g u s t i n
la Région Poitou-Charentes (1 500
€
)attribué par l’Ecole doctorale ingénieriechimique biologique et géologique del’Université de Poitiers. Docteur depuismars 2005, elle a réalisé sa thèse aulaboratoire de catalyse en chimie organi-que (UMR CNRS 6503), dans l’équipecatalyse par les oxydes dirigée par JoëlBarrault. Elle a travaillé en collaborationavec Ludovic Pinard, maître de conféren-ces, et sous la direction de Jean-MichelTatibouët, directeur de recherche auCNRS. Actuellement en stage post-doc-toral à l’Institut de recherche sur la cata-lyse à Villeurbanne, elle continue sesrecherches dans son domaine de prédilec-tion : la catalyse ! Son thème de thèse étaitinscrit dans un projet européen CleanRcabdont le but était de développer des métho-des innovantes pour assainir l’air ambiant.Coordonné par l’équipementier automo-bile Valeo, ce projet comptait les construc-teurs Fiat et BMW, deux PME (suisse etallemande), un centre de recherche enFinlande et deux universités.«Jusqu’à présent, seul un accent impor-tant était mis sur l’étude de la pollutionextérieure mais récemment la commu-nauté scientifique s’est inquiétée de ladépollution de l’air intérieur. Notre ob- jectif était de mettre au point un procédéinnovant pour la décontamination desespaces clos comme les habitacles devoiture», précise Sophie Delagrange.Dans ce contexte, un système associant unplasma froid, gaz ionisé créé par une dé-charge électrique, et un catalyseur a étédéveloppé. Les essais de Sophie Delagrangese sont portés sur le toluène, composécaractéristique de la pollution intérieureappartenant à la famille des composésorganiques volatils. Par cette méthode, cepolluant a été totalement détruit en dioxydede carbone et en eau, molécules inoffen-sives pour la santé humaine. Pour validerces résultats et démontrer l’efficacité dece procédé, des tests ont été réalisés avecsuccès sur banc d’essai en conditionsréelles au laboratoire.
S
ous la direction de FrédéricChauvaud, professeur d’histoire
SOPHIE DELAGRANGE
Dépollution de l’air ambiantS
ophie Delagrange a reçu le premierprix de la communication 2006 de
Actu74 ter.pmd03/10/2006, 19:174
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