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L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES
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N° 74
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tantes dans la mesure où elle a permis de faire reculerde façon très nette le taux de mortalité, en permettantde guérir certaines maladies infectieuses.Les antibiotiques sont des agents anti-infectieux quiagissent exclusivement et spécifiquement contre lesbactéries. Ils n’ont aucun effet contre les virus. Lepremier connu, fruit d’une heureuse découverte deSir Alexander Fleming, fut la pénicilline, substancenaturelle issue d’une moisissure nommée
Penicilliumnotatum
. Il montre, un peu par hasard, que cette moi-sissure, se développant naturellement sur des fruitsou des fromages, empêche la prolifération du bacillede la diphtérie et de celui du charbon. Plus tard, en1939, le Français René Dubos découvre qu’une bac-térie appelée
Bacillus brevi
est capable de produireune substance empêchant la multiplication de certai-nes autres bactéries. Puis la streptomycine a été dé-couverte en 1952.
«Les antibiotiques mis au point par la suite seront généralement de nature synthéti-que,
précise le professeur France Roblot, praticienhospitalier dans le service de médecine interne etmaladies infectieuses et tropicales du CHU de Poi-tiers.
Aujourd’hui, la plupart des molécules anti-infectieuses sont des dérivés semi-synthétiques pré- parés par des modifications chimiques de produitsde base naturels. En 2004, une nouvelle classe thé-rapeutique est apparue, celle du linézolide, com- posé chimique à la structure originale, actif contreles germes à gram positif, mais c’est exceptionnel. Dans 99 % des cas, le nouveau composé appartient à une classe déjà existante.»
Chaque antibiotique peut se définir par son spectred’activité, c’est-à-dire les espèces sur lesquelles il estsusceptible d’être actif
in vivo
. Ainsi, il est usuel deséparer les antibiotiques à large spectre (agissant surles bactéries dites à gram positif et négatif) de ceuxayant un spectre étroit (limité aux bactéries à grampositif ou à gram négatif), voire très étroit (commel’acide fusidique, antituberculeux relativement récent).L’action des antibiotiques sur les bactéries peut se si-tuer à plusieurs niveaux : au niveau du noyau, au ni-veau des ribosomes et donc de la synthèse des protéi-nes ou au niveau de la paroi qui entoure ces micro-organismes. Ces différents modes d’action peuvent euxaussi donner lieu à un classement des antibiotiques.Le spectre d’activité des antibiotiques dépend de larésistance naturelle, innée, des souches sauvages ori-ginelles. Ainsi, diverses modifications génétiquespeuvent entraîner des résistances acquises qui ne per-mettent pas toujours de prédire la sensibilité d’ungerme donné vis-à-vis de l’antibiotique.
«Chaque fois
antibiotiques
Une lutte sans fin
De résistance en résistance, les bactéries s’adaptent sans cesse sous la pressionde sélection des nouvelles molécules destinées à les tuer. Comment lutter contrece phénomène qui gagne du terrain chaque jour ?
Par
Laetitia Becq-Giraudon
Photos
Sébastien Laval
D
e toutes les découvertes médicales effectuéesau cours du
XX
e
siècle, celle des antibioti-ques est certainement l’une des plus impor-
France Roblot,professeur,praticien hospitalierdans le service demédecine interneet maladiesinfectieuses ettropicales du CHUde Poitiers.
Actu74 ter.pmd03/10/2006, 17:4120
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