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Perelman, argument ad hominem et ethos rhétorique

Perelman, argument ad hominem et ethos rhétorique

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 Argumentation et Analyse du Discours
n° 2 | 2009:Rhétorique et argumentation
Perelman, argument adhominem et ethos rhétorique
Perelman, ad Hominem Argument, and Rhetorical Ethos
M
ICHAEL
L
EFF
Traduction par Sivan Cohen-Wiesenfeld
 Résumés
La conception de Perelman sur le rôle des personnes dans l’argumentation est l’une desmarques les plus caractéristiques de sa rupture avec les hypothèses cartésiennes sur leraisonnement. Alors que le paradigme rationaliste cherchait à minimiser ou à éliminerles considérations personnelles comme étant dilatoires et non pertinentes dans ce cadre,Perelman insiste sur le fait que l’argumentation met inévitablement l’accent sur lespersonnes spécifiques impliquées dans l’argumentation et que la relation entre lelocuteur et ce qui est dit est toujours pertinente et importante. En adoptant cetteposition, Perelman ressuscite implicitement la conception classique de la preuve par lecaractère (argument par l’ethos ou « ethotique »). Mais, bien que la
 Nouvelle Rhétorique
consacre une large place au bat sur l’acte et la personne dansl’argumentation, elle n’accorde pas beaucoup de réflexion au concept classique etmélange différentes approches à l’intérieur de la tradition. Le résultat est que Perelmantraite le rôle du locuteur dans l’argumentation uniquement en référence à destechniques abstraites et ne prend pas en compte l’importance de l’examen des casparticuliers pour éclairer la compréhension du fonctionnement de l’argument ethotiqueen situation dans le contexte complexe de son utilisation effective. Par conséquent, laprise en compte par Perelman du rôle de la personne dans l’argumentation doit êtrecomplétée par la référence à des études de cas et c’est dans ce but que j’étudiel’argument ethotique dans le célèbre essai de W. E. B. DuBois « Sur M. Booker T. Washington et autres ».
Perelman, ad Hominem Argument, and Rhetorical Ethos
Perelman’s view of the role of persons in argument is one of the most distinctivefeatures of his break with Cartesian assumptions about reasoning. Whereas theRationalist paradigm sought to minimize or eliminate personal considerations by dismissing them as distracting and irrelevant, Perelman insists that argumentationinevitably does and ought to place stress on the specific persons engaged in an argumentand that the relationship between speaker and what is spoken is always relevant andimportant. In taking this position, Perelman implicitly revives the classical conception of 
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proof by character (
ethos
or “ethotic” argument), but despite an extended discussion of act and person in argument,
The New Rhetoric
does not give much consideration to theclassical concept and confuses differing approaches to it within the tradition. The resultis that Perelman treats the role of the speaker in argument only by reference to abstracttechniques and does not recognize the importance of examining particular cases inorder to thicken understanding of how ethotic argument works in the complex, situatedcontext of its actual use. Consequently, Perelman’s account of the role of persons inargument should be supplement by reference to case studies, and to that end, I considerethotic argument in W.E.B. Dubois’ famous essay “Of Mr. Booker T. Washington andOthers.”
 Entrées d'index 
Mots-clés :
ethos, ethotique, argument ad hominem, interaction
Keywords :
ethos, ethotic, ad hominem argument, interaction
Notes de la rédaction
Ce texte est la version française d’un article publié dans
 Argumentation
2009 : 2,«
 Perelman and Beyond. Current Issues in Argumentation Studies
», Amossy, Korenand Yanoshevsky (eds). Traduit de l’anglais par Sivan Cohen-Wiesenfeld.
Texte intégral 
 Au cours du demi-siècle qui a suivi la publication de la
 Nouvelle Rhétorique
de Perelman et Olbrechts-Tyteca, l’attitude manifestée envers la rhétorique,l’argumentation, et le rapport qui se noue entre elles, a connu un changementspectaculaire. Prenons, par exemple, la première phrase de la
 Nouvellerhétorique :
« La publication d’un traité consacré à l’argumentation et sonrattachement à une vieille tradition, celle de la rhétorique et de la dialectiquegrecques, constituent une rupture avec une conception de la raison et duraisonnement, issue de Descartes, qui a marqué de son sceau la philosophieoccidentale des trois derniers siècles » (1992 : 1). La force de cette affirmationsans ambiguïté n’échappe aujourd’hui à personne, mais il est nécessaire, pourcomprendre à quel point elle était radicale lors de la parution de l’ouvrage, dese replacer dans son contexte historique. La révolution contre Descartes et sescompagnons des Lumières avait alors à peine commencé. De nos jours, bienque la rhétorique n’ait pas encore perdu toutes ses connotations péjoratives,des chercheurs réputés l’invoquent régulièrement sans causer pour autant descandale. Ce n’était pas le cas il y a cinquante ans, et la pensée qu’unphilosophe respectable puisse répudier l’héritage cartésien et sympathiser avecdes rhétoriciens (fût-ce des rhétoriciens grecs) paraissait alors non moinsscandaleuse que l’idée de Mamie Eisenhower, l’épouse exemplaire du présidentdes Etats-Unis, maculant ses gants blancs, divorçant de son mari et rejoignantun gang de hors-la-loi à moto.
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Si la
 Nouvelle rhétorique
a été le précurseur d’une grande partie desdéveloppements majeurs qui ont vu le jour, depuis sa publication, dans lesdomaines de la rhétorique et de la logique informelle, c’est précisément parcequ’elle a constitué une cassure si brutale et si systématique avec la conceptionrationnelle des Lumières. L’un des aspects les plus importants de cechangement, que je souhaite développer ici, concerne le rôle de la personnedans l’argumentation. Les différences essentielles qui se font jour sur ce pointsont symptomatiques d’approches fondamentalement différentes de
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l’argumentation.Le paradigme rationaliste a tenté de minimiser les considérationspersonnelles dans l’argumentation, voire de les éliminer totalement. Dansl’optique du traitement dit « standard » des paralogismes, les arguments sontsupposés se rapporter uniquement au contenu des assertions et aux relationslogiques entre elles. Toute référence ou appel à un élément étranger à cesconsidérations détourne de la délibération objective et gêne la clarté duraisonnement. Parmi ces déviations, les principales sont constituées par lesfacteurs liés aux personnes engagées dans le débat, que ce soit à leur caractère,à leur comportement ou à leurs prises de positions passées. L’intrusion de tellesconsidérations personnelles est considérée comme non pertinente et à l’origined’une forme de raisonnement invalide désigné comme le paralogisme del’argument
ad hominem
1
.
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Perelman adopte une perspective entièrement différente. Sa théorie del’argumentation s’attache à rechercher comment « provoquer ou accroîtrel’adhésion des esprits aux thèses qu’on présente à leur assentiment » (1992 : 5),processus qui ne peut se dérouler dans un espace dépersonnalisé et qui requiertla participation des individus qui avancent des arguments ou y répondent.Perelman renverse donc la doctrine rationaliste. A l’inverse des théories quirefusent fermement de reconnaître l’importance de l’auditoire, la conception del’argumentation de Perelman est « toute entière relative à l’auditoire qu’ellecherche à influencer » (24). La
 Nouvelle rhétorique
insiste de façon répétée etcatégorique sur ce point : « C’est à cause des rapports qu’elle possède avecl’action, parce que l’argumentation ne se déroule pas dans le vide, mais dansune situation socialement et psychologiquement déterminée, qu’elle engagepratiquement ceux qui y participent » (78), et donc l’objectivité oblige à uneréinterprétation afin de reconnaître l’impossibilité de séparer « une affirmationde la personne de celui qui la pose » (78). Dans un passage que j’étudierai plusloin en détail, Perelman affirme que « cette interaction entre orateur etdiscours serait même la caractéristique de l’argumentation, par opposition à ladémonstration » (426).
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La pensée de Perelman sur ce sujet le situe très en avance sur son temps, etau fil des décennies, le rôle des personnes dans l’argumentation est devenul’objet d’une attention accrue dans plusieurs disciplines, ainsi que dans uncadre interdisciplinaire. Cependant, l’étude la plus approfondie sur ce sujet aété menée par des spécialistes de logique informelle et de dialectique, courantsqui s’attachent à repenser la conception de l’argument
ad hominem.
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 Alors que Perelman se contente de rejeter implicitement le traitementstandard de l’argument
ad hominem
, les dialecticiens sont beaucoup plus netset explicites, voire même abrupts, dans leur critique. Reprenant à leur comptel’impitoyable verdict de C. L. Hamblin qui le qualifie de « dégradé, dépassé etdogmatique »
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, ils expriment leur indignation chaque fois qu’ils en retrouventla trace dans les pages d’un manuel de logique et le posent comme une effigieantagoniste face à laquelle ils définissent leurs efforts pour réformer et élargirle domaine de l’argumentation. Ces reproches découlent d’un refus global de latradition logico-formelle et reflètent l’idée selon laquelle les arguments« pendent à juste titre d’éléments allant au-delà de leur contenupropositionnel » (Gouvier 1999 : 20). A cet égard, les dialecticiens s’accordententre eux, ainsi qu’avec Perelman, pour penser que la théorie del’argumentation doit prendre en compte les personnes.
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