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Psychotherapie en ligne - histoire questions éthiques et processus [Psychothérapies]

Psychotherapie en ligne - histoire questions éthiques et processus [Psychothérapies]

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PSYCHOTHERAPIES EN LIGNE – HISTOIRE, QUESTIONS ETHIQUES, PROCESSUS.Résumé
Construit au sortir de la guerre froide, le réseau Intérêt est un moyen extraordinaire de facilité pour mettre en commun des ressources et des hommes. La psychologie et la psychothérapieapparaissent d’abord sur le réseau comme objets de discussion avant de se transformer en une pratique avec ses spécificités et ses indications. L’article en retrace l’évolution, des prémissesdes prémisses à la formalisation de recommandations par l'International Society for MentalHealth Online. Il donne en conclusion quelques perspectives de recherches psychanalytiques.
De tous les réseaux, Internet est celui qui s’est développé le plus rapidement. Son extension, soninfiltration dans nos vies professionnelles et personnelles est telle qu’il devient incontournable pour laplupart d’entre nous. Ses évolutions sont rapides et surprenantes. Il est, si on le compare aux autresréseaux qui l’on annoncé – le télégraphe, le téléphone, le train, la CB – unique car il produit à la foisune vie sociale riche et parfois tumultueuse, mais également les outils qui permettent ou facilitent cette vie sociale. Ses précurseurs sont construits, au creux de la guerre froide, non pas pour, comme on lerépète souvent, faire face à une attaque nucléaire, mais simplement parce que les hommes quiinventent les premiers protocoles de communication machine – machine les utilisent rapidement pour bavarder. A la communication entre les machines s’ajoute ainsi la sociabiliinter-humaine, lapremière pré-formant la seconde, en lui donnant un lieu et des processus. Pour donner un aperçu de larapidité de ce développement, la première connexion entre ordinateurs est faite en 1973 et deuxannées plus tard, Raphaël FINKEL met en ligne la première version de son
 Jargon File
qui définit lestermes techniques qui sont utilisés sur le réseau, mais aussi les règles d’usage et de mésusages qui s’y sont construites.Construit au sortir de la guerre froide, avec plusieurs point d’entrée : les Bulletin Boards Systems(1978), USENET (1979), les MUDs (1979), les plates-formes collaboratives comme PLATO (1973) ,BITNET (1981), les robots de mailing-list comme LISTSERV (1986) ou MAJORDOMO (1997), lemouvement de l’Open Source (1997), le WEB (1989), le réseau Internet permet à des hommesd’échanger des informations pour jouer, apprendre, aimer, ou agresser. C’est un moyen extraordinairede facilité pour mettre en commun des ressources et des hommes.
LES PREMISSES
La psychologie et la psychothérapie s’implantent sur l’Internet d’abord comme objet d’échange avantd’être une pratique. Des groupes se forment où l’on discute des différents aspects de la psychologie.Les textes et les auteurs y sont commentés, avec plus ou moins de bonheur ou d’expertise. A coté deces discussions qui se veulent académiques, il existe des groupes ou sont traitées des questions pluspersonnelles. Les personnes confrontées à des difficultés, pour elles même ou pour leurs proches, seretrouvent dans des groupes ah-hoc ou elles partagent les problèmes qu’elles rencontrent et lessolutions qu’elles ont trouvés. Dans un premier temps, ce sont donc les personnes présentant desdifficultés psychologiques ou leurs proches qui utiliseront le réseau comme moyen de communication,d’information et d’aide. Les professionnels arriveront dans un second temps, pour découvrir un mondedéjà bien organisé, le plus souvent sous la forme de communautés. L’Internet a d’abord été perçucomme un champ de recherche puis comme un champ d’intervention possible : les
etherapies
commeon les appellera (GROHOL, 1998), étaient nées Ainsi, à toute heure du jour ou de la nuit, à tout point de la terre – pour peu qu’il y ait une prise detéléphone – il est devenu possible à une personne de présenter une situation lui faisant problème dansun anonymat relatif et d’obtenir une réponse. Avec un peu d’habitude, beaucoup apprennent qu’ilsn’obtiendront pas « la » solution, mais que le fait de passer par un travail d’écriture pour exposer leursituation , d’être dans un groupe de personnes partageant les même difficultés ou les comprenant,d’être reconnu dans leurs difficultés est déjà une aide appréciable. La qualité de l’aide apporté dépend
Psychothérapies n° 3/2008
 
alors beaucoup de la capacidu groupe à s’organiser pour traiter les réactions jugées commeinopportunes. Dans certains groupes, certains écrivent des
C
onseils d’
U
tilisation, à l’intention desnouveaux venus, les informant de ce qu’il peuvent attendre du groupe et ce que le groupe attend d’eux.D’autres s’organisent sur le modèle de
Twelve Steps Groups
et construisent des
C
hartes d’
U
tilisationen se donnant des dispositifs permettant de réguler le groupe.Les premiers pas vers une professionnalisation des interventions en ligne se font en 1985. L’’Universitéde Cornell met en place un service qui aura immédiatement beaucoup de succès. Les étudiants peuventécrire à « Oncle Ezra »
1
,et, si la question est susceptible d’intéresser le plus grand nombre, uneréponse en ligne est publiée. Des questions sexuelles aux cloches de l’université en passant par le parcinformatique, le vénérable Oncle Ezra, fondateur de l’institution, retrouvant la parole par la magie del’Internet, répond chaque jour patiemment et gratuitement, et jusqu’à aujourd’hui, à une ou deuxquestions qui lui sont posées par mail.
Les précurseurs
Il faudra une dizaine d’années de plus pour que des psychologues et des professionnels de la santémentale investissent l’Internet. Le britannique Simon EHLERT est l’un d’eux. Professeur de littératureà l’Université de Maryland, il se forme au à la psychothérapie dynamique a la
 Dyad School 
de Londresen 1993 puis à la psychothérapie psychanalytique à l’Université d’Essex en 1995. Cette même année, ilcommence à proposer ce qu’il appelle «
email counselling
» au prix de 5 livres la session.David SOMMERS ouvre sa « cyber-clinique de santé mentale » en 1995. Il est très préoccupé de ladégradation du système de santé qui écarte un nombre toujours plus grand de personnes des soins quileur sont pourtant nécessaires. Son site, www.dcez.com/~davids/, traite de ces aspects et proposedifférentes aides dont certaines sont payantes. Les pages vont de l’humour selon le principe que « lerire aide, soigne, et favorise la santé », à de courtes analyses sur la psychiatrie, le système de santé oules approches thérapeutiques non-traditionnelles ou encore des exercices « pour favoriser l’équilibre etle bien-être ». Dans ce cadre, il propose « d’offrir des services psychothérapeutiques non traditionnels via Internet » La thérapie en ligne qu’il propose se fait par mail et au prix de 100 dollars par moispayable en avance. Ce prix comprend « des échanges quotidiens ou quasi-quotidiens par mail". Si lesappellations varient au fil des pages comment appeler ce type de travail ? « consultationthérapeutique interactive », « dialogue aidant au long terme » ? – il donne ce qui lui semble être de bonnes indications. Grâce à Internet, la difficulté d’accès à un thérapeute, pour des raisonséconomiques, psychologiques ou géographiques trouve une solution. Les échanges par mailpermettraient également aux indécis de se faire une idée un peu plus précise du travail possible avecun psychothérapeute.L’ambivalence n’est pas exempte de ce premier pas. La possibilité d’un travail en ligne n’est pas si tôtposée que déjà David SOMMERS s’empresse d’en donner les limites et les différences d’avec lesapproches traditionnelles en face à face. Quatre points sont donnés :
1.
Le prix, payable au mois et enavance.
2.
L’absence de garantie quant à la confidentialité.
3.
La difficulté pour lui de répondre àl’obligation de signalement qui lui est faite dans le cas d’abus ou de violence.
4.
L’impossibilité danslaquelle il se trouve d’être au même niveau de responsabilité que dans une relation thérapeutique enface-à-face.C’est une patiente qui fera le plus gros travail d’organisation du travail que peuvent faire lespsychothérapeutes en ligne. Après les premiers pas de Simon EHLERT et David SOMMERS, Maria AINSWORTH tient patiemment le registre des psychothérapeutes, de plus en plus nombreux, quiproposent leurs services sur Internet. Sur metanoia.org, mis en ligne en août 1996, elle fait le comptedes sites en lien avec la santé mentale, et tient le registre des nouveaux venus. Elle s’étonne ets’inquiète de la disparité avec laquelle les psychothérapeutes se présentent, et du manque d’élémentsdont disposent les patients pour vérifier le sérieux de ce qui leur est proposé. Qu’est ce qui est proposéau patient ? A quel prix ? Avec quels risques ? Quelles sont les alternatives ? Le site est régulièrementmis à jour, et suivra l’évolution des positions sur les psychothérapies en ligne, de l’enthousiasme despionniers aux premiers doutes, jusqu'à l’utilisation raisonnée des ressources du réseau.
1
Dear Uncle Ezra - Cornell University. http://ezra.cornell.edu/ (accédé Février 14, 2007)
Psychothérapies n° 3/2008
 
Maria AINSWORTH a une très grande expérience du réseau. Ses premiers pas en ligne datent de 1982,et la conduisent à
The Source
, un MUD 
2
 très en vogue à cette époque. Elle découvre que l’on peut sefaire des amis et que l’on peut partager des joies et des peines en ligne. Dès 1983, elle participe à desdouzaines de groupes d’aide et anime quelques uns d’entre eux. Elle investit plus particulièrementcelui dédié à la dépression dans lequel chaque participant trouve un lieu ou donner et recevoir uneaide. Elle y découvre que les personnes s’y racontent plus facilement qu’en face, que les liens qui s’y forment sont profonds et durables, et que pour quelques uns, le groupe fait peu à peu tomber lespréjugés qui les séparent d’une psychothérapie. Elle s’inquiète de ce que ce certains semblent resterhors de portée des psychothérapeutes, et l’expérience douloureuse du suicide d’un membre du groupela confirme dans l’idée qu’il est important que des professionnels puissent être présents et accessiblesen ligne. En 1995, elle cherche pour elle une aide sur le net
« De vieilles blessures ont frayé vers lasurface : un divorce douloureux, la sensation que je ne pouvais jamais être proche de quelqu’un. Alors que je traversais ces couloirs hantés, je commençais à être submergée par la peine, la perte et le désespoir. Il y a une seule chose de pire que la solitude : être seule face à elle »
. Loin de chez elle,elle cherche un thérapeute « ici,
ou que ce « ici » puisse être d’un jour à l’autre
». Le cyberspace offrecette permanence. Elle y cherche et y trouve un psychothérapeute. Elle fera le récit de ce parcours et dutravail effectué dans «
 My life as a e-patient 
» qui sera longtemps disponible en ligne, avant d’êtrepublié dans le livre de Robert C. HSIUNG 
3
,connu sur le réseau sous le nom de Docteur Bob. Elle y décrit finement des aspects de sa dépression, la difficultés que posent la recherche d’un thérapeute, lepremier contact, l’attente anxieuse des mails de celui-ci et une partie du travail qui est fait autour deséchanges. Le thérapeute donne les règles du travail thérapeutique en ligne, en précise les raisons, posequelques questions préliminaires et donne immédiatement comme horizon à la thérapie un contact enface-à-face ou au moins par téléphone. « Vous ai-je déjà effrayé ? » C’est par ces mots que Maria AINSWORTH commence sa psychothérapie, ou, pour reprendre les mots du thérapeute, « un dialogueaidant au long cours » et le récit s’achève deux années plus tard sur une métaphore de la destructivitéde la patiente : «
 Mes sentiments sont toxiques. C’est comme un lac qui continue de se remplir,menaçant de déborder. Il n’y a pas de possibilité de drainage. Les pensées et les sentiments toxiquessont piégés et n’ont pas d’échappatoire, parce que personne ne veut vraiment m’entendre en parler. A part vous
. » Maria AINSWORTH a ensuite commencé une thérapie en face à face avec un autrepsychothérapeute.Fred CUTTER donne dans
Virtual Psychotherapy ? 
un panorama de la présence de la psychologie etdes professionnels de la santé mentale sur l’Internet 
4
. En 1996, on trouve relativement facilement destextes présentant différentes techniques psychothérapeutiques, des annuaires de psychothérapeutesdont certains répondent aux questions des internautes contre un paiement de 20 dollars, des sites
 Pink Practice
qui proposent des « thérapies médiatisées par le mail » ou encore des articles depsychologie appliquée à l’Internet. Fred CUTTER s’appuie principalement sur SULER, HOLLAND etKING : la pratique de la psychothérapie en ligne permet aux plus hésitants de consulter, réduit lesproblèmes liés à la distance et constitue un premier pas possible vers une thérapie en face à face. Laconservation des échanges permet au thérapeute comme au patient de revenir sur les échangesanciens. Avec HOLLAND, l’accent est à nouveau mis sur la régression que l’usage de l’Internetsusciterait : la rapidité avec laquelle les mouvements agressifs se donnent à voir, ou au contraire desaccès subits de générosité seraient à mettre au compte de la diminution de l’inhibition. Celle-ci seraitfacilitée par l’absence de face à face et l’empreinte laissée par la télévision.Fred CUTTER prend note des possibilités d’une utilisation thérapeutique de l’Internet. Les gainsthérapeutiques donnés par le réseau sont de plusieurs ordres : il peut s’agit d’une aide donnée par unpsychothérapeute via un des dispositifs en ligne ou encore du partage des motifs de souffrance avec
2
MUD. Pépite du Forgeur Anonyme qui mêle à l’imaginaire des créations premières (
 MUD
comme boue) l’acronyme
M
ulti
U
ser
D
ungeon. Il s’agit de mondes en ligne dans lequel les actions etlenvironnement sont décrits via une interface textuelle. Voir la page wikipedia :http://fr.wikipedia.org/wiki/MUD
3
Hsiung, Robert C. 2002.
 E-Therapy: Case Studies, Guiding Principles, and the Clinical  Potential of the Internet 
. W. W. Norton & Company.
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Virtual Psychotherapy ? CUTTER Fred Mental Health Net - PNI: Volume 1, Issue 3
Psychothérapies n° 3/2008

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