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Chiapello - Normas Internacionales y Capitalismo

Chiapello - Normas Internacionales y Capitalismo

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critica al modelo internacional
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01/15/2013

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Les normes comptables comme institutiondu capitalisme. Une analyse du passageaux normes IFRS en Europe à partir de 2005Accounting standards as an institution of capitalism.An analysis of the transitionto IFRS in Europe from 2005
E`. Chiapello
Groupe HEC, 78350 Jouy-en-Josas, France
Résumé
Tournant le dos à ses efforts antérieurs d’harmonisation des comptabilités européennes, l’Unioneuropéenne décidait en 2002 de recourir à la sous-traitance et d’imposer aux sociétés cotées euro-péennesl’adoptiond’unréférentielcomptableproduitparunorganismededroitprivé,l’IASB(Inter-nationalAccounting Standards Board), basé à Londres et dénué jusque-là de tout mandat public. Ladécision est d’autant plus marquante que l’UE ne dispose d’aucun moyen de contrôle institutionnelsur l’IASB alors même qu’elle constitue le premier ensemble géographique à avoir décidé d’imposerà ses entreprises ce jeu de normes. Ce dernier est en outre ancré dans la tradition anglo-saxonne denormalisation pour les marchés financiers et promeut une représentation de la firme qui s’éloigne destraditions comptables du capitalisme continental. Cet article montre en quoi les nouvelles normestransforment la conception de l’entreprise et explicite le faisceau de facteurs qui a abouti à cettetransformation institutionnelle majeure pour le capitalisme européen. — Numéro spécial :
Les nou-veaux formats de l’institution
.© 2005 Elsevier SAS. Tous droits réservés.
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Cet article a bénéficié des commentaires avisés de Christine Guerlain, Karim Medjad et des coordinateurs dunuméro spécial.
 Adresse e-mail :
chiapello@hec.fr (E`. Chiapello).Sociologie du travail 47 (2005) 362–382
http://france.elsevier.com/direct/SOCTRA/ 
0038-0296/$ - see front matter © 2005 Elsevier SAS. Tous droits réservés.doi:10.1016/j.soctra.2005.06.002
 
Abstract
In2002,theEuropeanUnionchangeddirectionfromitspasteffortstoharmoniseEuropeanaccoun-ting systems and turned instead to a subcontractor, requiring listed European companies to adoptaccounting standards drawn up by a private London-based organisation, the IASB (InternationalAccounting Standards Board), which had until then had no public mandate.This decision was all themore significant because the EU has no institutional means of control over the IASB, although it wasthefirstgeographicalgrouptodecidetoimposethesestandardsonitsbusinesses.IASBstandardsarerooted in the “anglo-saxon” tradition of standardisation for the financial markets, and the view of theenterprise they promote diverges from the accounting traditions of continental European capitalism.This article shows how the new standards are transforming the concept of enterprise, and examinesthe span of factors that brought about what is a major institutional change for European capitalism.— Special issue:
New patterns of institutions
.© 2005 Elsevier SAS. Tous droits réservés.
 Mots clés :
Capitalisme ; Comptabilité ; Normalisation ; Institution ; UE
Keywords:
Capitalism; Accounting; Standardisation; Institution; EU
Lacomptabilistructureenprofondeurlespratiqueséconomiques.Originellementoutild’enregistrement des dettes et des créances ainsi que des entrées et sorties d’argent, sonrôle s’est étoffé au fur et à mesure que les institutions du capitalisme se complexifiaient(Carruthers et Espeland, 1991). La comptabilité, parce qu’elle mesure les marges dégagées (et parmi celles-ci le profit)est au cœur des rapports économiques entre l’entreprise et ses multiples parties prenantes.De nombreux droits économiques étant fondés sur elle (distribution de dividendes, niveaudes intérêts de la dette, compléments de rémunération, impôts,...), elle devient la proie detouteslesvolontésdemanipulation:l’entrepreneurquiveutpayermoinsd’impôtsoumon-trer au contraire une forte rentabilité pour lever des fonds, l’actionnaire qui désire de plusgros dividendes, les salariés qui veulent toucher leurs primes de résultat,... Et la manipula-tion est d’autant plus tentante que la comptabilité est par définition conventionnelle(Amblard,2004).Encasd’incertitudesurlagleàappliquer,pourquoinepaschoisircelle qui produit les calculs les plus favorables, sans même parler d’éventuelles fausses déclara-tions qui restent toujours possibles en l’absence de contrôle ? Jamais autant de droits n’ontété fondés sur des bases aussi peu fiables, mais un monde capitaliste tendu vers la généra-tion des profits ne peut guère s’en choisir d’autres.Pour combattre cette flexibilité congénitale, les pratiques comptables ont peu à peu étéencadrées d’une part par des normes de tenue de comptes et de publication des informa-tions, d’autre part par l’organisation de vérifications et de certifications des comptabilitéspar des tiers agrémentés (commissaires aux comptes). La normalisation comptable qui a àpeine un peu plus d’un demi-siècle en France (le premier plan comptable date de 1942) abien fini par se faire quoique avec un retard considérable sur le développement du capita-lisme lui-même et le plus souvent sous les coups de boutoirs des scandales financiers, desfaillitesfrauduleusesetautresévénementsquirendaientsubitementurgentelaréductiondel’incertitude comptable (Blic, 2004). Les derniers scandales, dont la faillite du géant amé-
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`. Chiapello / Sociologie du travail 47 (2005) 362–382
 
ricain Enron est le symbole, ne font pas exception à la règle, la loi Sarbanes-Oxley auxÉtats-Unis (juillet 2002), la loi de sécurité financière en France (août 2003) ayant renforcéles contrôles et impulsé une nouvelle vague de transformation des règles comptables pouraider à « restaurer la confiance », selon l’expression consacrée. Notons pour finir que cettenormalisation est elle-même toujours en retard sur les pratiques des entreprises qui sontl’objet d’une constante inventivité. La comptabilité est l’un de ces multiples espaces ducapitalisme où la « catégorisation » poussée par la critique du capitalisme est toujours enretard sur la multitude des « déplacements » opérés par les acteurs dans le but d’accroître,de sauvegarder ou de restaurer leurs revenus (Boltanski et Chiapello, 1999). La normalisation favorise en théorie les échanges sereins entre parties prenantes quisavent à quoi s’en tenir sur les conventions appliquées. Pour autant, celles-ci ne sont pasneutres quant aux représentations qui sont données de l’entreprise. Les pays capitalistesappliquent ainsi des jeux de normes (dits aussi « référentiels ») différents qui ne donnentpasàvoirlesmeschoses,diversiquihandicapelemouvementdesaffairesàl’heuredela mondialisation financière. De fortes pressions proviennent donc depuis quelques tempsdes acteurs globaux pour unifier les différents référentiels et adopter « un langage compta-ble commun » à l’échelle de la planète, qui permettrait aux investisseurs de décoder faci-lement les états financiers partout où ils vont et aux multinationales de ne produire qu’unseul jeu de comptes. La scène de la normalisation, qui est intrinsèquement un espace delutte entre les différentes parties prenantes dont les besoins d’information et les intérêtsdivergent, est ainsi aussi devenue depuis une vingtaine d’années un espace de concurrenceentre modèles comptables de pays différents, associés à des modèles de capitalisme diffé-rents.Parunrèglementdejuillet2002
1
,l’Unioneuropéenne(UE)décidaitquetouteslessocié-téscotéeseuropéennesdevraientadopterpourleurscomptesconsolidés
2
àpartirdel’année2005 un référentiel comptable (appelé « IFRS » ou « IAS
3
» ou référentiel « internatio-nal ») produit par un organisme de droit privé, l’IASB (« International Accounting Stan-dardsBoard»)baséàLondres,dénjusque-làdetoutmandatpublic.Cettedécisionconsa-craitunetransformationmajeuredanslamanièredererlaquestioncomptableàl’UE.Eneffet, après avoir essayé d’harmoniser par elle-même les référentiels nationaux dans lecadre de l’application de la 7
e
directive (83/349/CEE) de 1983 sur les comptes consolidés(Colasse, 2000b;Simon et Stolowy, 1999;Haller, 2002)
4
, l’UE décidait de recourir à la
1
Règlement (CE) n° 1606/2002 du Parlement européen et du Conseil, du 19 juillet 2002 sur l’application desnormes comptables internationales.
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Une entreprise produit des « comptes sociaux » pour chacune des entités juridiques qui la compose et des« comptes consolidés » pour l’entité globale, constituée de la maison mère et de ses sociétés filiales.
3
IAS, qui signifie « International Accounting Standards » (normes comptables internationales), est le nomutilisé pour les normes émises avant la réforme de 2001 ; IFRS est le nom utilisé depuis pour les nouvellesnormes. Ce sigle, qui signifie « International Financial Reporting Standards » (normes internationales de repor-ting financier), souligne que ce qui est normalisé est l’information publiée et non la tenue des comptes.
4
L’effortd’harmonisationportaitaussisurlescomptessociaux(4
e
directive,1978)etlecontrôlelégal(8
e
direc-tive, 1984). Des directives particulières traitent du cas des banques et établissements financiers (1986) et desentreprises d’assurance (1991).364
`. Chiapello / Sociologie du travail 47 (2005) 362–382

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