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Qu'appelle t-on contemplation ?

Qu'appelle t-on contemplation ?

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09/25/2010

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Qu‘appelle t-on contemplation ?
Dissertation l‘élève Nicolas Borzeixdu lundi 23 octobre 1989, HK1
Note : 12+/20 (la meilleure note, si, si...)Remarque de notre génial et regretté professeur Wilfert :„Une fort sérieuse analyse, attention de ne pas vous laisser entraîner par trop delyrisme, le détail est très peu soigné. Vous négligez trop Aristote. Prometteur.“
Sujet : Qu‘appelle t-on contemplation ?
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La contemplation ou activité dite théorétique est aujourd‘hui, de fait, bannie de notre vie quotidienne. Mais la theoria semble bien s‘opposer pardéfinition à cette vie que nous menons chaque jour un peu plus au service et envue de l‘action. Car celle-ci semble être devenue une fin en soi.
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Se demander ce que l‘on appelle la contemplation revient plutôt, nous leverrons,à appeler la contemplation elle-même : parce que le Verbe estl‘instrument par excellence de cette action, et que l‘action et la contemplation sesont toujours livrés à une guerre qui pour le commun des mortels reste uneaporie stérile et souvent tragique.
 
Mais plus loin encore que ce débat qui oppose l‘homme du siècle à l‘hommeméditatif qui s‘en exclut, se pose la question de l‘Etre et de sa réalité parminous.Nous nous poserons dans un premier temps la question de la capacité dulangage à rendre compte de cette expérience qu‘est la contemplation, et nousverrons que s‘il échoue à nous en restituer l‘essence, c‘est dans sa nature mêmequ‘il bien en chercher la raison.Se demander ce que l‘on appelle contemplation révèle dores et déjà unecontradiction interne. Parce que le langage est essentiellement tributaire dudésir et qu‘il s‘affirme avant tout pour nommer ce qui n‘est pas (c‘est à direqu‘en fait le langage nomme l‘absence), il s‘avère l‘instrument pratique del‘insatisfaction humaine qui rêve de cette Stase originelle, unie et brisée. Aussi,comment cette négativité de l‘ek-sistence, pour reprendre ici Heidegger,pourrait-elle coincider avec la positivité fondamentale de l‘objet de lacontemplation ?
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Le langage nomme l‘absence ou du moins sucite l‘objet qu‘il convoîte.Or, selon Platon, le monde intelligible serait un double épuré et spirituel denotre monde sensible. Le discours qui tenterait alors de décrire la viethéorétique se heurterait ainsi à une double absence : celle de l‘objet, amsi aussicelle de cette autre monde à la fois présent et absent autour de nous, en tous lescas resté invisible à nos yeux.
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Car c‘est bien de visible et d‘invisible qu‘il s‘agit. Si la correspondancereste rigoureuse d‘un monde à l‘autre, s‘il est admis que la theoria exprime uneréalité, „toutes les images qui nous servent pour désigner l‘exercice de notrevue sensible, nous peuvent servir encore pour dépeindre les effets de la vueintelligible“ (M.Festugière). Aussi, le discours, parce qu‘il s‘inscrit dans lanégativité foncière du désir, ne peut dire que la contemplation n‘est pas. Maiscette appréhension de la contemplation ne saurait être positive, car je viseraisalors le monde comme un mot pour en supprimer la présence sensible.
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Cependant, le prmier moment de la démarche platonicienne posed‘emblée l‘équation science - vérité - fixité. Et par définition, le logos n‘est-il pasle fondement de toute science, signe de son immuabilité ? Car comme le dit si bien M.Festugière, „la réalité de l‘objet de science est suspendue à la réalité dece premier objet qu‘on a vu.“
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La contemplation qui permet son objectivisation par le langage est-elledonc suprême ?Car la vraie perception des Idées n‘est ni l‘oeuvre de l‘imagination, cette fée deslogis, ni l‘oeuvre du langage, mais de la pensée pure, de la noesis. Et leurimmuabilité, garantissant leur fondement scientifique, permet justement leursaisie par cette pensée pure, mais non par les mots.
 
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Alors la science ne serait qu‘une construction de la pensée elle-même;encore faudrait-il s‘entendre sur la réalité que l‘on attribue à l‘être, au-delà del‘ousia.
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Nous avons ainsi montré que se demander ce que l‘on appellecontemplation revient à vainement appeller la contemplation elle-même, sansparvenir pour autant à la connaître. Connaissance des connaissances, elleéchappe donc au langage. En outre, ce qui donne sens ne peut être énoncé :Socrate ne disait-il pas que l‘on commence à penser quand on ne sait plus cequ‘on dit ? En dernière instance, et sauf dans le cas du passage à la limitepoétique, le langage ne peut-être de nature ontologique. De plus, la personneméconnaît le caractère intelligible qui ne peut se réduire à l‘expérience; ils‘avère donc que la seule chose dont le sujet ne peut parler, c‘est de lui-même :le mot semble orienter la présence en un appel qui supprime l‘hypnose de laprésence sensible pour ouvrir la brêche la signification.
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Au commencement était le Verbe, nous dit la Génèse. Mais le Verbe neprocède t-il pas de l‘Esprit, étant une de ses manifestations ? Aucommencement était donc l‘Esprit, l‘Etre sur lequel le discours ne peut parlersans se contredire ou se répéter : la contemplation est cette saisie de l‘Etre au-delà des lois scientifiques et des idées distinctes, elle est compréhension de l‘Un,de l‘unité des lois physiques (moins immuable qu‘on ne le pense cependant), etpour certains, de Dieu.
Or Dieu est rencontré quand je rencontre mon être : j‘intuitione alors l‘inconditionné.
On comprends dès lors sans doute mieuxl‘inessentialité du logos : grâce au mot, je triomphe de ce que je vois, au sein desa négativité. Or que penserait notre pensée s‘il elle ne pensait pas l‘Etre, nousdemande Parménide ? Aussi, la seconde trilogie de la dialectique platonicienneest-elle l‘équation : immuable - intelligence - être. Car dès que notre pensée posel‘immuable, elle pose l‘être. L‘appel de la contemplation est donc l‘appeltragique de l‘être. Or, devant l‘incapacité du langage à nous restituer les clefs decette contemplation de l‘être en soi, comment puis-je contempler un tel être ?
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La theoria dit donc plus que le simple langage qui désire la connaître.La question de la véracité de l‘existence de l‘être en soi trouvera donc saréponse si cet état contemplatif correspond à une réalité perceptible pour nous.Cette connaissance du suprême intelligible ne pourraît-elle pas dépasser lesdegrès de l‘arbitraire du langage et se débarasser finalement de toute médiationimpure ? Les mots étant autant d‘ostacles entre l‘être et moi, serai-je capable deles lever ?
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Platon, du Banquet à la République, considère que pour être ici-bascontemplées, les Idées ont du l‘être auparavant, au cours d‘une existencepréempirique. Ainsila philosophie est-elle une tentative d‘anamnesis, de se re-souvenir de cet état de la Stase originelle. Voilà le fondement de l‘Etre.

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